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MANNES

en larmes. Celle des mois de seplembre et octobre, se desséchant moins vite, coule le long du tronc et se salit : elle contient des parlies molles, noirâtres (? narrons), agglutinées avec les larmes. C’est la manne en sortes.

On distingue dans la manne en sortes : 1° celle de Calabre ou Capacy ; 2° celle de Sicile ou Géracy. La première présente des larmes plus nombreuses, plus blanches et plus belles que la seconde; mais elle ne se conserve guère qu’un an, tandis que la seconde dure jusqu’à deux.

Au bout d’un certain temps, la manne jaunit, fermente et se convertit en manne grasse.

La manne, contient de l’eau, du sucre, de la résine, une substance mucilagineuse, des matières azotées, de la mannite (Leuchtesweise).

La mannite cristallise en prismes quadrangulaires ou rhomboïdaux, blancs. Elle se dissout facilement dans l’eau, et en petite quantité dans l’alcool froid. L’alcool chaud en dissout beaucoup. La mannite se distingue du sucre en ce qu’elle ne fermente pas.

3° Propriétés et usages. — La manne présente une odeur sui generis. Elle offre une saveur douceâtre, sucrée et plus ou moins agréable, toutefois un peu nauséabonde.

C’est un purgatif doux. La manne grasse agit plus efficacement que la manne en sortes, et celle-ci plus que la manne en larmes. Quanta la mannite, elle purge très-faiblement.

On administre la manne dans de l’eau, du lait ou du café. On l’associe souvent à d’autres purgatifs. Prise en petite quantité, elle est adoucissante. On en prépare des tablettes contre la toux et contre les rhumes. Elle fait partie de la marmelade de Tronchin et de celle de Zanetti.

4° Autres mannes. — Suivant Desfontaines, 1 a Frêne commun (1) donne aussi une manne qui ressemble à celle des deux espèces dont il vient d’étre question.

On connaissait autrefois trois sortes de mannes qui sont tout à fait oubliées (Cuibourt). C’étaient : 1° La manne de Briançon , qui venait des environs de celte ville. Elle exsudait spontanément du Mélèze (2) ; elle était en petits grains arrondis et jaunâtres. 2° La manne Alhagi, qui arrivait de la Perse et de l’Asie Mineure; on la retirait d’une espèce de Sainfoin (3). Elle était aussi en

(1) Fraxinus excelsior Linn.

(î) Larix Europæa Hort. Par. [Pinus Larix Linn., A Lies larix Lam.).

(3) Bedysarum Alhagi Linn. (Alhagi mannirera Desv., Marina Bebraica Don), vulgairement Alhagi.

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petits grains. 3° La manne liquide (1), qui venait du môme pays, et paraissait produite, soit par le môme Sainfoin, soit par d’autres végétaux. C’était une matière semblable à du miel.

Les efflorescences qui recouvrent plusieurs Algues marines, quelque temps après leur dessiccation, surtout les Laminaires sucrée (2) et digitée { 3), fournissent des quantités plus ou moins considérables d’une mannite particulière ( physcite ), qui se présente sous forme de petites houppes cristallisées, blanches, nacrées, rappelant un peu l’éclat soyeux del’asbeste (Phipson, L. Soubeiran).

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