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HUILE DE CROTON

la loupe ; les inférieures cordiformes ; à la naissance du pétiole, se trouvent deux glandes cupuliformes. Inflorescence, àl’extrémité des rameaux ou dans leurs bifurcations, en grappe étroite, pauciflore. Fleurs au nombre de 8 â FO, blanchâtres ou jaunâtres, unisexuées. Mâles (-2 ou 3) à la partie supérieure de la grappe, offrant

Fig. 108. — Croton cathartique.

un calice à 5 sépales, une corolle à 3 pétales alternant avec 5 glandes, et 8 à 10 étamines recourbées, composées d’un filet médiocrement long, un peu épais, et d’une anthère ovoïde. Femelles placées au-dessous des mâles, présentant un petit calice, à lobes disposés en étoile, ovales-lancéolés, très-aigus. Point déco-

rolle. Cinq glandes. Ovaire oblong, ovoïde-frigone, portant 3 styles étalés, grêles, longuement bifides. Fruits capsulaires, de la grosseur d’une noisette, ovoïdes-trigones, un peu pointus, à 3 sillons longitudinaux, glabres, jaunâtres, composés de 3 coques triôdres nionospermes, se détachant d’un axe central, grêle et persistant, et s’ouvrant avec élasticité suivant la nervure médiane.

2° Graines (1). — Graines ovoïdes-oblongues, un peu aplaties d’un côté, convexes de l’autre, ci peine quadrangulaires, très-peu luisantes, roussâlres, devenant noirâtres par usure de la pellicule extérieure, à téguments minces et cassants, contenant une amande blanche, huileuse, d’une saveur très-âcre et très-brûlante.

3° Huile. — L 'huile de Croton ou de Tilly se retire, soit par le broiement et par l’éther, soit par le broiement et par la pression.

On lave les graines dans l’eau froide; on les fait sécher, puis on les passe au moulin, sans les monder de leur enveloppe. Après le lavage, on les sèche à l’air. On les broie. On y ajoute assez d’éther pour en faire une pâte molle que l’on verse dans un long tube effilé par un de ses bouts que l’on a soin de garnir de coton. Quand la liqueur s’est écoulée, on épuise la graine par une nouvelle quantité d’éther. On tient ensuite laliqueuréthéréeau bain-marie pour volatiliser l’éther. On laisse déposer l'huile et on la filtre (Soubeiran).

Quand on opère en grand, on extrait Yhuile en mettant les graines écrasées dans un sac de coutil, et l’on presse ce sac entre deux plaques de fer chauffées. On filtre Yhuile, et on la laisse reposer pendant plusieurs jours.

Les graines traitées par l'éther donnent 38 pour 100 d’huile. Celles qu’on exprime n’en fournissent que 27 ou 28 pour 1 00.

L’huile de Croton est plus ou moins liquide; elle offre, en général, la consistance de celle d’amandes. Elle est transparente, jaunâtre, jaune orangée ou brunâtre. La plus claire est celle qu’on obtient par expression ; elle laisse déposer une matière analogue à la stéarine. Elle se coagule à -j- 5° et devient solide à zéro. Elle est soluble en totalité dans l’éther, mais en partie seulement dans l’alcool froid.

4° Propriétés et usages. — Cette huile a une odeur extrêmement désagréable, nauséabonde, souvent analogue à celle de la résine de jalap. Sa saveur est d’une excessive âcreté; c’est un des produits végétaux les plus brûlants et les plus corrosifs. Après son passage dans l’arrière-bouche, elle laisse un sentiment d’ardeur qui dura assez longtemps.

(1) Vulgairement petits Pignons d’Inde, graines des Moluques, graines de Tilly.

HUILES PEU EMPLOYÉES

On s’en sert , à l’extérieur, comme rubéfiante, et à l’intérieur . comme purgative. C’est un remède dangereux qui demande, dans son emploi, les plus grandes précautions.

On l’administre en savon, en Uniment, en pilules, en pastilles, en potion et en lavements.

§ VI. — Oc quelques Huiles peu employées.

t° Huile d’Acajou, retirée d’une Térébinthacée des îles Moluques, \’ Anacarde occidental (t). — Fruit réniforme, lisse, grisâtre, porté par un pédoncule énorme, pyriforme, charnu. Le péricarpe offre des alvéoles remplis d'un suc oléo-résineux. — Huile visqueuse, noirâtre, âcre, caustique. — Employée quelquefois contre les dartres, les vieux ulcères, et pour ronger les cors.

Le Sémccarpe anacarde (2), de la même famille, et des Indes, fournit un suc oléo-résineux semblable, mais plus abondant, qui jouit des mêmes propriétés (3).

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