Huile d’Anda (4), retirée d’une Euphorbiacée du Brésil
I ’Anda de Gomes (5). — Fruits volumineux, globuleux, à 4 angles et â 2 loges monospermes; ils ressemblent à des châtaignes. — Huile de la consistance de l’huile d’olive, incolore, insoluble dans l’alcool. — Purgative.
3° Huile d’Arachide, retirée d’une Légumineuse de ce nom (ti), originaire du Brésil, d’où elle a été importée aux Antilles et en Afrique. — Fruit cylindroïde, court, réticulé, contenant deux graines de la grosseur d’une petite noisette, d’un rouge vineux. Cent kilogrammes de ces graines donnent environ 43 kilogrammes d’huile. — Cette huile offre un poids spécifique de 9, 170 à t S°.
4° Huile de Ben, retirée d’une autre Légumineuse, le Ben aptère (7), des Indes orientales et de l’Amérique méridionale, où probablement elle a été importée. — Graines trigones, à angles ailés. — Cette huile ne rancit jamais.
5° Huile de Berthollétie, retirée d’une Myrtacée du Brésil et
fl) Anacardium Occidentale Linn. ( Cassuvium pomiferum Lam.}.
(2) Semeccirpus Anacardium Linu. f.
(3) Voy. page. 244.
(4) Vulgairement Anda-açu, Andassu.
(5) Anda Gomesii A. Juss.
(6) Arachis hypogœa Linn., vulgairement Munduby , Pista1 he de terre.
(7) Moringa pterygosperma Gærtn. ( Guilandina Moringa Lien., H yperardhera Moringa Vahl, Moringa oleifera Lam., Anona Monnya Lour., Moringa Zeylanica
Pers.).
des forêts del’Orénoque, la Berthollétie élevée (I). — Fruit énorme, à 4 loges; graines trigones. — Huile propre à remplacer celle d’olive.
6° Huile de Cameline, retirée d’une Crucifère indigène, la Cameline cultivée (2). — Fruit pyriforme, globuleux, terminé par une petite pointe, contenant 10 à 12 graines ovoïdes, marquées par un sillon. Cent kilogrammes de ces graines donnent de 27 à 33 kilogrammes d’huile. — Cette huile est un peu grasse; on s’en sert pour la lampe. Quelques médecins l’ont dite très-propre pour adoucir et ramollir les ûpretés de la peau (Lam.).
7° Huile deCahari, retirée d’une Euphorbiacée indienne, l’Aleurite des Moluques (3). — Fruit gros, plus large que long, comme bilobé, charnu, contenant deux graines osseuses, en forme de noix, un peu pointues au sommet, bosselées, couvertes d’un enduit blanc, d’apparence crétacée. — Huile d’assez bon goût, propre aux usages économiques et à la fabrication du savon.
8° Huile de Cartuame, retirée d’une Composée des Indes et de l’Égypte cultivée en France, le Carthame des teinturiers (4). — Fruits conico ovoïdes, légèrement comprimés, un peu irréguliers, à quatre angles saillants qui les rendent comme prismatiques, lisses, blancs, sans aigrette. — Huile assez fortement purgative, employée en Égypte. — Elle entre dans les tablettes de diacarthame.
9° Huile de Coco, retirée du Cocotier commun (5). — Tout le monde connaît le fruit du Cocotier. — Huile presque aussi fluide et aussi limpide que l’eau, incolore; elle rancit très-facilement. — Alimentaire, bonne pour l’éclairage et pour la fabrication du savon.
10° Huile de Curcas, retirée d’une autre Euphorbiacée des contrées chaudes de l’Amérique, le Médicinier cathartique (6). — Fruit capsulaire, ovoïde, de la grosseur d’une petite noix, rougeâtre ou noirâtre, un peu charnu, triloculaire. Graines ellipsoïdes, lisses, faiblement luisantes, noirâtres, à face interne pourvue d’un angle médian peu marqué, à face externe bombée, sans caroncule. Elles ressemblent pour la forme à celles du Ricin, mais
(1) Berthollelia excelsa Kunth; vulgairement, Châtaigne du Brésil ; au Brésil, Invia; sur les bords de l'Orénoque, Touka.
(2) Camelina satina Cranlz. ( Myagrum sativum Linn., Alyssum sativum Seop., Mœnchia satina Koth) .
(3 ) Aleurites Moluecana (Cr oton Moluccanum Linn., Aleurites ambinux Pers.), vulgairement Noix de Bancoul , Noix des Moluques .
(4) Carthamus tinctorius Linn., vulgairement Safranum , Safran bâtard, graine de Perroquet.
(5) Coccos nucifera Linn.
(6) Curcas -pur g an s Adans ( Jatropha Curcas Linn.), vulgairement Pignon d'Inde , Pignon des Barbades.
HUILES PEU EMPLOYÉES
sont plus grandes. — Huile très-fluide, incolore, laissant précipiter à froid une grande quantité de stéarine, peu soluble dans l’alcool, âcre. — Purgatifdrastique. — Administrée comme l’huile de Till y .
11° Huile d’ëléocoque, retirée d'une Euphorhiacée du Japon et des Indes, YÉléocoque verruqueuse (t). — Fruit capsulaire, globuleux, terminé par une pointe courte, s’ouvrant en quatre valves, contenant chacune une graine ovoïde-lriangulaire, obtuse, anguleuse du côté intérieur, bombée extérieurement, couverte de tubercules. — Huile abondante, employée surtout pour l’éclairage.
12° Huile d’Épuuge, retirée d’une autre Euphorbiacée indigène assez commune, l'Euphorbe épurge (2). — Fruits capsulaires, trilobés, très-lisses. Graines (3) grosses, ovoïdes, tronquées au sommet, brunâtres, marquées de très-petites rides disposées en réseau régulier. Cent kilogrammes de ces graines donnent environ 30 kilogrammes d’huile. — Huile Irès-tluide, d’un fauve clair. Saveur âcre. — Purgative et émétique. — Administrée en tablettes, en pilules, en potion gommeuse, en looch.
13° Huile de Guizotie, retirée d’une Composée des Indes et de l’Abyssinie, la Guizotie oléifère (4). — Fruits subtétragones, lisses, revêtus d’une écorce (calice) épaisse, sans aigrette. — Huile employée pour la table et pour l’éclairage.
14° Huile d’Illipé, retirée d’une Sapotacée indienne, Ylllipé à longues feuilles (3). — Fruit ovoïde, charnu, laiteux, renfermant quatre graines oblongues, presque trigones. — Huile liquide de 26° à 28°, et alors jaunâtre, solide de 22° à 23°, et devenant d’un blanc verdâtre, à peine soluble dans l’alcool bouillant. — Bonne comme assaisonnement, excellente pourla lampe et pour lesavon.
l.’lllipé à larges feuilles (G) donne une huile analogue.
15° Huile de Llntisque, retirée d’une Térébinthacée du midi de la France et du nord de l'Afrique, le Pistachier lentisque (7). — Fruits (8) : petites drupes sèches, presque globuleuses, d’un pourpre noir. — Huile d’un vert foncé, liquide à 33°, laissant déposer à une température plus basse une matière qui cristallise.
(1) Elæococca cordata [Dryandra cordata Thunb., Elœococca verrucosa A. Juss.), vulgairement Arbre à huile du Japon.
(2) Euphorbia Lathyris Linn. ( Tithy malus Lathyris Lam.), vulgairement Catapuce.
(3) Officin., Grana regia minora.
(4) Guizotia Abyssinica (Polymnia Abyssinica Linn. f., Guizotia oleifera DC.) ; vulgairement, dans l’Inde, Bam-till , Werinnua ; en Abyssinie, Nook.
(5) Bassia long’folia Linn.
(C) Bassia latifotia Roxb.
(7) Pistacia Ltntiscus Linn.
(8) Vulgairement chez les Arabes, Droh.
Entièrement soluble clans l’éther (Leprieur). — Employée par les Arabes comme alimentaire, et pour l’éclairage (1).
16° Huile dk Madi, retirée d'une Composée du Chili, le Madia ou Madi cultivé(i). — Fruits aplatis d’un côté, convexes de l’autre, avec 4 ou 5 nervures longitudinales, brunâtres, sans aigrette. Cent kilogrammes de graines donnent environ 27 kilogrammes d’huile. — Huile d’un jaune foncé, siccative, soluble dans 30 parties d’alcool froid et dans 6 d’alcool bouillant. Elle rancit très-vile.
17° Huile de Sésame, retirée de deux Bignoniacées, le Sésame d’Orient (3) et le Sésame indien (4). — Fruits capsulaires, allongés, obscurément tétragones, un peu comprimés, acuminés, à quatre sillons et quatre loges. Graines nombreuses, petites, un peu ovoïdes. Cent kilogrammes de ces graines donnent environ 50 kilogrammes d’huile. — Huile (3) d’un poids spécifique de 0,93 à 15°. — Bonne à manger et à brûler. Employée en Égypte comme cosmétique et contre les ophthalmies.
18° Huile de Soleil, retirée d’une Composée originaire du Pérou et cultivée en Europe, l’ Hélianthe à grandes fleurs (6). — Fruits oblongs, un peu comprimés, à sommet obtus, couronné de deux petites paillettes lancéolées, scarieuses et obtuses, offrant deux côtés opposés anguleux. Cent kilogrammes de ces fruits donnent environ 15 kilogrammes d’huile. — Huile un peu grasse, propre à l’éclairage et à la fabrication du savon.
19° Huile de Touloucouna, retirée d'une Cédrélacée de Sénégambie, le Carapa touloucouna (7). — Fruits capsulaires, pentagones, s ouvrant en cinq valves. Graines arrondies, plus ou moins aplaties, tuberculeuses, rougeâtres, contenant une amande dure, très-grasse, un peu rosée. — Huile épaisse comme celle d’olive figée, d’un jaune pâle. — Employée pour la fabrication du savon.
Le Carapa de la Guyane (8) donne aussi une huile (9) abondante et épaisse; celle-ci est amère. Les naturels du pays s’en servent comme cosmétique et comme préservatif des chiques (10).
(1) Voy. pages 1 59 et 411.
(2) Madia satioa Molin ( M . viscosa Cav.); vulgairement, au Chili, Madi , Melosa.
(3) Sesamum Orientale Linn., vulgairement Jugeoline.
(4) Sesamum Iitdicum Linn.
(5) Vulgairement Siritch .
(6) Helianthus annuus Linn., vulgairement grand Soleil .
(7) Carapa Guijæensis Sweet (C. Touloucouna Guill.),
(8) Carapa Guianensis Aubl., vulgairement Andiroba, Angiroba , Nandirobu.
(9) Huile de Carapa.
(10) Voy. page 148.