CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Ondésignesouslenom d ^poisons, louteslessubslancesqui, introduites à petite dose dans le corps, ou appliquéessur un point quelconque de l’économie, altèrent la santé ou déterminent la mort.
La science qui traite des poisons a reçu le nom de toxicologie.
La plupart des plantes vénéneuses doivent leur action énergique à des principes particuliers ( strychnine , morphine, nicotine).
Les poisons végétaux ne diffèrent, en général, desmédicamenls, qu’en ce que l’action des premiers est grave ou fu neste, tandis que celle des seconds se borne à un léger dérangement fa\orable à la santé.
Les impressions vénéneuses déterminent des réactions différentes suivant le caractère et la quantité de l’élément toxique.
La nature des végétaux vénéneux étant variable, leurs effets doivent l’étre également . Il y ades/torsons très-meurtriers, même à petite dose. Il yen a dolents, même à dose très-forte. Beaucoup de substances toxiquessemblent agir sur un organe spécial ou sur un tissu particulier ; ce qui a fait conclure qu’il existe une sorte de spécificité dans beaucoup de plantes vénéneuses. Par exemple, V opium resserre la pupille et paralyse le cerveau ; la Belladone sèche le larynx et dilate la pupille; Yaloès congestionne le rectum ;la Digitale ralentit le cœur; la noix vomique tétanise les muscles...
La quantité de substance toxique employée augmente ou diminue l’action morbide : cela est facile à concevoir. Plus la dose du poison absorbé est grande, plus les conséquences sont terribles.
Indépendamment de la nature et de la quantité de la substance vénéneuse, diverses circonstances augmentent ou diminuent, accélèrent ou ralentissent les effets du poison. L’aclion se manifeste en quelques secondes ou bien au bout de plusieurs heures; d’autres fois elle demande plusieurs jours ou plusieurs mois.
En général, les impressions funestes des drastiques sont presque
instantanées; celles des narcotiques sont plus ou moins tardives.
La forme sous laquelle le poison est absorbé peut rapprocher ou éloigner l’impression consécutive. On conçoit que son état, gazeux, liquide ou solide, et son mélange avec différents corps doivent influer considérablement sur son introduction dans l’économie et sur les conséquences de celte introduction.
Les différentes parties du corps sont très-inégalement disposées à se laisser impressionner. Les poisons pénètrent ordinairement par les muqueuses des voies digestives et des voies aérifères et par la peau, surtout quand cette dernière est privée de son épiderme.
On pense que les impressions vénéneuses sont favorisées par la faiblesse de l’individu atteint, par son état maladif, par la fatigue de son corps, par la vacuité de son estomac et par les émissions sanguines. L’effet est d’autant plus rapide, que l’organe où le poison est porté se trouve plus riche en vaisseaux.
On a divisé les végétaux vénéneux en trois groupes: 1° les drastiques ou irritants, 2° les narcotiques, 3° les nareotico-âcres.
t° Les drastiques sont : Yaloès, Y huile de Croton, la Bryone, Y Elalèrium, la Coloquinte, la gomme-gutte, le Garou, YEuphorhe, le pignon d'Inde, la Sabine, la Chélidoine, la Joubarbe des toits, le Jalap, la Renoncule âcre, Y Anémone, la Staphisaigre...
2° Les narcotiques sont : Y opium , la Jusquiame, la Physalide somnifère, les Marelles, le Laurier cerise, les amandes amères, la Laitue vireuse, Y Actée en épi, Y Azalée ponlique , YErs ervillier, la Gesse chiche, YEarmale à feuilles découpées, la Parisette à quatre feuilles, le Safran...
3° Lesnarcobco-dcressont très- nombreux. On en fait sept sections.
1° La Scille, Y Aconit, Y Ellébore noir, la Varaire, le Colchique, Va Belladone, le Datura, le Tabac, la Digitale, la Ciguë vireuse, la petite Ciguë, le Laurier-rose , Y Aristoloche, la Rue, le Cerberaahouai, Y Apocyn, YAsclépiade, la Cynanque, la Mercuriale, \a Rerie, le Redoul...
2° La noix vomique, la fève de Saint-Ignace, la strychnine, la fausse Anguslure, la Brucine.
3° Le camphre, la coque du Levant.
4° Les Champignons .
5° Les liquides spiritueux.
6° Le Seigle ergoté, Y Ivraie.
7° Les émanations des fleurs.
Beaucoup devégétaux vénéneux sont employésen médeciné. En diminuant la dose de la substance toxique, ou enlacombinantavec d’autres corps et en l’appliquant à propos, on détermine sur les individus malades des changements salutaires. C’est ainsi que la
CHAMPIGNONS VÉNÉNEUX
Belladone, la Jusquiame, la Ciguë, l’ Aconit, le Laurier-cerise, le Colchique..., peuvent être des poisons terribles ou des remèdes excellents. Mais il existe des poisons que leur énergie ou leur nature ont fait repousser jusqu u ce jour dudomaine de la thérapeutique.
Toutes les parties de certains végétaux peuvent être vénéneuses ; mais, d’autres fois, le principe toxique réside seulement dans un organe ou dans une matière sécrétée. Ainsi ou doit se méfier de la Belladone toute entière, tandis que dans Y Ivraie il n’y a que les fruits de suspects.
Je traiterai seulement, dans ce chapitre, des principaux végétaux ou produits végétaux vénéneux dont la médecine ne tire encore aucun parti.
Les végétaux sont : 1° les Champignons, 2° YŒnanthe safranée, 3° le Sumac radiccint, 4° le Mancenillier .
Les produits végétaux sont: 1° Yupas antiar, 2° Yupas tieuté, 3° le curare.