GENTIANE
grasse et d’un principe cristallisable ( gentisin ) qu’on peut obtenir en traitant la matière par l’alcool et en faisant cristalliser. Ce principe forme environ le 0,001 du poids de la racine. 11 offre des aiguilles très-légères, feutrées (on dirait du coton), d’un jaune soufré très-brillant.
3° Propriétés et usages. — La racine de Gentiane a une odeur forte, désagréable et une saveur amère. Le genlianin présente une grande amertume.
La racine de Gentiane est employée comme tonique et comme fébrifuge. C’est le plus puissant et le plus énergique des médicaments toniques indigènes. (A. Richard.)
On l’administre en poudre, en tisane, en extrait, en sirop, en
élixir, en vin, en teinture. Elle entre dans le vin amer, dans le sirop antiscorbutique de Portai , dans X élixir de Peyrilhe et dans plusieurs autres préparations stomachiques.
4° Succédanés. — On se sert aussi, principalement en Allemagne et dans le nord de l’Europe, des racines de plusieurs autres Gentianes. Telles sont la purpurine (1), la ponctuée (2), et la croisette (3), espèces qui appartiennent également à la France.
Le Tachi de la Guyane (4), dont la racine ressemble à celle du Quassia, et qui possède une amertume prononcée, est employé au Brésil, comme fébrifuge.
(1) Gentiana purpurea Linn.
(2) Gentiana punctata Linn.
(3) Gentiana cruciata Linn.
(4) Tachia Guianensis Aubl. La racine est appelée vulgairement Quassia de Para , Tupurubo , Raiz de Jacaré aru , Caferana.
Le Frasera de la Caroline (I) produit une racine qu’on substitue, en Amérique, au Columbo.
§ IV. — Uucincs de Salsepareille.
1° Plante. — La Salsepareille de la Jamaïque (2) appartient à la famille des Smilacces. Elle croît au Pérou, au Mexique et dans d’autres parties de l’Amérique méridionale.
Description (fig. 13). — Arbuste sarmenteuxet grimpant. Tige articulée, à 4 angles, armée d’aiguillons recourbés, rameuse. Feuilles alternes, pétiolées, ovales, un peu cordiformes, acuminées, entières, très-glabres, coriaces, pourvues de 3 à 5 nervures longitudinales, offrant à leur base 2 vrilles spirales. Inflorescence en peliles ombelles simples, pédonculées. Fleurs pédicellées, d’un vert blanchâtre, dioïques. Mâles : Calice à o sépales égaux, étalés, un peu soudés à la base, ovales, légèrement pointus. Étamines 6, à anthères dressées linéaires-oblongues. Fem. : Calice comme dans le mâle. Ovaire ovoïde, obtus, glabre; style très-court; stigmates 3, petits, arrondis, lobés. Fruit (baie) sphérique, violacé, contenant de I à 3 graines globuleuses.
2° Racine (3). — Très-longue, très-grêle, de l’épaisseur d’une plume, lidée, simple, flexible, entortillée, difficile à rompre, composée d’un très-grand nombre de fibres simples, très-longues et cylindriques. Écorce d’un roux cendré. Intérieur blanc. Tissu tendre, un peu farineux. On la trouve dans les pharmacies, en petits morceaux fendus.
La Salsepareille est composée de salseparine , d'huile volatile, de résine âcre et amère, d’une matière huileuse, d’une matière extractive, d’amidon, d’albumine.
La salseparine (l’ubœuf) est solide et neutre; elle forme des cristaux rayonnés, comme plumeux, incolores. Elle est peu soluble dans l’eau et lui donne la propriété de mousser. L’alcool la dissout mieux à chaud qu’à froid. Elle est insoluble dans l’éther.
3° Propriétés et usages. — Odeur nulle. Saveur faible, un peu amère et laissant dans la bouche une impression comme visqueuse. La salseparine n’a pas d’odeur. En dissolution, elle devient âcre et amère.
(1) Frasera Carolinensis Walt. [F r. IValtherx Mich.). La racine est appelée vul gaircment faux Columbo d’Amérique.
(9) Smilax Salsaparilla V\un , vulgairement Salsepareille rouge de la Jamaïque
(3) Officin., Salsapa’illa.