RACINES. — SALSEPAREILLE
La racine de cette plante provoque les sueurs et la sécrétion
Fig. 13. — Salsepareille.
urinaire. Elle donnait un des quatre bois sudorifiques.
. On l’administre en poudre, en tisane, en sirop, en vin, en teinture, en extrait... c’est un des éléments du rob de Boyveau-Laffecteur, du sirop de Cuisinier, de la décoction de Ziltmann et de la tisane de Vinache.
4° Autres espèces. — Indépendamment de la Salsepareille de la Jamaïque, la thérapeutique met en usage laS^umeet trois autres espèces plus ou moins répandues dans le commerce.
1° La Squine, appelée Salsepareille squine ( 1 ), se trouve en Chine et dans les grandes Indes.
Sa racine est de la grosseur du poing, noueuse, tuberculeuse, d’un brun rougeâtre en dehors, blanchâtre avec des nuauces rouges en dedans.
Celte racine offre les mêmes vertus que la Salsepareille de la Jamaïque. C’était un des quatre bois sudorifiques.
2° La Salsepareille de la Vera Crus (2) se vend en bottes cordées, de 60à80 kilogrammes. Écorce grisâtre souvent salie par de la terre. C’est la plus commune en France.
3° La Salsepareille de Honduras (3) nous est apportée aussi en bottes. Écorce rougeâtre.
4° La Salsepareille du Brésil (4), en bottes, sans souche. Écorce d’un gris terne.
§ V. — ICacinc de Valériane.
t° Plante. — La Valériane officinale (o) appartient à la famille des Valérianées. Elle habile les bois un peu ombragés.
Description. — Plante bisannuelle, herbacée. Tige dressée, haute de 5 à 10 décimètres, simple inférieurement, à deuxou trois branches dichotomes dans sa partie supérieure, cylindrique, sillonnée, fistuleuse, velue. Feuilles ternées, rarement quaternées, celles des jets latéraux ordinairement opposées, pubescentes, les inférieures pétiolées , les supérieures sessiles. Trèsprofondément pinnatiséquées, à segments lancéolés, étroits, aigus, presque entiers ou inégalement dentés ou incisés, les terminaux confluents. Inflorescence en cymes corymbiformes, axillaireset terminales. Fleurs petites, àpédoncules 3 ou4 fois trifur-
(1) Smilax China Linn.
(2) Smilax medica Schlecht.
(3) Smilax officinalis Kunth, et Smilax syphilitica WillcL, appelée aussi Salsepareille caraque.
(4) Smilax papyracea Poir.
(5) Valeriana o(ficinaIis Linn.
RACINES. — VALERIANE.
qués, d’un blanc rose, hermaphrodites. Bractées trifides. Calice à tube allongé-ovoïde, strié, à limbe roulé en dedans pendant la floraison, se déroulant en aigrette à la maturité. Corolle à tube étroit inférieurement, légèrement bossu à la base, à limbe presque liypocratériforme. Etamines au nombre de 3, attachées au sommet du tube de la corolle. Ovaire infère ; style plus long que la corolle, filiforme; stigmates 3, étroits, glanduleux du côté interne. Fruit ( acliainc ) ovoïde-allongé, strié, glabre, couronné par l’aigrette plumeuse calicinale.
M. Guibourt fait observer que, sous le nom de Valériane officinale, on désigne deux races distinctes : l’une grande, dont les feuilles ont des lobes étroits, lancéolés, même linéaires-lancéolés, presque sans dents; l’autre à lobes larges, ovales et fortement dentés en scie. M. Guibourt désigne la première, qui paraît habiter de préférence les endroits secs, sous le nom de var. subdentata, et la seconde, qui appartient aux terrains inondés, sous celui de serrata.
2° Racine (fi g. 14). — Verticale, petite, tronquée, composée d’un corps écailleux, très-court, donnant de tous côtés des ra-
Fig. !4. — Racine de Valériane.
dicules allongées, cylindriques, blanchâtres, qui prennent par la dessiccation un aspect corné, brunâtre. On cueille cette racine vers la fin de la première année.
Elle contient de l 'acide valérianique (Pentz), une résine noire, une huile volatile très-liquide et verdâtre, un extrait gommeux, de la fécule et des fibres ligneuses (Trommsdorff).
L'acide valérianique est liquide, oléagineux, transparent et incolore; il Dont à 132° ; il se dissout dans 30 parties d’eau et en toutes proportions dans l’alcool et dans l'éther. 11 forme des valérianates avec le zinc, avec l’ammoniaque et avec le fer.
3°, Pbopmétés et usages. — La racine de la Valériane est presque inodore, quand on vient de l'arracher. Elle acquiert, en se desséchant, une odeur d’une nature particulière, fclide, trèspénétrante et très-repoussante. Sa saveur est 3cre et amère, mais un peu sucrée au commencement. L'acide valérianique offre une odeur désagréable, qui ressemble à celle de la Valériane.
La racine de Valériane est tonique, stimulante et assez active. Elle agit aussi comme antispasmodique, emménagogue et sudorifique. Elle est encore légèrement narcotique et vermifuge. Combinée avec le jalap, l’oxymelscillilique et le sulfate de soude, elle constitue le médicament anthelmiuthiquc de Storck.
On l’administre généralement en poudre, en pilules, et plus rarement en eau distillée, en tisane, en sirop, en teinture et en
Fig. 15. — Racine de Valériane Phu.
extrait. Les valérianates de zinc et d'ammoniaque sont ordonnés en poudre, en pilules et en potion.
4° Succédanés. — On remplace quelquefois la Valériane officinale par la Valériane phu ou grande Valériane (1) (fig. tb).
(1) Valer:ana PAxLinn. (V. horlensis Lani.).