‹ Éléments de botanique médicaleChapitre 32 sur 247 · RACINES. — ACONIT · texte numérisé non relu

RACINES. — ACONIT

Celle du commerce est en morceaux oblongs irrégulièrement arrondis, hémisphériques ou en rouelles d’environ 5 à S centimètres de diamètre. Surface d’un gris foncé noirâtre. Intérieur plus clair, marqué de zones concentriques plus ou moins foncées. Cassure offrant quelques points brillants. Coudre d’un jaune gris.

On y a trouvé de l’eau, de la mine, un extrait gommeux, une matière colorante, de la fécule, de l’albumine, du phosphate de chaux (Gerber).

Résine d’un brun noir, un peu verdâtre, à cassure brillante. Elle est jaunâtre lorsqu’elle a été réduite en poudre.

3° Propriéiés et usages. — Odeur nauséabonde. Saveur âcre et très-irritante; elle excite de légères nausées. La résine offre une odeur vireuse et une saveur d’abord faible, puis âcre et désagréable.

Le Jalap est une substance très-purgative, qui agit principalement sur les intestins grêles. On l’employait autrefois contre les enlozoaires.

On l’administre en poudre, en teinture, en extrait, en sirop, en savon. 11 fait partie du vomi-purgatif Leroy et de Y élixir tonique antiglaireux de Guillé. On prépare un savon avec sa résine.

4° Succédanés. — On a signalé, comme succédanés du Jalap, la racine du Liseron scammonée (I) dont on emploie surtout la gomme-résine (2), la racine de VIpomée d’Orizaba (3), celle du Turbith (4), de Ceylan et de Java, et celle du Méclioacan du Mexique (o).

Plusieurs Convolvulacées indigènes, à racine épaisse et charnue, jouissent, mais à un degré plus faible, des mêmes propriétés. Tels sont le Liseron des haies (6), la Soldanelle (7) et le Liseron à feuilles d'Althœa (8).

(1) Convolvulus Scammoma Linu.

(2) Vov. le chapitre des Gommes-résines.

(3) lpomæa Orizabensis Led. (Convolvulus Orizabensis Pellet.), vulgairement Jalap léger, Jalap mâle, Jalap fusiforme.

• (4)Voy. le paragraphe des Racines peu employées.

(5) Voy. Racines peu employées.

' (6) Convolvulus sepium Linn.

(7) Convolvulus Soldanella Linn. (C marilimus Lam., Calystegia Soldanella

R. Br.).

1 (8) Convolvulus althæoides Linn.

§ VII. — Racine d'Aconlt.

1° Plante. — L 'Aconit napel (I) est une plante delà famille des Renonculacées, indigène, qui croît dans les pâturages élevés des montagnes.

Description. - - Plante vivace, herbacée. Tige haute de 8 à 12 décimètres, dressée, simple ou un peu rameuse supérieurement, cylindrique, glabre ou pubérulente. Feuilles alternes, divisées en 5 ou 7 lobes allongés, presque cunéiformes, découpés en 2 ou 3 lanières étroites, aiguës, luisantes, d’un vert foncé en dessus, d’un vert pâle en dessous. Les inférieures longuement péliolées; les supérieures brièvement. Inflorescence en grappes terminales, allongées, assez serrées. Fleurs un peu pédonculées, grandes, bleues, munies de 2 bractéoles. Calice pétaloïde, irrégulier, composé de 5 sépales inégaux, pubescents; un supérieur (casque), en forme de capuchon dressé; deux latéraux (ailes) plans, inégalement arrondis, poilus à la surface interne ; deux inférieurs un peu plus petits, ovales, entiers, poilus intérieurement. Corolle à 2 pétales supérieurs (nectaires), irréguliers, cachés sous le sépale d’en haut, dressés, longuement onguiculés et canaliculés, terminés par une sorte de casque obtus, recourbé au sommet, offrant intérieurement à son ouvei turc une petite languette roulée en dessus. Étamines, environ 30, plus courtes que le calice, inégales; filets plans, subulés supérieurement; anthères eordiformes. Pistils 3, allongés, presque cylindriques, pointus, glabres. Fruit composé de 3 capsules ( follicules ) oblongues, glabres, divergentes dans la jeunesse, s’ouvrant par une suture longitudinale extérieure.

2° Racine. — Les racines de Y Aconit sont vivaces, pivotantes, allongées, épaisses, napiformes. Elles ont une écorce noirâtre.

Ces racines contiennent un principe particulier désigné sous le nom d 'aconitine, de l’albumine, delà cire verte, un extrait brun et amer, de la gomme, des acides acétique et malique.

L 'aconitine est un corps solide qui ne cristallise pas. Elle paraît blanche quand elle est hydratée; elle devient brunâtre en se déshydratant. Elle fond à 80°; elle se volatilise à 140°, se décomposant en grande partie. Elle est très-soluble dans l’éther et surtout dans l’alcool.

3° Propriétés et usages. — La racine d 'Aconit, mise sur la

(1) Aconitum Napellus Linn., vulgairement Tue-loup, Coqueluchon, Napel.

RACINES

SÉNÉGA.

langue, détermine une cuisson douloureuse. L 'aconitinc n’a pas d’odeur; sa saveur est amère, et plus tard âcre et un peu brûlante.

On emploie la racine d’ Aconit contre le rhumatisme, la goutte, la syphilis chronique. On l’a conseillée aussi dans certaines hydropisies et contre les maladies nerveuses.

On l’administre en poudre, en extrait et en teinture. On com« pose avec Vaconiline des pilules, un Uniment et une embrocation.

§ VIII. — Racine (le Pyrctlirc.

1° Plante. — Le Pyrèthre, ou Anacyclepyrèthre (1), appartient à la famille des Composées, tribu dos Sénécioïdées. 11 croît en Algérie, en Arabie et en Syrie, dans les endroits montueux.

Description. — Tiges simples, longues de 2.0 à 30 centimètres, un peu couchées à la base, redressées, pubescentes. Feuilles radicales péliolées; les caulinaires sessiles, pinnatifides, à divisions linéaires un peu épaisses et charnues.

Capitules terminaux, solitaires. Involucre à écailles lancéolées, acuminées, brunes sur les bords. Demi-fleurons blancs, un peu rougeâtres en dessous et sur les “bords. Fruits comprimés, légèrement ailés, couronnés par une aigrette couite et membraneuse.

2° Bacine (fig. 17). — Elle est vivace, persistante, longue de 10 à 12 centimètres, de la grosseur du doigt, fusiforme ou cylindrique, [peu rameuse, charnue, grise et ridée extérieurement ; d’un blanc grisâtre à l’intérieur.

Elle nous arrive sèche de Tunis.

On y a découvert une substance brune, d’apparence résineuse et trèsâcre, une huile fixe d’un brun foncé, une huile jaune, du tannin, une substance gommeuse, de l’inuline, des sulfite,

Fig.

Page 1