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RACINES. — GRENADIER

C’est un tonique très-énergique. On l’emploie contre les hémorrhagies passives et les diarrhées chroniques. On l’a conseillé aussi dans les cas de leucorrhée, d’aménorrhée et de blennorrhagies chroniques (Hurlado).

On administre la Ratania en poudre, en décoction, en sirop,

Fig. 19. — Racine de Ratania.

en extrait, en mixture; on en compose un collyre (Quadri). Elle fait partie d’un élixir dentifrice.

4° Succédanés. — Le Kramer d’Amérique (1), originaire des Antilles, fournit aussi de la Ratania.

On a signalé des propriétés analogues dans la Renouée des petits oiseaux (2) (Paret.)

g XI. — Racine «le Clrcnadler.

1° Plante. — Le Grenadier commun (3) est un arbrisseau de la famille des Granatées. On le dit originaire de l’Afrique. Cependant il semble croître naturellement dans les provinces méridionales de la France. On le cultive dans beaucoup d’endroits; il s’appelle alors Balaustier.

(1) Krameria Ixina Linn.

(2) Polygqnum oviculare Linn. [P. cenlinodium Lam.).

(3) Punica Gramatum Linn. (P. spinosa Lam.).

Description. — Hauteur, 2 à 3 mètres. Branches nombreuses disposées à peu près en tête. Rameaux épineux à l’extrémité, dans les individus sauvages. Feuilles opposées, petites, brièvement lancéolées, entières, lisses, persistantes, rougeâtres dans leur jeunesse. Fleurs disposées au sommet des rameaux, ordinairement solitaires, presque sessiles, grandes. Calice à 5 ou 6 lobes, coloré, charnu. Pétales au nombre de 3, souvent doublés par la culture, chiffonnés, d’un rouge éclatant. Étamines trèsnombreuses. Ovaire infère, surmonté d’un stigmate capitulé. Fruit désigné sous le nom de Grenade. Je le décrirai dans mon chapitre sur les Faons.

2° Racine. — Cette racine est noueuse, pesante, dure et ligneuse. Elle présente une écorce (t) assez épaisse, coriace, ridée, un peu rougeâtre, jaunâtre en dedans; elle est cassante et non fibreuse.

Cette écorce contient du tannin, de l’acide gallique, de la résine, de la cire, une matière grasse, de la mannite, et une matière amère cristalline appelée granatine. (Landerer.)

3° Propriétés et usages. — Odeur à peu près nulle. Saveur acerbe, non amère, désagréable.

On l’a conseillée comme fébrifuge et comme anthelminthique. On s’en sert surtout contre les ténias et contre le bothriocéphale. Son usage, comme vermifuge, remonte à la plus haute antiquité. Il était déjà vulgaire du temps de Caton le Censeur.

L’écorce est plus active que le bois. On préfère celle qui est fraîche.

On l’administre en apozème, en extrait, en potion, macérée dans du vin (2).

§ XII. — Racine de Sininroulia.

1° Plante. — Le Simarouba de Cayenne (3) appartient à la famille des Simaroubées. C’est un arbre de la Guyane, de Saint- Domingue et de la Jamaïque. Il croît dans les endroits sablonneux.

Description (fi g. 20). — Très-grand arbre d’environ 20 mètres de haut, à port de Frêne. Tronc droit. Feuilles alternes, longuement pétiolées, très-grandes, ailées, à folioles au nombre de

(1) Officia., cortex Granatorum, Malicorium, Psidiumou Sictium.

(2) Yoy. les chap. des Fleuhs et des Fhuits.

(3) Simaruba amara Hayri. ( Quassia Simaruba Linn., Simaruba officinalis DC , 5. Guyanensis A. R ioh ) .

panulé, pubescent, à 5 dents dressées et inégales. Corolle à 5 pétales, plus grands que le calice, dressés, incombants, sessiles, elliptiques, pointus, un peu canaliculés. Étamines 10, un peu

RACINES. — SIMAROUBA. 71

9 à 16, alternes, presque sessiles, oblongues, obtuses ou un peu rétuses, terminées par une pointe courte, entières, glabres, légèrement pubescentes en dessous, épaisses, coriaces. Inflorescence en panicules très-grandes. Fleurs monoïques, très-petites, brièvement pédicellées, blanchâtres. Mâles : Calice court, cam-

Fig. 20. — Simarouba de Cayenne.

moins longues que les pétales, à filets dressés, filiformes, hérissés de poils, portant à leur base interne une écaille obovale, velue. Disque charnu, tronqué supérieurement. Aucune trace de pistil. Fem. : Étamines avortées. Pistil un peu plus court que la corolle; ovaire arrondi, à 5 parties ovoïdes; style épais, à 5 sillons; stigmate capitulé, ombiliqué, à 5 lobes ligulés, obtus, réfléchis. Fruit composé de 5 carpelles distincts, obovés, anguleux intérieurement, noirs, formant chacun une drupe qui contient une noix de même forme.

2° Racine. — Son écorce (1) est en plaques, souvent très-longues, assez épaisses, plus ou moins roulées, difficiles à rompre, rugueuses et comme striées à l’intérieur. Couleur d’un jaune blanchfitre. Texture très-fibreuse, lâche et légère.

3° Propriétés et usages. — Odeur nulle. Saveur fortement amère.

Regardée comme tonique et fébrifuge. On la conseille aussi quelquefois contre la dysentérie et les flueurs blanches.

On l’administre en poudre, en électuaire, en extrait et en décoction.

§ XIII. — Racine de Raifort.

1° Plante. — Le Raifort ordinaire (2) appartient à la famille des Crucifères. On le croit originaire de l'Asie méridionale. Il est cultivé, depuis des siècles, dans toutes les parties de l’Europe.

Description. — Plante annuelle. Tige haute de 4 à 8 décimètres, dressée, cylindrique, offrant quelques poils rudes et recourbés, rameuse. Feuilles pétiolées, profondément pinnatifides et lyrées, à lobes oblongs dentelés, dont le terminal est plus grand que les autres, très-rudes. Inflorescence en longs épis terminaux, lâches. Fleurs assez petites, pédonculées, roses, lilas ou blanches, veinées de violet foncé'. Calice à 4 sépales dressés, un peu poilus supérieurement, les latéraux gibbeux à la base. Pétales longuement onguiculés, à limbe étalé, obovale, obtus, entier. Ovaire grêle, muni d’un style assez long, terminé par un stigmate capitulé, glanduleux. Fruit ( silique ) oblong-lancéolé, renflé et bosselé à la base, insensiblement atténué en bec allongé, non partagé en articles transversaux, spongieux à l’intérieur, indéhiscent. Graines logées chacune dans une fossette particulière, arrondies.

(1) Officia., çortex Simarubœ.

(2) Raphanus sativus Linn.

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