RACINES. — GUIMAUVE
2° Racine. — Vulgairement désignée sous le nom de Radis, pivotante, cylindracée, napiforme ou globuleuse, charnue, terminée ou non terminée par un prolongement étroit. Écorce rouge pourpre ou rose, quelquefois noirâtre ou blanche. Tissu tendre ou ferme, cassant, demi-transparent et aqueux.
On distingue quatre variétés principales de Radis : 1° le Radis proprement dit, qui est napiforme ou globuleux, à écorce lisse, rouge, rose ou blanche et à chair tendre; 2° la petite Rave , qui est cylindracée ou fusiforme, à écorce et à chair comme dans la précédente ; 3° le Radis noir, qui est globuleux, à écorce rugueuse et noirâtre, et à chair dure.
3° Propriétés et usages. — Les Radis ont une odeur sui generis et une saveur plus ou moins piquante. La troisième variété est la plus âcre.
Ces racines sont excitantes et anliscorbuliques.
On les administre en eau distillée, en tisane, en potion, en vin, en bière, en sirop, en teinture.
Le Raifort sauvage (1) donne une poudre recommandée comme rubéfiante et révulsive (Lepage).
§ XIV. — Rncluo de Guimauve-
1° Plante. — La Guimauve officinale (2) appartient à la famille des Malvacées. Elle croît en France, dans les champs cultivés.
Description (fig. 21). — Plante vivace. Tige de 6 à 12 décimètres, herbacée, dressée, cylindrique, pubescente-tomenteuse. Feuilles alternes, pétiolées, ovales ou cordiformes et un peu lobées, aiguës et crénelées (crénelures inégales), tornenteuses, blanchâtres, douces au toucher, molles ; les inférieures à 5 lobes peu marqués; les supérieures à 3 stipules membraneuses, divisées profondément eu deux ou trois lanières étroites, pubescentes, caduques. Inflorescence en fascicules à l’aisselle des feuilles, rapprochées au sommet de la tige et des rameaux. Fleurs blanchâtres ou légèrement rosées. Calice double : l’extérieur à 9 parties étroites, presque égales, aiguës, soudées dans leur tiers inférieur; l’intérieur à 3 sépales plus grands, ovales, acuminés, lomenleux. Corolle à 3 pétales, presque en cœur, entiers. Étamines monadelphes, en nombre indéterminé; filets subulés, distincts vers leur partie supérieure ; anthères réni-
(1) Cochlearia Armoracia Linn., vulgairement Cran do Bretagne.
(2) Althœa offtcinalis Linn., vulgairement Guimauve ordinaire.
MOQ.-TAND — BOT. MED
formes, transversales. Ovaire libre, arrondi, pubescent; style plus court que le tube staminal, cylindrique, glabre, offrant
Fi(j. 21. — Guimauve officinale.
supérieurement 8 ou 9 branches étroites, terminées chacune par un stigmate capitulé. Fruit orbiculaire, très-déprimé, avec
RACINES PEU EMPLOYEES
des côtes relevées, tomenteux, enveloppé par le-calice; carpelles nombreux, verticillés, comprimés, monospermes, se séparant à la maturité.
2° Racine. — Racine pivotante, longue d’environ 30 centimètres, de la grosseur du doigt, fusiforme ou cylindrique, simple, rarement rameuse ; sa surface présente, de distance en distance, de petits tubercules répondant à l’origine des radicelles. Son épiderme est jaunâtre. Quand elle en est dépouillée, elle offre une couleur très-blanche. Son tissu est charnu et rempli d’un mucilage gluant.
Elle contient de la gomme, de l’amidon, une matière colorante jaune, de l’albumine, de l’asparagine, du sucre et des sels (Bouchardat).
3° Propriétés et usages. — Son odeur est faible. Sa saveur est douce et légèrement sucrée.
Elle est émolliente, adoucissante, béchique etunpeu apéritive.
On l’administre en décoction, en tablettes, en poudre, en sirop, en cataplasmes. Elle entre dans les sirops de Guimauve et d'Althœa.
§ XV. — De quelques Racines peu employées.
1° Racine d’Ache, ou Ache odorante (1), Ombellifère indigène, cultivée. Le Céleri ordinaire et le Céleri rave en sont des variétés. — Odeur forte, analogue à celle de l’Angélique. Saveur aromatique, amère et âcre. — Administrée en sirop. C’était une des cinq racines apéritives.
2° Racine d'Angélique, ou Angélique officinale (2), Ombellifère indigène, cultivée. — Odeur agréable. Saveur aromatique, un peu musquée, légèrement amère et âcre. — Cordiale, stomachique, sudorifique. — Administrée en tisane et en teinture. Elle entre dans la composition du baume de Commandeur et de certains alcoolats.
3° Racines d’Aristolocue (Aristolochiées). On en connaît quatre espèces indigènes : t° la ronde (3), 2° la longue (4), 3° la petite (5), 4° la Clématite (6). — Odeur plus ou moins forte, sou-
(i) Apium graveotens Linn., vulgairement Paludapium, Ache des marais.
L (2) Archangelica ofjicinalis Mœoch ( Angelica Archangelica Linn.). — Offîcin., cadix Angelicœ. '
| (3) Aristolochia rolunda Linn.
I1 (4) Aristolochia longa Linn.
fl (5) Aristolochia Pistolochia Linn.
[' (0) Aristolochia Clematitis Linn.
vent désagréable. Saveur amère. — Détersives, emmênagogues, conseillées pour favoriser l’expulsion des lochies.
Les espèces exotiques sont : 1° la Serpentaire (t) de Virginie, excitante et tonique. Conseillée dans les fièvres adynamiques. Elle fait partie de l’orviétan et de l’eau thériacale; 2° l’ officinale (2), du même pays, l’une et l’autre administrées contre la morsure des serpents; 3° le Mil-homen (3), du Brésil, conseillé contre l’hydropisie, la dyspepsie, la paralysie.
4° Racine d’Arnica, 'ou Amique de montagne (4), Composée indigène. — Odeur forte et pénétrante. Saveur aromatique et âcre. — Excitante, antiseptique et résolutive. — Administrée en poudre, en eau distillée, en extrait.
5J Racine d’Aunée, ou Inule aulnée (5), Composée indigène. — Odeur forte. Saveur aromatique, âcre et amère. — Tonique et diaphonique ; employée aussi contre les dartres. — Administrée en poudre, en tisane, en vin, en conserve, en extrait.
6° Racines de Bardane (Composées), fournies par trois espèces indigènes : 1° la Bardane à grosses têtes (6), 2° la Bardane à petites têtes (7), 3° la Bardane à têtes cotonneuses (8). — Odeur désagréable. Saveur douceâtre, un peu amère, austère, nauséeuse. — Employées dans les maladies chroniques de la peau, contre les rhumatismes et contre la syphilis. — Administrées en tisane et en extrait.
7° Racine de Behen, ou Centaurée behen. 11 y a deux Behens : \° le blanc ( Centaurée behen) (9), Composée de Perse. — Odorante, un peu amère, tonique ; 2° le rouge (Statice Limonium ) (10), Plombaginée indigène. — Aromatique et un peu slyplique. — Astringente.
8° Racine de Beldadone, ou Atropa belladone (il), Solanée in-
(1) Aristolochia serpentaria Willd., 'vulgairement Serpentaire de Virginie, Vipérine de Virginie.
(2) Aristolochia officinalis Nees.
(3) Aristolochia cymbi fera Mari. (A. grandi flora Gom.).
(4) Arnica montana Linn. ( Doronicum oppositi folium Lam., D. Arnica Desf.), vulgairement Tabac des Vosges , Tabac des Savoyards, Bétoine des montagnes.
(5) Inula Heleninm Linn., vulgairement Inule hélénière, Enule campane, Aulnée.
(6) Lappa major Gærtn. ( Arctium majus Sclik., Lappa officinalis Ail.).
(7) Lappa minor DC. ( Arctium minus Schk., Arctium Lappa Th ui I . , Lappa glalra u, Lam.).
(8) Lappa tomentosa Lam. ( Arctium tomentosum Schk., A. Bardana Willd.).
(9) Centaurea Behen Linn.
(10) Statice Limonium Linn. (Limonium vulgare Mœncb).
(11) Atropa Belladona Linn. {Belladone baccifera Lam., B . trichotoma Scop.).
RACINES PEU EMPLOYÉES
digène. ■ — Employée contre la coqueluche et la scarlatine. Elle est la base de la poudre de Wetiler (1).
9° Racine de Benoîte, ou Benoîte commune (2), Rosacée indigène. — Odeur de girofle. Saveur un peu styptique. — Tonique, aslringente, fébrifuge et antispasmodique. — Administrée eu infusion.
10° Racine de Bistorte, ou Renouée bistorte (3), Polygonée indigène. — Presque inodore. Saveur très-austère. — Astringente, vulnéraire. — Administrée en poudre, en tisane, en injections, en extrait.
11° Racine de Buyone, ou Bryone dioïque (4), Cucurbitacée indigène. — Odeur vireuse et nauséeuse. Saveur âcre et caustique. Elle contient un principe amer appelé bryonine. — Regardée comme purgative, hydragogue et diurétique; employée aussi dans l’hystérie et comme rubéfiante.
12° Racine de Bugrane, ou Ononis des champs (5), Papillonacée indigène. — Odeur faible et désagréable. Saveur douce, un peu sucrée. — Apéritive.
13° Racines de Butua (0), produites par des Cissampelos (7) et des Cocculus (8), Ménispermacées du Brésil. — Inodores. Saveur très-amère et un peu douceâtre. — Fortement diurétiques. Employées aussi contre le venin des serpents.
14° Racine de Cabaret, ou Asaret d’Europe (9), Aristolochiée indigène. Elle renferme un principe particulier ( asarine ). — Odeur forte, un peu aromatique. Saveur poivrée et nauséeuse. — Émétique, purgative. — Administrée en poudre, en infusion, en teinture. Elle entre dans la poudre Saint-Ange.
13° Racine de Caïnça, ou Chiocoque dompte-venin (10), Rubiacée du Brésil. — Son écorce a une odeur analogue à celle du jalap. Saveur amère, âcre, — Émétique, drastique, antihydropique.
(1) Voy. le chapitre des Fbcilles.
(2) Geum urbanum Linn. ( Caryophyllala urbana Scop., C. vulgaris Lam.), vulgairement Racine giroflée.
(3) Polygonum liistorta Linn.
(4) Bryonia dioica Jacq. (Br. ruderalis Salisb.) , vulgairement Couleuvrée, Vigne blanche, Brione blanche, Navet du diable.
(5) Ononis arvensis Lam. (O. spinosa Willd.), vulgairement Arrcte-bœuf.
(6) Vulgairement Pareira brava: au Brésil, Alembrog, Butua.
(7) Cissampelos Pareira Linn., C. glaberrima Saint-Hil., C. ebracteata Saint-Hil.
(8) Cocculus platyphylla Aulil., C. rufescens Endl.
(9) Asarum Europœum Linn., vulgairement Rondelle, Or eille-d' homme.
(10) Chiocoeca anguifuga Mart., vulgairement Raie prêta, Racine noire.
— Administrée en décoction, en sirop, en vin, en teinture et en extrait.
16° Racine de Câprier, ou Câprier épineux (1), Capparidée indigène, cultivée. — Inodore. Saveur amère et piquante. — Apéritive.
17° Racine de Carune, ou Carline à courte tige (2), Composée indigène. Odeur et saveur de la racine de Bardane. — Employée anciennement contre la peste.
On se servait aussi de la Carline à feuilles d’ Acanthe (3).
18° Racine de Carotte, ou Carotte commune (4), Ombellifère indigène. — Sauvage : odeur forte et aromatique. Elle renferme un principe cristallisable appelé carottine (Osanne). Apéritive.
— Cultivée : mucilagineuse, alimentaire, adoucissante. On applique la pulpe râpée contre les gerçures des mamelons chez les nourrices. On emploie la décoction contre la jaunisse.
19° Racine de Chausse-trape, ou Centaurée chausse-trape (5), Composée indigène. — Assez douce. — Conseillée dans les maladies des voies urinaires, surtout dans la néphrite calculeuse. Elle entrait, dans la composition du remède de Baville.
20° Racine de Chaya, ou Ærve laineuse (6), Amarantacée du Bengale. — Inodore. Saveur mucilagineuse, légèrement salée.
— Réputée adoucissante.
21 0 Racine de Chélidoine, ou grande Ché/idoine (7), Papavéracée indigène. — Sèche, elle passait pour un bon apéritif; on la recommandait contre les obstructions. — On l’administrait infusée dans du vin blanc.
Le suc jaune, âcre et légèrement amer, qui découle de cette plante, est un purgatif drastique violent. On le conseillait contre la jaunisse, l’hydropisie et même les fièvres intermittentes. On s’en servait contre les taches de la cornée, les vieux ulcères, les dartres, les cors et les verrues.
22° Racine de Chicorée, ou Chicorée sauvage (8), Composée in-
(1) Capparis spinosa'L inn.
(2) Carlina acaulis Linn. (C. caulescens Lam., C. subacaulis DC.), vulgaire ment Chamœléon noir.
(3) Carlina acanthifolia AU. (C. acaulis Lam., C. chardousse Yill.), vulgairement Chardousse, Ciardousse.
(A) Dancus Carota I.inn .
(5) Centaurea Calcitrapa Linn. ( Calcitrapa stellata Lam., C. hypophœslum Gærln.), vulgairement Chardon étoilé, Centaurée étoilée.
(6) Ærva lanata Juss. ( Aehyranthes lenata Linn., Illecebrum. lanatum Linn. Mant.), vulgairement Schadjaret et Arhleb.
(7) Chelidonium majus Linn., vulgairement Eclaire, grande Chélidoine.
(8) Cichorium Intybus Linn.
RACINES PEU EMPLOYÉES
7fl
digêne. — Saveur très-amère. — Légèrement tonique, stomachique, très-apéritive. — On l’emploie torréfiée comme succédanée du café. Administrée aussi en tisane et en sirop.
23° Racine de Columbo, ou Cocculus palmé (1), Ménispermacée de Madagascar; existe dans Je commerce en rondelles. On y trouve un principe particulier désigné sous le nom de colombine.
— Odeur faible, désagréable. Saveur très-amère. — Conseillée contre les indigestions, les vomissements, les coliques, la dysenterie.— Administrée en poudre, en hvdrolé, en teinture, en extrait. Elle fait partie de l 'élixir tonique antiglaireux de Guillé.
Le Columbo d' Amérique , ou faux Columbo , est la Frasère de Caroline (2), plante bisannuelle de la famille des Gentianées.
24° Racine de Consoude, ou Consolide officinale (3), Rorraginée indigène, cultivée. — Odeur faible. Saveur mucilagineuse, un peu astringente. — Employée dans l’hémoptysie, les diarrhées chroniques et la dysenterie. On s’en servait autrefois pour conso- | lider les plaies. On en compose encore un sirop.
25° Racine de Contrayeuva, ou Dorsténie contrayerva (4), Morée du Pérou et du Mexique, cultivée. — Odeur faible, un * peu aromatique et agréable. Saveur un peu astringente et acre, mais lente. — Stimulante, sudorifique. On s’en servait, en Amérique, contre le venin des serpents. — Administrée en poudre et en infusion.
20° Racine de Costus, ou Auklandie costus (5), Composée des Indes. — Odeur forte, aromatique, pénétrante. Saveur amère, un peu âcre. — Aphrodisiaque. — Elle entre dans la composition de la thériaque.
27° Racine de Cynoglosse, ou Cynoglosse officinale (6), Borraginée indigène. — Odeur vireuse, désagréable. Saveur fade. — Pectorale, légèrement narcotique, calmante. — Administrée en sirop et en pilules.
28° Racine de Dentelaire, ou Dentelaire d'Europe (7), Plombaginée indigène. — Saveur âcre, caustique. — Vulnéraire, détersive, émétique. Employée contre les maux de dents et contre la gale.
(1) Cocculus palmatus DC.
(2) Frasera Carolinensis Gmel. [Fr. Walteri Midi.).
(3) Symphytum officinale Linn.
(4) Dorslenia Contrayerva Linn.
(5) Aulclandia Co'stus Falcon ( Aplotaxis Lappa Desf., Haplotaxis Costus Guib.)
— Officin., radix Costi odorali.
(6) Cynoglossum officinale Linn.
(7) Phimbar/o Europœa Linn., vulgairement Malherbe.
29° Racine df. Dictame, ou Dictame blanc (I), Rutacée indigène. — Odeur presque nulle. Saveur amère et aromatique.
— Écorce sudorifique, vermifuge. Elle fait partie de la poudre de Guttète.
30° Racine de Dompte-venin, ou Dompte-venin officinal (2), Asclépiadée indigène. — Fraîche : odeur forte et désagréable; saveur âcre. Sèche: odeur faible; saveur douce. — Sudorifique, diurétique. On croyait anciennement qu’elle résistait aux venins. — Elle fait partie du vin diurétique amer de la Charité.
31° Racine d’Eupatoire, ou Eupatoire à feuilles de Chanvre (3). Composée indigène. — Fortement purgative, apéritive, vulnéraire.
32° Racine de Fenouil, ou Fenouil commun (4), Ombellifère indigène. — Elle était rangée parmi les cinq racines apérilives.
33° Racine de Filipendule, ou Spirée flipendule (5), Rosacée indigène. — Saveur amère, astringente. — Diurétique, incisive, vulnéraire.
On emploie aussi la racine de YUlmaire (6).
34° Racine de Fraisier, ou Fraisier de table (fl), Rosacée indigène. — Odeur nulle. Saveur slyptique. — Astringente, diurétique. — Administrée en infusion.
35° Racine de Garance, ou Garance des teinturiers (8), Rubiacée indigène, cultivée. — Odeur nulle. Saveur amère et styptique.
— C’était anciennement une des cinq racines apérilives mineures.
30° Racine de Ginseng, ou Ginseng à cinq feuilles (9), Araliacée de la Chine et du Canada. — Odeur faible d’Angélique, un peu pénétrante. Saveur amère, âcre et sucrée. — Tonique, excitante, fébrifuge.
37° Racine de Houblon, ou Houblon commun (10), Cannabinée indigène. — Diurétique. Très-peu usitée (11).
(1) Dictumnus albus Liun., vulgairement Fraxinelle.
(2) Vincetoxicum officinale Mœnch (Asclepias Vincetoxicum Linn., A. alba Mill.), vulgairement Asclepiade blanche. — Offiein., radix Hellebori nigri.
(3) Eupatorium cannabinum Linn. , vulgairement Eupatoire d’Avicenne, Chanvrin.
(4) F œniculum vulgare Gærtn. ( Anethum Fœniculum Linn., Fœniculum officinale AU., Litjusticum Fœniculum Roth).
(5) Spirœa Filipendula Linn.
[i>) Spirœa Ulmaria Linn., vulgairement Reine-des-prés.
(7) Fragnria vesca Linn.
(S), Rubia tinctorum Linn. [R. sylvestris Mill.).
(9) Panax quinque folium Liun.
(10) Humulus Lupulus Linn.
(11) Voy. le chap. des Fruits.
RACINES PEU EMPLOYEES
38° Racine d’Impératoire, ou Impéraloire commune (I), Ombellifère indigène. — Odeur pénétrante analogue à celle de l’Angélique, mais moins agréable. Saveur aromatique très-âcre, piquant fortement la langue. — Tonique et stimulante. — Elle entre dans Veau thériacale, dans l’eait impériale et dans Y esprit carminatif de Sylvius.
39° Racine de Kawa, ou Poivre kawa (*2), Pipéracée des îles de la Société. M. Gobley y a découvert deux principes immédiats particuliers, dont l’un ( mélhysticin ou méthysticine), cristallisable et insipide, présente une grande analogie avec la pipérine, et l’autre ( kawine ), incrislallisable, mou et résinoïde, est très-odorant et très-sapide. — Odeur et saveur légèrement aromatiques. Mâchée, cette racine est un peu âcre, astringente et sialagogue. — Puissant sudorifique (O’Rocke). — Elle sert à la préparation d’une boisson enivrante.
40° Racine de I.ivèche, ou Livèche officinale (3), Ombellifère indigène. — Odeur forte. Saveur âcre et aromatique. — Stimulante.
41° Racine de Lobéi.ie, ou Lobélie syphilitique (4), Lobéliacée de l’Amérique septentrionale. — Odeur un peu aromatique. Saveur légèrement sucrée. — Réputée antivénérienne, sudorifique et bonne contre l’asthme. Abandonnée aujourd’hui. — On l’administrait en décoction et en teinture.
On a cherché à lui substituer là Lobélie à fruits gonflés (3), du même pays, et la Lobélie brûlante (6), indigène.
42° Racine de Mandragore, produite par deux Solanées (7) du Midi de l'Europe et de l’Afrique. — Fortement purgative. On l’appliquait extérieurement sur les tumeurs scrofuleuses ou squirrheuses. Abandonnée (8).
43° Racine de Mangouste, ou Ophiose mangouste (9), Apocynée
(1) Imperatoria Ostrut/num Linn. (/. majôr Lam., Selinum Imperatoria Cranlz), vulgairement Otours, Impérutoire de montagne. — Offiuin., Imperatoria radix. Benjoin français.
(2) Ou Ava, Piper methysticum Forst.
(3) Leuitiscum officinale Kocli ( Ligusticum Levisticum Linn.).
(4) Lobelia antisyphiliticalÀnn ., vulgairement Cardinale bleue.
(5) Lobelia inflata Linn.
(6) Lobelia urens Linn.
(7) Mandragora vernalis Bert. ( Atropa Mandrugora mas Linn.), vulgairement Mandragore mâle. Mandragora officinarumlAnn . (Atropa Mandragora fem. Linn.), vulgairement Mandragore femelle.
(S) Voy. le chap. des Fbuillks.
(9) Ophioxylum serpentinum Linn., vulgairement Choulin, Chouline, Souline, Racine d’or, Racine jaune, Racine amère de la Chine, Racine de Chymen, Racine de Mango.
des Indes. — Inodore. Saveur très-amère. — Employée contre les venins. Conseillée aussi dans les vomissements, les coliques, la fièvre...
44° Racine de Méchoacan (1), produite par un Liseron ( Convoi vulus) (2), ou un Tamier ( Tainus )? du Mexique. — Odeur nulle. Saveur très-faible d’abord, puis légèrement âcre. — Purgative.
45° Racine de Meum, ou Meum alhamantique (3), Ombellifère indigène. — Odeur aromatique. Saveur piquante, un peu âcre. — Passe pour incisive, apéritive et antihystérique.
46° Racine de Mddar, ou Calotrope géant (4), Asclépiadée des Indes. — Odeur nulle. Saveur amère. — Réputée bonne contre les affections cutanées, particulièrement contre l’éléphantiasis.
47° Racine de Mûrier, ou Mûrier noir (5), arbre de la famille desMorées, originaire de l’Asie, cultivé dans les vergers et dans les parcs. — L’écorce de sa racine est âcre, amère, purgative et vermifuge. Déjà, du temps de Dioscoride, on la conseillait contre le ténia. — Administrée en poudre et en décoction, ou bien mêlée à la fougère mâle avec crème de tartre et antimoine diaphorétique (Lieutaud). Cet emploi est tombé complètement en désuétude. (6).
48° Racine de Nyctage, ou Nyctage belle-de-nuit (7), Nyctaginée du Pérou. — Odeur faible et nauséeuse. Saveur douceâtre, un peu âcre. — Purgative.
On employait aussi les racines du Nyctage dichotome (8) et du Nyctage à longues fleurs (9).
49° Racine de Nunnari, ou Hémidesme indien (10), Asclépiadée de Ceylan. — Odeur de fève tonka. Saveur à peine sensible. — Donnée comme succédanée de la Salsepareille.
50° Racine d’Orcanette, ou Al/canne des teinturiers (11), Bcr-
(1) Vulgairement Rhubarbe blanche, Méchoacan du Pérou, Bryone d' Amérique, Scammonée d’Amérique. — Officin., radix Mechoacannœ .
(2) Convolnulus Mechoacana lion.
(3; Meum athamanticum Jaeq. (Athamanta Meum Linn., Seséli Meum Scop., Ligusticum capillaceum Lam., L. Meum DC.), vulgairement Meumcapillacé.
(4) Calotropis giganteaU&mWl. ( Asclepias gigantea Linn.).
(5) Morus nigra Linn.
(6) Voy. l’article Fnüivs ( Soroses ).
(7) Mirabilis Jalapa Linn., vulgairement Merveille du Pérou, Nyclage du Pérou, Belle-de-nuit . — Officin., faux Jalap.
(8) Mirabilis dichotoma Linn., vulgairement Fleur de quatre heures.
(9) Mirabilis longiflora Linn.
(10) Hemidesmus Indicus R. Br. ( Periploca Indica Linu.), vulgairement Nunnarivayr.
(H) Alkanna tinctoria Tausch. ( Lithospermum tinctorium Linn., Anchusa tinctoria Lam. Dict., Buglossum tinctorium Lam. Fl. fr.). — Officin ., radix Anchusæ.
RACINES PEU EMPLOYÉES
raginée indigène. — Inodore et insipide. — Passait pour astringenteet fortifiante.— Employée pour colorer quelques pommades.
On confond, dans le commerce, sous le nom d ’Orcanette, plusieurs Borraginées (1).
51° Racine d’Oseille, ou Patience à feuilles aiguës (2), Polygonée indigène. — Odeur peu marquée sui generis. Saveur amère. — Dépurative et antiscorbutique. — Administrée en bouillon.
52° Racine de Panicaut, ou Panicaut des champs (3), Ombellifère indigène. — Odeur assez prononcée. Saveur douceâtre. — Passait pour diurétique, apéritive et aphrodisiaque.
53" Racine de Persil, ou Persil officinal (4), Ombellifère cultivée. — C’était une des grandes racines apéritives.
54° Racine de Pipi, ou PéO'wme alliancée (5), Phytolacce d’Amérique. — Odeur d’ail très-forte. Saveur âcre. — Diurétique ; conseillée contre l’hydropisie et la paralysie.
On emploie aussi les racines de la Pétivérie tétrandre (6).
55° Racines des Pivoines (Renonculacées), fournies par deux espèces indigènes : 1° X officinale (7), 2° la coralline (8). — Odeur analogue à celle du Raifort. Saveur assez marquée, un peu astringente. — Elles entrent dans le sirop d' Armoise composé et dans la poudre de Guttète.
56° Racine de Quintefeüillk, ou Potentille rampante (9), Rosacée indigène. — Saveur un peu styptique. Vulnéraire, astringente.
On lui a substitué quelquefois la Potentille argentine (10).
57° Racine de Renoncule, ou Renoncule bulbeuse (11), Renonculacée indigène. — Conseillée dans les névralgies des membres et dans les irritations chroniques des muqueuses bronchiques.
58° Racine de Roseau, ou Roseau cultivé (12), Graminée indi-
(1) Par exemple VOnosma echioides Linn., VArnebia lincloria Forsk., 1 ’Echium rubrum Jacq.
(2) B umex acutus Linn., vulgairement Patience sauvage , Parelle.
(3) Erynyium eampestre Linn. ( E . vulgare Lam.), vulgairement Barbe-cle-chêvre , Chardon-Roland.
(4) Petroselinum sativum Hoffm. et Koch. (Apium Petroselinum Linn., A. vulgare Lam.),
(5) Petiveria alliacea Linn., vulgairement Baiz de Guiné, Herbes aux poules de Guinée.
(6) Petiveria tetrandra Gomes, vulgairement Baiz de Guiné, Pipi.
(7) Pæonia officinalis Retz, vulgairement Pivoine femelle.
(8) Pæonia corallina Retz, vuigairement Pivoine mâle.
1 (9) Potentilla replans Linn, ( Fragaria pentaphyllum Cranlz),
(10) Potentilla Anserina Linn. ( Argentina vulgaris Lam.).
(H) Ranunculus bulbosus Linn., vulgairement Grenouillette, Bave de Saint- Antoine.
\ (12 ) Arundo Donax^ Linn. (A. sativa Lam.), vulgairement Canne de Provence.
Si
gène. — Inodore. Saveur faible, légèrement sucrée. — Répulée antilaiteuse.
59° Racine de Saponaire, ou Saponaire officinale (I), Caryopliyllée indigène. Elle contient un principe immédiat intéressant ( saponine ). — Saveur mucilagineuse, d’abord nauséeuse, puis très-âcre. — Fondante, dépurative, diurétique. — Administrée eu tisane, en extrait (2).
60° Racine de Tormenticle, ou Potentille officinale (3), Rosacée indigène. — D’un goût astringent. — Employée dans le flux utérin, la diarrhée, les hémorrhagies. Elle jouissait autrefois d’une grande réputation. Ludwig disait qu’avec la Tormentille on pouvait se passer de tous les autres astringents. — Administrée en poudre, en infusion, en décoction, en extrait.
61° Racine de Turbith, ou Quamoclit Turbith (4), Convolvulacée des Indes. — Inodore. Saveur d'abord peu sensible, puis nauséeuse. — Purgative (o).
62° Racine de Vératre blanc (6), Colchicacée indigène. — Odeur nulle. Saveur d’abord douceâtre et mêlée d’amertume, bientôt âcre et corrosive. — Émétique, purgative. — Administrée en lotions, en teinture et en pommade.
On emploie aussi la racine du Vératre noir (7).
03° Racine de Vétiver, ou Barbon hérissé (8), Graminée des Indes. — Odeur forte et tenace analogue à celle de la myrrhe. Saveur amère et aromatique. — On s’en sert pour parfumer les appartements.