BULBES
g I. — Uulhcs do la gcillc.
1° Plante. — La Scillc maritime (1) appartient à la famille des Liliacées; elle croît sur les bords sablonneux delà Méditerranée et de l’Océan.
Description. — Feuilles toutes radicales, grandes, ovales ou lancéolées, .aiguës, un peu onduleuses, lisses, glabres, luisantes, d'un vert foncé, charnues. Hampe poussant avant les feuilles, hautede CO centimètres à t mètre. Inflorescence en épi terminal, long. Fleurs pédonculées, à calice campanulé, pétaloïde, blanc. Étamines à peu près de la longueur du calice, au nombre de six, à filets subulés, plans. Ovaire triloculaire. Style simple, filiforme, droit, terminé par un stigmate obscurément trilobé. Capsule trigone, à trois loges, s’ouvrant en trois valves. Graines presque globuleuses, d’un brun pâle.
2° Bulbe (2). — Bulbe à demi enfoncé dans le sable, volumineux, ordinairement de la grosseur des deux poings. 11 y en a qui pèsent plus de 4 kilogrammes. Ce bulbe est ovoïde, arrondi, recouvert de tuniques nombreuses, superposées et serrées. Les premières sèches, minces, longitudinalement striées et d’un brun rougeâtre. Les intermédiaires amples, épaisses, principalement vers le haut, et d’un blanc à peine rosé, prenant une belle teinte incarnat par l’exposition à l’air. Celles du centre petites, très-mucilagineuses et blanches.
Les tuniques de la Scille sont recouvertes d’une membrane extrêmement ténue, transparente et incolore ; elles ont des stomates â leur surface extérieure seulement. Leur tissu est composé de cellules polyédriques homogènes, entremêlées de trachées solitaires nombreuses, surtout vers la partie du parenchyme qui touche les stomates. On remarque, dans ce tissu, des espèces de prismes allongés terminés par des sommets pyramidaux, blancs, brillants, dirigés dans le sens de la longueur des écailles. Chaque prisme est un faisceau de 18 à 2b aiguilles ( raphides ) composées de carbonate et d’oxalate de chaux. Ces prismes manquent complètement vers l’intérieur du bulbe.
La Scille contient du mucilage végétal, du sucre, du tannin, une matière colorante rouge acide, une matière colorante jaune acide et odorante, une matière grasse, de l’iode, des sels et un principe particulier appelé scillitine.
La scillitine est incristallisable, demi-transparente, d’un jaune
(1) Scilla maritime Linn., vulgairement Scille officinale,
[fi) Üfficin., Scillæ vel Squillœ radio).
pâle, hygrométrique, mais non déliquescente, très-soluble dans l’alcool et dans l’éther à froid.
3° Propriétés et usages. — On n’emploie que les écailles intermédiaires {squames); on les coupe en lanières pour les dessécher.Quand elles sont fraîches, leur odeur est analogue à celle des Raves sauvages ; avec la dessiccation, elle devient presque nulle. Leur saveur est âcre et amère; celle de la scillitine est d’une amertume intense et pénétrante ; c’est un poison violent, narcotico-âcre.
La Scille est ordonnée comme expectorante et diurétique.
On l’administre en extrait, en teinture, en vin, en vinaigre, en oxymel, en sirop; on la donne encore en poudre, en pilules et en miel.
§ II. — De quelques autres Bulbes.
On emploie, mais plus rarement, les bulbes du Lis blanc (1) (fig. 29), de Y Ail (2) et de Y Oignon (3).
Les premiers, cuits sous la cendre, composent des cataplasmes émollients. On les administre aussi en apozème diurétique, en vin et en sirop. Les seconds passent pour anthelminthiques, stomachiques et antihystériques. Ils font partie du vinaigre des quatre voleurs (4). Les troisièmes sont dits apéritifs et diurétiques; ils servent à composer un sirop. On fait aussi avec leur pulpe Fig. 29. - Bulbe de Lis. des cataplasmes maturatifs.