‹ Éléments de botanique médicaleChapitre 58 sur 247 · QUINQUINAS · texte numérisé non relu

QUINQUINAS

La forme plate est d’une densité peu considérable, constituée parle liber seul ouparleliber etla tunique celluleuse, celle-ci se présentant généralement sous une forme demi-fongueuse et imparfaitement exfoliée. Faeeexterneinégale, anfractueuse, offrantsouvent des concavités ou sillons digitaux superficiels et séparés par des éminences irrégulières de texture subéreuse; beaucoup plus rarement lisse par la persistance de toute l’épaisseur delà tunique celluleuse; d’un orangé clair et grisâtre. Face interne à fibres assez marquées, de la même couleur que l’externe, mais d’une nuance plus vive. Fracture transversale fibro-filandrcuse dans toute son épaisseur ou plus ou moins subéreuse en dehors. Fracture longitudinale peu esquilleuse, à surface presque mate.

4U L’écorce de Quinquina ovale & si moins commune que les précédentes.

La forme roulée offre un exoderme très-variable, ressemblant tantôt à celui du Calisaya, quoique un peu moins épais, tantôt membraneux, et ne présentant que quelques rares scissu res annulaires, finement ridédans le sensde sa longueur, et variant, pour la couleur, du gris clair au brun foncé. Face externe du derme d’un brun fauveclair, lisse ou marqué de lignes déprimées correspondant aux scissu res de l’exoderme. Face interne d’un jaune rougeâtre, finement fibreuse. Fracture transversale un peu filandreuse en dedans; cercle résineux à peine marqué (Wedd.).

La forme plate est très-variée, et en général beaucoup moins dense que dansle Calisaya; consliluéequelquefois par leliberseul ou plus fréquemment encore par celui-ci et par une partie plus ou moins considérable de la tunique celluleuse. Face externe, tantôt lisse, marquée de quelques dépressions linéaires transversales, à surface entièrement celluleuse ; tantôt anfractueuse, et présentant souventdessillons digilauxàfond nettement fibreux, ou cachés en partie sous une couche de tissu d’aspect subéreux ou fongueux dont la desquamation n’a pas été complètement opérée, d’une couleur fauveplusou moins grisâtreou bien rougeâtre, offrant quelquefois des marbrures de nuances plus foncées, résultant du mode de préparation. Face in terne d’un jaune grisâtre mat ou orangé brillant, à texture finement fibreuse et àgrain parallèle. Fracture transversale plus ou moins subéreuse en dehors, fibro-filandrcuse en dedans, ou présentant sur toute sa surface ce dernier caractère. Fracture longitudinale peu esquilleuse. Couche périphérique d’une nuance moins claire que l’interne; chatoiement des fibres trèsmarqué dans quelques cas, d’autres fois presque nul.

C’est àMM. Pelletier et Caventou que l'on doit la connaissance

delà composition chimique des Quinquinas et l’admirable découverte du sulfate de quinine.

Les Quinquinas contiennent du kinate de quinine, du kinate de cinchonine, du kinate de chaux, du rouge cinchonique soluble, une matière colorante jaune, une matière grasse verte, de l’amidon et du ligneux. Dans certains, on trouve de plus de lagomme, de l’aricine, de la quinidine.

Suivant M. Pasteur, la quinidine présente deux alcaloïdes, la quinidine proprement dite et la cinchonidine.

4° Propriétés et usages. — L’odeur des écorces des Quinquinas est généralement peu prononcée. Celle du Calisaya, quand elle est faible, rappelle un peu l’écorce du Sureau. La saveur des Quinquinas est plus ou moins amère. Elle se développe peu à peu à la mastication, ou bien arrive avec rapidité. Elle est tantôt un peu piquante, tantôt douée d’une astringence assezmarquée. Dans le Quinquina La Condamine, cette astringence laisse dans la bouche un goût douceâtre. Dans le Quinquina ovale elle donne une sensation styptique.

Les propriétés des Quinquinas sont toniques, fébrifuges et antipériodiques. Dans l’Amérique du Sud, on croit que les écorces orangées sont les plus actives, et que la dégradation de cette couleur jusqu’au blanc sert à établir les qualités inférieures. 11 n’y a rien d’absolu dans cette appréciation. 11 est vrai, seulement, d’une manière générale, que,dans unequalité donnée, les échantillons pâles étant pris surdes rameaux plus ou moinsjeunes, lesprincipes fébrifuges n’y sont pas aussi développés que dans les écorces âgées et colorées.

On administre les Quinquinas en poudre, en tablettes, en décoction, en vin, en extrait, en sirop, en teinture alcoolique, en lavements, en cérat, en cataplasmes... On emploie surtout le sulfate de quinine et accessoirement le sulfate de cinchonine. On donne le sulfate de quinine en pilules, en pastilles, en vin, en sirop, en teinture, en pommade... Quelques médecins ont essayé les nitrate, acétate, valérianate et lactate de quinine.

5° Autres espèces. — On a mis en usage beaucoup d’autres écorces de Quinquinas. MM. Delondre et Bouchardat en reconnaissent vingt-deuxespèces qu’ilsontgroupéesd’après leurpavs natal, sans se préoccuper des végétaux qui les produisent. Ils distinguent les Quinquinas : 1° de la Bolivie, 2° du Pérou, 3° de Y Équateur,

ECORCES. — QUINQUINAS

4° de la Nouvelle-Grenade, o° des côtes d’Afrique. Cette classification est trop vague pour être admise par les naturalistes.

Parmi les Cinchona du commerce, je signalerai :

1° Le Cinchona scrobiculata de Kunlh, qui fournit le Quinquina de Loxa brun compacte, le Quinquina de Loxa rouge marron, et le Quinquina de Loxa rouge fibreux du roi d’ Espagne.

2° Le Cinchona macrocalyx de Pavon, qui fournit le Quinquina de Loxa jaune fibreux.

3° Le Cinchona ylandulifera de Ruiz et Pavon, qui fournit le Quinquina rugueux de Lima.

4° Le Cinchona nilida de Ruiz et Pavon, qui fournit le Quinquina rouge officinal , le Quinquina rouge de Lima, le Quinquina rouge vrai verruqueux et le Quinquina rouge vrai non verruqueux.

5° Le Cinchona lancifolia de Mutis, qui fournit le Quinquina orangé ou de Cartliagène spongieux.

0° Le Cinchona ferruginea de Saint-Hilaire, qui fournit le Quinquina da Serra (1) du Brésil.

6° Succédanés des Quinquinas. — Les Quinquinas sont, jusqu’à présent, les fébrifuges les plus puissants que l’expérience ait fait connaître. Cependant on a cru trouver, dans certains végétaux, des succédanés de cette précieuse écorce.

On apréconisé d’abord plusieurs ccorces indigènes, par exemple, celles de Chêne, d 'Orme, de Frêne, de Tulipier, de Cerisier, de Marronnier cl’ Inde... ; on a indiqué aussi les racines, les sommités, les feuilles, les fleurs ou les produits plus ou moins amers d’un assez grand nombre de plantes...

Parmi les végétaux exotiques, je signalerai :

* Rubiacées.

1° V Exostemme des Antilles (2), arbuste qui donne le Quinquina Caraïbe.

2° L' Exostemme multiflore (3), arbre de Saint-Domingue, qui donne le Quinquina Piton (4).

(1) Ou Quina do Remijo.

(2) Exostemma Caribœum Rœm. et Schult. ( Cinchona Caribœa Jacq.).

(3) Exostemma floribundum Rœm et Schult. ( Cinchona floribunda Swartz).

(4) Appelée aussi Quinquina de Sainte-Lucie, Quinquina de Saint-Domingue .

3° L’ Exostemme du Pérou (1), qui donne le Quinquina du Pérou. 4° L’ Exostemme de Souza (2), du Brésil, qui donne le Quinquina de Piauhi.

5° Le Malani en grappe (3), grand arbre qui croît à la Guadeloupe, et qui donne le Quinquina bicolore ou Pitaya.

** Familles diverses.

6° Le Copalchi ou Croton faux quina (4), Euphorbiacée de Cuba, qui oflYe une saveur amère et térébintbacée.

7° Le Cestreau faux quina '5', aussi du Brésil.

8° L 'Esenbeckie fébrifuge (6), liutacée du Brésil.

9° Le Mahogon fébrifuge (7), arbre des Indes orientales, de la famille des Méliacées.

10° La Morelle faux quina (8), arbuste brésilien de la famille des Solanées, qui donne le Quinquina de Saint-Paul.

11° La Soymide fébrifuge, Diptérocarpée des Indes orientales (9).

12° La Ticorée fébrifuge, Rutacée du Brésil (10).

13° Le Vomiquier faux quina (11), arbre brésilien de la famille des Loganiacées, qui donne le Quinquina do campo (12).

§ II. — Écorces «le Cannelle.

1° Plante. — Le Cannellier (13) est un arbre de la famille des Laurinées. On le trouve dans l’île de Cevlan. On le cultive à l’île de France, aux Antilles, à Cayenne...

(1) Exostemma Peruvianum Kunth.

(2) Exostemma Souzanum Mart.

(3) Malanea racemosa L’Hérit.

(4) Croton Pseudo-china Schiede, vulgairement Copalche, écorce de Copalche roulée,

(5) Cestrum Pseudoquina Mart , vulgairement Quina do mato.

(6^ Esenbeckia febrifuga Mart. ( Eoodia febrifuga Saint-Hi 1 .), vulgairement Très folhas vermelhas, Larangeira do mato.

(7) Swietenia febrifuga Roxb.

(8) Solarium Pseudoquina Sainl-Hil.

(9) Soymida febrifuga A. Juss.

(10) Ticorea febrifuga Saint-Hilo, vulgairement Quina , Très folhas brancas.

fil) Slrychnos Pseudoquina Saint-Hil. ( Goniostoma febrifugum Spreng.).

(12) Appelé aussi Quina de Mandanha .

(13) Cinnamomum Zeyhnicum Breyn. ( Laurus Cinnamomum Linn.), vulgairement Cannelle de Ceylan.

ÉCORCES

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