BOIS. — SASSAFRAS
§ « . — Elois «le Sassafras.
1° Plante. — Le Sassafras officinal appartient à la famille des Laurinées ; e’était autrefois un Laurier. On en a fait un genre séparé (I). Il est originaire de la Virginie, de la Caroline et de la Floride. On peut le cultiver en pleine terre sous le climat de Paris.
Description. — Grand arbre offrant le port d’un Érable. Ramuscules pubescents. Feuilles alternes, pëtiolées, grandes, ovales et entières ou presque cordiformes et 2 à 3-lobées, un peu pointues, pubescentes, d’un vert pâle en dessus, blanchâtres en dessous. Inflorescence en petites panicules. Fleurs jaunâtres, dioïques. Mâles : Calice à 5 sépales étalés, oblongs, obtus, pubescents extérieurement; étamines au nombre de 6, dressées; 3 opposées et fertiles, ù filet subulé poilu à la base ; 3 intérieures stériles, un peu plus grandes, offrant à leur base deux appendices globuleux stipités ; anthères comme quadrilatères ; pistil rudimentaire. Femelle : Calice comme dans la fleur mâle ; 6 étamines avortées, très-courtes ; ovaire ovoïde, surmonté d’un style canaliculé d’un côté ; stigmate légèrement concave et glanduleux. Fruit (drupe) entouré par le calice, de la grosseur d’un pois, ovoïde, violet.
2° Bois (2). — On emploie la racine, l’écorce et le bois. La racine est grosse comme la cuisse ou comme le bras et fourchue. L’écorce est épaisse, cendrée extérieurement, rougeâtre tirant sur le fer en dedans. Le bois est léger, spongieux, et de couleur d’un blanc jaunâtre plus ou moins roux ; il ressemble un peu à celui du Noyer. On râpe le Sassafras avant de s’en servir.
3° Propbiétés et usages. — Le Sassafras est aromatique et agréable. Son odeur approche un peu de celle du fenouil. Elle est plus marquée dans l’écorce que dans le bois. Le Sassafras indigène est moins aromatique que celui de l’Amérique, et même sans odeur. Saveur un peu piquante. C’est un des quatre bois sudorifiques. On l’emploie fréquemment dans les maladies de la peau, dans les affections syphilitiques constitutionnelles, les rhumatismes, la goutte, les flueurs blanches.
On l’administre en infusion. On l’unit souvent aux autres sudorifiques. On en relire une essence.
4° Bois analogues. — On a confondu et l’on confond encore quelquefois avec le Sassafras les deux bois suivants :
( J ) Sassafras officinarum Nees [Laurus Sassafras Linn.), vulgairement Pauame , Laurier des Iroquois. — (2) O flic in., Sassafras radix, Sassafras lignum.
1° Le bois de V Orénoque {[). — Plus dur, d'un gris verdâtre. Odeur mixte de Sassafras et d’anis.
2° Le bois de Naghas (2). — Extrêmement dur, d’un brun noirâtre. Odeur de Sassafras très-forte, sentant un peu l’anis.
§ TI. — Dois de Uaro.
1° Plante. — Sous le nom impropre de bois d’Aloès, on a désigné et l’on désigne encore des bois qui n’ont aucun rapport avec la Liliacée dont la thérapeulique retire un suc très-estimé. Ces bois sont fournis par des plantes de familles foit différentes. Un des principaux est celui de Garo , donné par une Aquilarinée, le Garo de Malacca (3).
Description. — Arbre élevé. Rameaux à écorce gercée, d’un gris roussâtre, velus à leur extrémité. Feuilles alternes, pétiolées ovales-lancéolées, fortement acuminées, entières, glabres, ciliées, d’un beau veit; les plus jeunes \elues. Fleurs petites. Calice? gamosépale, à 5 lobes étalés, ovales, pointus, offrant à leur base interne deux petites écailles. Etamines au nombre de 10, courtes, attachées au calice. Ovaire supérieur, ovoïde, à stigmate sessile, petit, simple. Capsule turbinée ou pyriforme, biloculaire. Graines solitaires, petites, ovoïdes, pointues, noires.
2° Bois (4). — Ce bois est grisâtre, tirant un peu sur le jaune; il noircit avec le temps. Sa pesanteur spécifique est tantôt plus grande, tantôt plus légère que l’eau. Sa coupe transversale présente une surface lisse, résineuse, parsemée de petits points blancs. Son intérieur offre ç;ï et là des excavations remplies d’une résine rougeâtre.
3° Propriétés et usages. — Son odeur ressemble à celle de la résine animé. Sa saveur est amère et aromatique.
On brûle ce bois, surtout en le râpant sur des charbons ardents ; il en résulte un parfum délicieux qui rappelle un peu celui du benjoin. Dans l’Inde, on le paye très-cher et on le brûle dans des cassolettes.
(1) Ocoea Pichurim Kunth ( Laurus Pichurim Berg.), vulgairement Laurel, Bois de Sassafras de l' Orénoque, Bois d’anis.
(2) Ocolea cymbarum Kunth, vulgairement Bois de'Naghas sentant l’anis (Boutron- Charlard), Bois à odeur de Sassafras (Guib.).
(3) Aquilaria Malaccensis Lam. — Probablement on emploie aussi 1 Aquilaria Agallocha Roxb., ei l’ Aquilaria secundaria LC.
(4) Thim ou Thim-hio et Sock ou Soo des Chinois, Gatso de Rumphius, Pao de aguila des Portugais. Bois it’aigle de Sonnerai, lignum Alo s, lignum aquilce dans les officines, Bois d’Aloès ordinaire du commerce (Guib.).