THÉ
téralions spontanées, et conserve ainsi le plus possible aux feuilles leur coloration naturelle. On produit les Thés noirs par une dessiccation lente, qui permet aux feuilles une macération qui modifie leur couleur et affaiblit leurs propriétés.
Il existe, en Chine, des districts à Thé vert et des districts à Thé noir, distinctions fondées principalement sur les habitudes loj cales de la fabricalion.
Parmi les Thés verts, on peut citer :
1° Le Thé poudre ci canon, à feuilles jeunes, ou bien coupées en trois ou quatre morceaux, roulées finement de manière à ressembler à des grains de poudre. Odeur très-agréable.
2° Le Thé perlé ( I), à feuilles jeunes et minces, roulées d’abord dans le sens de la longueur, puis repliées dans celui de la largeur, ce qui lui donne une forme ramassée un peu globuleuse; d’une teinte brune. Odeur très-agréable.
3° Le Thé Haysswen (2), à feuilles grandes loulées dans le sens de la longueur, d’une teinte vert sombre bleuâtre. Odeur agréable et saveur astringente. C’est un des meilleurs et un de ceux qu’on emploie le plus généralement en France.
Le Thé jeune Tlyson, produit par des feuilles très-jeunes, rare et d’un haut prix. On l’offre en cadeau aux personnes éminentes de l’empire chinois.
4° Le Thé Chulan (3), à feuilles pliées dans le sens de la lon- | gueur. Odeur très-suave; il est aromatisé artificiellement.
Parmi les Thés noirs, nous avons :
t°Le ThéPeko( 4), à feuilles très-jeunes, recouvertes de duvet. D’une odeur forte et suave.
2° Le Thé Souchon (5), à feuilles un peu moins jeunes, lâchement roulées dans le sens de la longueur, d’un brun noirâtre. D’une odeur et d’une saveur faibles.
4° Propriétés et usages. — Le Thé fournit une boisson plus ou moinsaromatiqueet plus ou moi ns astringente. Les plaques de cuiü vre ne sont pour rien, comme on l’a dit, dans la saveur des Thés verts.
Le Thé est souvent conseillé comme médicament. Il est très- ■ utile surtout aux personnes qui n’en boivent pas habituellement. Ses propriétés sont légèrement stimulantes. 11 acliveladigestion, anime la circulation, favorise les sueurs et provoque les urines; il agit aussi sur le système nerveux et sur les facultés intellectuelles.
On administrele 27«?en infusion. Onmélange souvent, en France,
(1) Ou impérial. — (2) Ou Hiswin , ou Hyson. — (3) Ou Schulang , ou Thréhulan. — (4) Ou Pekao. — (5) Ou Saoulchon , ou Souchong , ou Douy.
les Thés verts elles Thés noirs, afin d’éviter l’excitation trop grande produite parlespremiers et pour obtenir un arôme mixte généralement plus agréable. On ajoute quelquefois, à l’infusion, une liqueur alcoolique, principalement du rhum ou de l’eau-de-vie.
On augmente frauduleusement la teinte verte de certains Thés au moyen de l’indigooudu bleu dePrusse et du jaune de Curcuma (Warington). On colore aussi plusieurs Thés noirs avec de la plombagine (Payen).
5° Succédanés du Thé. — Parmi les succédanés du Thé, je citerai seulement :
1° Le Camara faux Thé (I), Verbénacée employée au Brésil, dans la province de Minas-Geraës, dont les feuilles ont une odeur très-aromatique.
2° I.e Boux apalachine, ou Thé des Apalarhes (2), Ilicinée des lieux humides et ombragés de la floride, de la Caroline et de la Virginie, dont les feuilles passent pour toniques, diaphoniques et diurétiques.
3° Le Maté, ou Thé du Paraguay (31, de la même famille, dont on fait un grand usage dans toute l’Amérique méridionale.
Ln Europe, on emploie quelquefois, enguise de Thé, les feuilles de la Ronce du Nord (4), de la Dryade à huit pétales (3), du Cerisier Mahaleb (6)
§ II. — Du Tabac.
1° Plante. — La Nicotiane ordinaire (7) est une plante herbacée, de la famille des Solanées. Elle est originaire de l’Amérique. On la cultive en grand dans diverses parties de la France, particulièrement dans le Bas-Rhin et dans le Lot-et-Garonne.
Histoire. — Lorsque les Espagnols arrivèrent dans le nouveau monde, ils remarquèrent que les Indiens respiraient la fumée de certaines feuilles, et que ces mêmes feuilles étaient administrées
(1) Lanlana Pseudo-Thea Saint-Hil., vulgairement Capitao do mato, cha de péri reste.
(2) Ilex vomitoriaA.il.
(3) Ilex Paraguayensis Lamb. On lui substitue quelquefois le Cassine Gouguba de Martius, qui possédé des propriétés analogues.
(4) Jtubus arcticus Linn.
(5) Dryas nctopetaia Linu. [Geum chamædrifolium Crantz).
(6) Cerasus Mahaleb Mil) . ( Prunus Mahaleb Linn., P. odoratus Lam.), vulgairement Quénot, Malagué, Arbre de Sainte-Lucie.
(7) Nicotiana Tabacum Linn., vulgairement Petun, Tabaco , Herbe angoulmoisine, AJédicée, Catherinaire, Herbe à la reine , Herbe du grand prieur, Nicotiane, Tabac mâle.