‹ Éléments de botanique médicaleChapitre 81 sur 247 · FEUILLES. — CIGUË · texte numérisé non relu

FEUILLES. — CIGUË

que nul. Pétales étalés, sessiles, obcordiformes, un peu inégaux. Etamines à peine plus longues que les pétales, portant des anthères assez grosses, blanchâtres. Fruit ovoïde, comprimé, presque didvme, marqué sur chaque carpelle de 5 côtes primaires saillantes et ondulées.

2° Feuilles. — Les feuilles sont alternes, très-grandes, tripinnées, à folioles allongées, pointues, profondément dentées, un peu luisantes, d’un vert sombre ; les inférieures sont pinnatifides et presque pinnées, glabres, quelquefois maculées.

La poudre préparée avec ces feuilles est d’un gris un peu verdâtre.

Ces feuilles contiennent un alcaloïde très-actif, désigné sous le nom de conicine (1) (Berz.). C’est un liquide huileux, plus léger que l’eau, jaunâtre. 11 est très-altérable à l’air et se colore en brun en passant par les nuances les plus belles et les plus variées; il se dissout entièrement dans l’alcool et dans l’étber.

3° Propriétés et usages. — Odeur herbacée, vireuse et fétide, qui augmente quand on froisse les feuilles entre les doigts. La conicine offre une odeur forte et pénétrante, qui rappelle à la fois celles de la Ciguë, du tabac et de la souris. Sa saveur est très-âcre et corrosive.

On conseillait anciennement la Ciguë contre les affections cancéreuses, le rhumatisme et même la goutte. On s’en sert aujourd’hui dans les engorgements des viscères abdominaux, dans les scrofules, dans la coqueluche, et surtout dans les affections nerveuses. La conicine a été vantée contre la coqueluche.

On administre la Ciguë en poudre, en teinture, en extrait, en huile médicinale. On en prépare aussi un emplâtre, un cataplasme et une pommade; on compose encore un baume de conicine (2).

4° Ombeluifères analogues. — Il existe deux Ombellifères trèsvoisines de la Ciguë maculée, qui jouissent des mêmes propriétés : c’est la petite Ciguë (3) et la Ciguë vireuse (4).

Dans la Ciguë maculée, la graine est creusée à sa face commissurale d’un canal ousillon profond dans lequel s’enfoncele péricarpe; dans les deux autres espèces, la graine esi plane ou convexe à la même face. La petite Ciguë offre un limbe calicinal presque nul; son fruit donne une coupe horizontale à peu prèsorbiculaire,etses carpelles ont 5 côtes saillantes carénées. La Ciguë vireuse présente un limbe calicinal à dents larges et membraneuses; son fruit donne une coupe oblongue, et ses carpelles ont des côtes aplanies.

§ XII. — Feuilles de Laurier-cerise.

1° Plante. — Le Laurier-cerise (5) appartient à la famille des Amygdalées; il est originaire de la mer Noire; on le cultive en France.

(1) Conin , Brandes; cicutine, Geiger et Giesecke ; conéine de quelques chimistes. — (2) Yoy. le chap. des Fruits. — (3) Ætkusa Cynapium Linu., vulgairement Ciguë des jardins, faux Persil, Persil des fous. — (4) Cicutaria aquatica Lam. [Cicuta virosa Linn.), vulgairement Cicutaire aquatique , Ciguë des marais. — (5) Cerasus Lauro-cerasus Lois. ( Prunus Lauro-cerasus Linn.), vulgairement Laurier-amande, Laurier à lait, Laurine.

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