‹ Éléments de botanique médicaleChapitre 82 sur 247 · FEUILLES. — LAURIER-CERISE · texte numérisé non relu

FEUILLES. — LAURIER-CERISE

Description (fi g. 59). — Arbrisseau non épineux. Branches étalées, d’un brun cendré. Inflorescence axillaire, en grappes lâches. Fleurs pédicellées, d’un blanc sale, d’une odeur d’amandes amères. Calice urcéolé. Style plus long que la corolle. Fruit [drupe) de médiocre grosseur, ovoïde, terminé par le style

Fig. 59. — Laurier-cerise.

persistant, pourvu d’un sillon longitudinal, à peine marqué, qui le divise en deux parties, glabre, d’un pourpre noir, succulent; noyau presque globuleux, très-lisse.

2° Feuilles. — Persistantes, alternes, brièvement pétiolées, ovales, lancéolées, acuminées, denticulées sur les bords, glabres, luisantes, d’un vert pâle, coriaces. Les denticules sont couchées et très-écartées, surtout vers la base; le bord est un peu réfléchi en dessous. Vers la base de ces feuilles, inférieurement, le long

de l’axe, on observe deux ou plusieurs glandules ovoïdes, enfoncées, lubrifiées d’une humeur particulière.

Ces feuilles fournissent à la distillation une huile volatile vénéneuse. La quantité d’essence qu’on en retire varie aux différentes époques de l’année. On s’est assuré qu’au printemps elles n’en donnent presque pas (Garot), et qu’elles en produisaient le maximum au mois de juin (Soubeiran).

3° Propriétés et usages. — Les feuilles de Laurier-cerise exhalent, par le froissement, une odeur d'amandes amères. Elles sont souvent employées pour donner du goût au lait et aux crèmes ; mais il faut s’en méfier.

On les a conseillées dans les affections nerveuses, dans les catarrhes pulmonaires chroniques, dans les brûlures et contre le cancer. C’est un antispasmodique efficace et agréable; mais ce remède est dangereux, et l’on doit l’employer avec prudence.

On les administre en eau distillée, en infusion, en teinture, en cérat et en pommade.

§ XIII. - Feuilles «le Chicorée-

1° Plante. — La Chicorée sauvage (I) est une plante herbacée indigène, de la famille des Composées, tribu des Chicoracées ; elle croît sur les bords des chemins.

Description. — Tige haute de 5 à 12 décimètres, dressée, ferme, cylindrique, anguleuse, pubescente, rude inférieurement, à branches étalées peu feuillées, presque nues. Capitules presque axillaires, sessiles, grands, les inférieurs longuement pédonculés, à pédoncule renflé. Bractées sur deux rangs; les extérieures courtes, dressées, ovales ou lancéolées, ciliées, offrant à la base un épaississement induré, blanchâtre; les intérieures soudées à la base, étalées, réfléchies à la maturité. Fleurs ( demi-fleurons ) bleues. Réceptacle dépourvu de paillettes. Fruits ( achaines ) tétragones, comprimés, surmontés d’une aigrette très-courte, composée de soies nombreuses disposées sur deux rangs, paléiformes, obtuses, membraneuses.

2° Feuilles. — Sinuées, dentées, un peu velues sur les nervures. Les inférieures oblongues, profondément découpées, avec un lobe terminal élargi et presque triangulaire; les supérieures sessiles, lancéolées.

Ces feuilles contiennent de l’extractif, de la chlorophylle, de l’albumine, du sucre, du nitrate de potasse et d’autres sels.

(1) Cichorium Intybus Linn.

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