BOUTONS. — GIROFLES
jours vert. Tronc droit. Rameaux opposés, ouverts, grêles, faibles, glabres, grisâtres. Feuilles opposées, longuement pétiolées, ovales-lancéolées, acuminées, entières, lisses, glabres, coriaces, très-finement ponctuées, avec des nervures latérales très-grêles 1 et presque parallèles; leur pétiole est articulé et un peu renflé à la base. Inflorescence en cymes ou corymbes terminaux et trichotomes, à ramifications articulées. Fleurs roses, d’une odeur très-agréable. Calice allongé, infundibuliforme, rugueux, d’un rouge de sang, avec un limbe à 4 dents ovales, aiguës et épaisses. Corolle à 4 pétales sessiles, un peu concaves. Étamihes insérées sur un anneau charnu tétragone, nombreuses, disposées en 4 phalanges. Ovaire allongé, biloculaire, adhérent au calice; style simple; stigmate petit, capitulé. Fruits ovoïdes, presque secs, couronnés par les dents calicinales, très-aromatiques.
2° Boutons (1). — Les Girofles ou Géroflcs sont les boutons du Giroflier. Ils ressemblent à de petits clous ; c’est pour cela qu’on les appelle souvent clous de Girofle. Ils sont composés de deux parties : une étroite (queue), qui est le tube du calice soudé avec l’ovaire, et une globuleuse (télé, fust), qui est le limbe du calice surmonté des pétales, en estivation, recouvrant les organes sexuels. Cette petite tête se détache souvent pendant le transport ou par le frottement, et il ne reste que la partie grêle et les dents calicinales.
On récolte les Girofles, soit avec la main, les uns après les autres, soit en les frappant avec de longs roseaux et les faisant tomber sur des toiles. On les fait sécher simplement au soleil. On assure que les Hollandais passent à la fumée les Girofles des Moluques ; mais cela n’est pas certain.
Les bons Girofles doivent être bien nourris, lourds, gras, faciles à casser, d’une couleur plus ou moins brune, et garnis autant que possible de leur partie renflée. Lefir queue est allongée, tétragone et ridée. Leur tête est composée d’une partie globuleuse placée sur une étoile à 4 pointes.
On distingue, dans le commerce, trois principales sortes de Girofles : 1° le Girofle des Moluques (2), qui est gros, obtus, d’un brun clair, comme cendré, et à surface un peu huileuse; 2° le Girofle de Bourbon , qui est plus petit et qui olfre à peu près les mêmes caractères; 3° le Girofle de Cayenne, qui est grêle, aigu, sec et noirâtre. Ce dernier est le moins aromatique et le moins estimé.
On trouve dans le Girofle un principe désigné sous le nom de
(1) Oflicin., Canjophylli aromatici, Carunfel, vulgairement Clous-matrices., Mères des fruits, Anthofles.
(2) Vulgairement Girofle anglais.
caryophylline , une essence, du tannin, de la gomme, de la résine et de l’extractif' (Trommsdorf).
La caryophylline est une matière résineuse, brillante, satinée, qui cristallise en aiguilles rayonnées très-fines (Lodiberl); elle est insoluble dans l’eau, mais soluble dans l’alcool et dans l’éther; elle paraît isomérique avec le camphre.
3° Propriétés et usages. — Les Girofles ont une odeur aromatique piquante, et une saveur âcre, chaude, brûlante et un peu amère.
Ces boutons sont très-recherchés et très-usités comme aromates et comme condiment. On en retire une huile essentielle dont je parlerai plus loin (1).
On emploie peu les Girofles tout seuls comme médicaments. Leurs propriétés sont toniques, cordiales, excitantes.
On les administre en eau distillée, en vin, en teinture alcoolique et en poudre avec du sucre pulvérisé; ils font partie du laudanum de Sydenham et de l’eau de Botot.
§ il. — Oes Câpres.
1° Plante. — Le Câprier ordinaire (2) est un arbuste sarmenteux de la famille des Capparidées. On le croit originaire de l’Asie ou de l’Égypte. 11 est cultivé dans le midi de la France, particulièrement dans le bas Languedoc et dans la Provence. On le plante contre les murs en pierre sèche ou dans les champs rocailleux.
Description. — Tiges sous-frutescentes, étalées, cylindriques, glabres, rameuses, formant des touffes lâches et rampantes. Feuilles alternes, pétiolées, articulées, ovales-arrondies, obtuses ou acuminées, entières, offrant quelques poils courts, vertes et molles. Stipules épineuses, subulées, recourbées. Fleurs axillaires, solitaires, pédonculées, très-grandes, blanchâtres, d’une odeur très-suave. Calice à 4 sépales, disposés en croix, inégaux, concaves, en forme de nacelle, l’inférieur le plus gi and et comme bossu, les deux latéraux les plus petits. Corolle à 4 pétales ovales-arrondis : les 2 inférieurs très-irréguliers, onguiculés, offrant un appendice en forme de corne au-devant duquel paraît une fossette verte, couverte de poils fins, soyeux ; les 2 supérieurs un peu plus petits, dressés et déchiquetés sur les bords. Étamines attachées à un petit tubercule, très-nombreuses, très-longues, vio-
(1) Yoy. le chapitre îles Essences.
(2) Capparis spinosas Linn. (voy. p. 7 8).