‹ Éléments de botanique médicaleChapitre 93 sur 247 · FLEURS. — VIOLETTE · texte numérisé non relu

FLEURS. — VIOLETTE

mines nombreuses, dépassantun peulespétales.OvaireglobuIeux, velu,- style filiforme; stigmate presque capité, 5-lobé, à lobes plus ou moins étalés.

On emploie toute la petite grappe florale avec son pédoncule et sa bractée.

3° Propriétés et usages. — Ces fleurs ont une odeur suave. Leur saveur est douce et mucilagineuse.

Ellessont faiblement antispasmodiques, cal mantes et légèrement diaphoniques. On croyaitautrefois qu’elles étaient efficaces dans le traitement de l’épilepsie. C’est un remède populaire. Admedicum forumpertinent{ Murray).

On les administre en infusion ; on en prépare une eau distillée.

4° Succédanés. — On emploie avec le même avantage le Tilleul à larges feuilles (I). Cette espèce est moins élevée 63 Tilleul argenté.""'

que le Tilleul à petites

feuilles ; elle a des feuilles plus grandes, plus molles, pubescentes dans toute leur face inférieure. Ses fleurs sont plus grandes, solitaires ou réunies par deux ou trois; leur pédoncule commun adhère à la bractée dès la base, et les lobes stigmatiques sont dressés.

J’ai fait usage avec succès d’une autre espèce, le Tilleul argenté (2) (tig. 03), remarquable par ses feuilles tomenteuses et blanches en dessous, par ses fleurs plus grandes, plus colorées et plus odorantes, et par ses fruits ovoïdes.

§ V. — Fleurs de Violette.

1° Pi, ante. — La Violette odorante (3) appartient à la famille des Violariées. Elle croît dans les lieux ombragés; on la cultive dans les jardins.

Description. — Presque cespiteuse. Souche horizontale, de la

(1) Tilia platyphylla Scop. (T. cordata Mill., T. cordifolia Bess. T. grandifolia Ehrh.), vulgairement Tilleul de Hollande.

(2) Tilia argentea Hort. Par. (T. alba Wuldst. et Kit. , T. rotundifolia Vent., T. tomentosa Mœnch).

(3) Viola odorata Liuu., vulgairement Violette cultivée.

grosseur d’une plume à écrire, inégale, écailleuse, d’un blanc sale, produisant un grand nombre de radicelles chevelues. 11 en sort des stolons radicants, très-allongés. Tige nulle. Feuilles naissant par touffes, radicales ou portées par les stolons, longuement pétiolées (à pétioles pubescents), réniformes ou ovales-suborbiculaires, profondément cordiformes, obtuses, crénelées, légèrement pubescentes. Stipules ovales ou lancéolées, acuminées, entières, ciliées, minces. Fleurs solitaires, à pédoncules axillaires, grêles, réfléchis ausommet.Fruit(ca/MM/e)portéparun pédoncule couché et droit au sommet, subglobuleux, aune logeetà3 valves.

On en cultive à Paris une variété alpine sous le nom de Violette des quatre saisons.

2° Fleurs. — D’une belle couleur violette ou d’un bleu rougeâtre, rarement blanches. Calice à 5 sépales, dont la base se prolonge au-dessous du point d’attache. Corolle à 5 pétales irréguliers : les deux supérieurs redressés, les autres dirigés en bas; les deux latéraux barbus au-dessus de l’onglet ; l’inférieur, le plus grand, otlrant à sa base un éperon court et obtus. Etamines 5, presque sessiles, à filets très-courts, élargis, portant des anthères rapprochées, formant une espèce de dôme, surmontées d’une petite languette mince et pointue, jaune foncé. Les deux étamines qui regardent le pétale inférieur produisent chacune, du milieu de leur face externe, une corne plane et tranchante qui s’enfonce dans l’éperon. Ovaire globuleux; style recourbé en 'S, renflé supérieurement; stigmate très-petit, creux, avec un bec courbé.

On estime surtoutles / leurs quiparaissent au premier printemps.

On sépare les pétales du calice, on ôte leur onglet, et on les fait sécher rapidement dans une étuve ou dans un grenier aéré. On les enferme, pendant qu’ils sont encore chauds, dans des flacons bien secs qu’on ferme hermétiquement et qu’on met à l’abri de la lumière (Save).

3° Propriétés et usages. — Tout le monde connaît l’odeur fragrante des Violettes.

On regarde généralement ces fleurs comme adoucissantes et calmantes. Elles contiennent beaucoup de mucilage. On les a signalées aussi comme antispasmodiques. Elles sont très-utiles dans les inflammations des organes respiratoires.

On les administre, sèches ou fraîches, en infusion. On en compose aussi un sirop et une eau distillée.

4° Observation. — On substitue souvent, dans le commerce, à la Violette odorante, la Violette de chien (I), la Violette à long épe-

(1) Viola canina Linu. (V. Sylvestris Lam.).

FLEURS. — COUSSO.

ron (1) el la Violette tricolore (2), qui présentent peu d’odeur ou qui n’en ont pas du tout.

§ VI. — Fleurs «le Pêcher.

t° Plante. — Le Pêcher commun (3) appartient à la famille des Amygdalécs. 11 est originaire de la Perse; on le cultive aujourd’hui presque partout.

Description. — Arbre médiocrement élevé. Feuilles alternes, cllipliques-lancéolées, étroites, aiguës, dentées en scie, glabres, d’un vert glauque des deux côtés. Fleurs alternes, rapprochées les unes des autres à la partie supérieure des rameaux, sessiles. Fruit {drupe) globuleux, creusé d’une sorte de gouttière longitudinale d’un seul côté, pubescenl-velouté, d’un vert jaunâtre ou rougeâtre, ordinairement d’un rouge vif du côté développé au soleil, à chair épaisse, succulente et parfumée. Noyau ovoïde, pointu, très-rugueux, creusé de sillons irréguliers et d’anfractuosités profondes. Graine comprimée, amère.

2° Fleurs. — Naissant avant les feuilles, d’un rose vif. Calice à tube turbinéet à limbe élaléoffrant 5 divisions lancéolées. Corolle à pétales arrondis, entiers, brusquement onguiculés. Étamines environ 30, un peu plus courtes que les pétales; pistil unique, plus court que les étamines.

On récolte ces fleurs avant leur entier développement, et on les fait sécher à l’étuve.

3° Propriétés et usages. — Les fleurs du Pêcher présentent une vertu laxative très-douce. Cette vertu est moins active quand elles sont fraîches. On les emploie surtout pour les petits enfants.

On les administre en sirop.

On substitue quelquefois à ces fleurs celles de Y Amandier (4).

§ VII. — Fleurs «le Coutso.

1° Plante. — Le Coussotier ou Cossotier (5) appartient à la famille des Rosacées. 11 croîtsur les montagnes de l’Abyssinie, à environ 300 mètres d’élévation, lia été introduit en France d’abord par le docteur Brayer, et plus tard par M. Hochet d’Héricourt.

(1) Viola calcarata Linn.

(2) Violâ tricolor Linn. (voy. p. 38).

(3) Persica vulgaris Mill. {Amygdalus Persica Linn.).

(4) Amygdalus commuais Linn. (voy. les chapitres des Fmirrs et des Huiles).

{51 Brayera Abyssinien (Banlces:a Abyssinica Bruce, Hagenia Abyssinica Lam., Brayer a anthelmintliica Kunlh).

MOQ. -TAND.

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