LIV. I, CHAP. V, ACIDE HYPOPHOSPHOREUX
dans la dissolution un précipité blanc qui ne noircit pas par l’ébullition.
ACIDE HYPOPHOSPHOREUX
PhO,3HO
Ph02H5
224. Préparation. — On prépare l’acide hypophosphoreux en décomposant une dissolution d’hypophosphite de baryte par l’acide sulfurique, que l’on verse goutte à goutte jusqu’à précipitation complète. Pour obtenir l’acide cristallisé, après avoir séparé par fdtration le sulfate de baryte, on évapore la dissolution à une température qui ne doit pas dépasser 150°. Le liquide refroidi à 0° cristallise en une masse lamelleuse blanche. Les cristaux fondent à-f- 17°, 4 et le liquide reste facilement en surfusion (Thomsen). Quant à l’hypophosphite, on le produit en faisant bouillir du phosphore avec de la baryte ou mieux du sulfure de baryum :
4Ph + 5BaS -f 12HO = 5(Ba0.2H0,Ph0) + 3SH + PhH5.
225. Propriétés principales. — Comme le précédent, on ne peut lui enlever l’eau qu’il contient sans le décomposer; il donne comme lui, sous l’influence de la chaleur, de l’hydrogène phosphoré non spontanément inflammable et de l’acide phosphorique. 11 est très avide d’oxygène; aussi peut-il décomposer à chaud l’acide sulfurique, en produisant de l’acide sulfureux et du soufre. Il réduit également les dissolutions de beaucoup d’oxydes métalliques. Comme l’acide phosphoreux, il se transforme en hydrogène phosphoré PhH5 quand on l'introduit dans un appareil à hydrogène. Chauffé légèrement avec les sels de cuivre, il donne un précipité brunâtre dont la composition est représentée par la formule
Cu2II
d’après M. Wurtz, qui l’a découvert. Cet hydrure de cuivre n’a pas l’apparence métallique des hydrures de potassium, de sodium ou de palladium. D’après M. Berthelot, ce serait un composé complexe renfermant toujours un peu de phosphore et d’oxygène.
Cette réaction, quelle que soit la nature de ce composé, permet de distinguer facilement l’acide hypophosphoreux de l’acide phosphoreux.