LIV. I, CMP. Vin, BISULFURE D’IIYDBOCÈNE
correspondra à 2 volumes, si l’on suppose, comme nous l’avons admis jusqu’ici, que le symbole H corresponde toujours à 2 volumes.
On ne peut employer le potassiun dans cette analyse, parce que les métaux alcalins forment avec l’acide sulfhydrique des sulfhydrates de sulfure, de même que l’eau, en présence des métaux alcalins, donne naissance à des hydrates d’oxyde. On n’obtiendrait donc avec le potassium que la moitié de l’hydrogène contenu dans l’acide sulfhydrique. On a en effet :
2I1S + K = KS,HS + H.
Pour l’eau, la réaction analogue est représentée par la formule :
2IIO + K = KO, HO + H.
525. État naturel. — On le trouve dans certaines eaux minérales, quelquefois libre, mais ordinairement à l’état de sulfure de sodium, comme dans les eaux des Pyrénées (Cauterets, Luchon, Barèges, etc.), qui doivent à ce corps leurs propriétés médicinales. Il se produit constamment dans les eaux chargées de sulfates qui sont réduits en sulfures par le contact prolongé des matières organiques. L’acide carbonique de l’air en dégage alors le gaz sulfhydrique.
Les fosses d’aisances en laissent dégager de très notables quantités dans l’atmosphère ; il provient alors de la décomposition des matières sulfurées et azotées qui y sont contenues; aussi est-il toujours combiné dans ce cas à l’ammoniaque, avec laquelle il forme un sulfhydrate volatil aussi dangereux que le gaz sulfhydrique lui-même : c’est \e plomb, qui frappe souvent d’asphyxie les ouvriers vidangeurs. On sait les effets que produisent ces émanations sur les métaux tels que l’argent et le cuivre, et sur les peintures à base de plomb : tous ces corps sont rapidement noircis. Cet effet est dû à l’acide sulfhydrique, qui a la propriété de former, avec beaucoup de métaux ou de composés métalliques, des sulfures noirs.
On peut facilement détruire le sulfhydrate d’ammoniaque contenu dans les fosses d’aisances et en rendre la vidange moins dangereuse pour les ouvriers et moins désagréable pour le voisinage. Il suffit d’y verser une quantité convenable d’une dissolution de sulfate de fer en cristaux. L’acide sulfhydrique et l’oxyde de fer se combinent et donnent naissance à du sulfure de fer insoluble et à de l’eau qui s’unit à l’ammoniaque et à l’acide sulfurique pour former du sulfate d’ammoniaque :
2Fe0,S206 + 2(AzII4S) = 2AzII40,S206 + 2FeS.
Il est bien entendu qu’on peut remplacer le sel de fer par d’autres sels métalliques ; nous n’avons pris cet exemple que parce qu’il est toujours facile de se procurer partout du sulfate de fer à très bon marché.
BISULFURE D’HYDROGÈNE HS2 = 33.
526. Préparation. — On verse goutte à goutte une dissolution de bisulfure de calcium dans de l’acide chlorhydrique étendu d’eau. Il se produit du chlorure de calcium et du bisulfure d’hydrogène, matière huileuse qui se rassemble bientôt au fond du vase :
CaS2 + HCl.= CaCl + HS2.
Pour séparer facilement le bisulfure d’hydrogène, on opère dans un entonnoir à robinet. Lorsque le liquide huileux s’est rassemblé à la partie inférieure de l’entonnoir, on le fait écouler, en ouvrant avec précaution le robinet.
Si le sulfure alcalin contient plus de soufre, l’excès de soufre se dissout dans le bisulfure d’hydrogène formé.
Le bisulfure de calcium s’obtient en faisant bouillir une partie de soufre en fleur et autant de chaux éteinte dans 5 parties d’eau.
527. Propriétés physiques. — Liquide jaunâtre, d’une consistance variable avec la quantité de soufre qu’il tient en dissolution. Son odeur est particulière et désagréable ; elle agit vivement sur les yeux; ne se solidifie pas à — 20°; se décompose rapidement vers 60 ou 70° en acide sulfhydrique et en soufre. Cet effet se produit lentement à la température ordinaire : on utilise cette propriété pour obtenir l’hydrogène sulfuré liquide (521).
528. Propriétés chimiques. — Il est nécessairement combustible; il possède, comme l’eau oxygénée, la singulière propriété de se décomposer au contact de certains corps, parmi lesquels nous trouvons le charbon et les métaux précieux ; il se dégage alors de l'acide sulfhydrique, et il se dépose du soufre.
Beaucoup d’oxydes, et notamment la potasse et la soude, produisent le même effet. L’oxyde d’or et l’oxyde d’argent sont réduits avec incandescence quand c ,rerse sur eux, goutte à goutte, du bisulfure d’hydrogène; il se produi. iors de l’eau et du soufre.