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LIV. I, CIIAP. X, ACIDE CHLORHYDRIQUE

impuretés dont on devra le débarrasser, si l’on veut s’en servir comme réactif dans les laboratoires. On y trouve, en effet :

1° Les sels de l’eau ordinaire qui a servi à dissoudre le gaz ;

2° Un peu d’acide sulfureux, provenant de l’action de l’acide sulfurique sur les vases de fonte ou de plomb à une température élevée et sur la petite quantité de matières organiques contenues dans le sel;

3° Un peu de chlorure de fer provenant de l’action de l’acide chlorhydrique gazeux sur les cuvettes de fonte ou sur l’oxyde de fer contenu dans les briques des fours ;

4° De l’acide sulfurique entraîné mécaniquement ;

5° Du chlorure d’arsenic, si l’acide sulfurique employé contenait de l’acide arsénique ou arsénieux;

6° De l’acide sélénieux ;

7° Des matières organiques provenant du goudron et des huiles employées pour le lutage des appareils.

L’acide sulfurique se reconnaît en versant dans l’acide étendu une dissolution de chlorure de baryum qui donne naissance à un précipité insoluble de sulfate de baryte. Si l’acide contient de l’acide sulfureux, on le reconnaîtra en faisant passer quelques bulles de chlore dans l’acide préalablement dépouillé de son acide sulfurique par le chlorure de baryum; il se formera de nouveau de l’acide sulfurique, que l’on précipitera par ce même chlorure. L’arsenic peut être mis en évidence au moyen d’un courant d’acide sulfhydrique, qui détermine un précipité jaune de sulfure d’arsenic dans l’acide étendu. On reconnaîtra le fer en saturant l’acide par de l’ammoniaque et ajoutant un peu de sulfhydrate d’ammoniaque qui détermine un précipité noir de sulfure de fer. L’acide sélénieux se reconnaît par l’acide sulfureux, comme pour l’acide sulfurique sélénié : il se forme à la longue et à chaud un dépôt de sélénium rouge (292).

597. Purification . — On ajoute une petite quantité de bioxyde de manganèse à l’acide du commerce, pour donner du chlore qui fait passer l’acide sulfureux à l’état d’acide sulfurique et détruit les matières organiques contenues dans l’acide. On décante l’acide au bout d’un jour, et on chauffe légèrement la liqueur, de manière à chasser l’excès de chlore. On ajoute alors du sulfure de baryum, qui donne à la fois la baryte nécessaire à la précipitation de l’acide sulfurique et l’acide sulfhydrique nécessaire à la séparation de l’arsenic. L’acide, décanté de nouveau, est distillé ; seulement, on fait suivre le récipient d’un Hacôn de Woolf contenant de l’eau, afin de recueillir le gaz chlorhy-

CHIMIE INORGANIQUE

drique qui se dégage de l’acide concentré quand on le chauffe. Le chlorure de fer, fixe, à cette température peu élevée, reste dans la cornue. »

On peut d’ailleurs préparer directement une dissolution concentrée d’acide chlorhydrique pur, en faisant arriver dans de l’eau refroidie par de la glace le gaz provenant de la réaction du sel marin et de l’acide sulfurique préparé avec du soufre, et exempt par conséquent d’arsenic. Si l’on n’avait à sa disposition que de l’acide sulfurique arsenical, on y ajouterait tout d’abord une petite quantité de sel marin; le gaz chlorhydrique, en se dégageant, entraînerait l’arsenic à l’état de chlorure volatil, et en ajoutant à ce sulfate de soude, très acide, ainsi obtenu, du sel marin fondu, on obtiendrait du gaz chlorhydrique parfaitement pur.

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