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HI + O = HO

La même réaction se produit lentement sous l’action de la lumière solaire ; elle devient rapidement complète lorsqu’on porte la température du mélange à 500° (Berthelot).

La dissolution de l’acide iodhvdrique ne peut se conserver au contact de l’air; elle brunit fortement, parce que l’oxygène de l’air s’empare de l’hydrogène de l’acide et met de l’iode en liberté ; celui-ci se dissout dans l’acide iodhydrique non décomposé et finit enfin par se déposer sous forme de cristaux volumineux.

Si la réaction entre l'oxygène et l’acide iodhydrique a lieu entre les corps pris à l’état gazeux, elle sera accompagnée d’un dégagement de chaleur de 29Cil,l — t— 0cal,8 = 29cal,9 représentent la somme des chaleurs de formation de la vapeur d’eau et de décomposition de l’acide iodhydrique. Si la réaction a lieu eh présence de l’eau elle sera accompagnée d’un phénomène thermique égal à la différence entre la chaleur de formation de l’eau à l’état liquide (540ll,5) et la chaleur de formation d’un acide iodhydrique en dissolution étendue (-f-18ual environ); la différence sera encore positive et égale à + 16cal,5.

La vapeur d’iode et la vapeur d’eau ne réagissent d’ailleurs à aucune température.

Mais il n’en est plus de même en présence d’une substance susceptible d’oxydation. Comme le chlore et le brome, l’iode joue en effet le rôle d’oxydant en présence de l’eau (415).

Le chlore, le brome, décomposent cet acide et mettent l’iode en liberté. Il suffit, pour mettre ce fait en évidence, d’introduire dans un

L1Y. I, Cil A P. XI, ACIDE IODHYDRIQUE.

flacon renfermant de l’acide iodhydrique gazeux quelques bulles de chlore ou une goutte de brome : l’iode se dépose immédiatement sur les parois du vase. La plupart des métaux sont attaqués par lui ; il se forme un iodure et il se dégage de l’hydrogène. L’argent, au contact de l’acide iodhydrique concentré, se recouvre de beaux cristaux d’iodure d’argent identiques aux cristaux naturels (H. Sainte-Claire Deville). Le mercure est rapidement attaqué à la température ordinaire.

Le phosphore chauffé à 160° avec une solution concentrée d’acide iodhydrique donne de l’iodure de phosphonium PhH5,HI (Oppenheim). Le phosphore blanc est attaqué par l’acide gazeux, sans qu’il soit nécessaire d’élever la température, avec formation d’iodure de phosphonium et de biiodure de phosphore :

5Pli -f 8HI == 2PhII4I + 3 Phi3.

Si l’on introduit un excès de phosphore dans une solution concentrée d’acide iodhydrique, comme l’iodure de phosphore est décomposable par l’eau en acide iodhydrique et acide phosphoreux, les termes ultimes de la réaction seront l’iodure de phosphonium et de l’acide phosphoreux :

2Ph + HI + 3H203 = PliH4I 4- PhOr,,5HO.

•428. Iodhydrate d’hydrogène phosphoré (Iodure de phosphonium) PhïI4I. — La réaction précédente peut être utilisée pour préparer l’iodhydrate d’hydrogène phosphoré. On mélange 10 parties de phosphore blanc, aussi divisé que possible, et 22 parties d’une solution saturée à froid d’acide iodhydrique. Après quelques heures, lorsque la réaction a déjà absorbé une certaine quantité d’acide, on ajoute 2 parties d’iode. Bientôt le tout se prend en une masse de cristaux d’acide phosphoreux et d’iodure de phosphonium. On lessive le mélang à la trompe avec une solution d’acide iodhydrique et l’on essore le résidu d’iodure de phosphonium (Damoiseau).

L’iodhydrate d’hydrogène phosphoré peut encore être obtenu par l’action décomposante de l’eau sur un iodure de phosphore (-455). On dissout séparément 100 parties de phosphore et 150 parties d’iode dans du sulfure de carbone dans une grande cornue tubulée. Par la tubulure on fait tomber peu à peu, à l’aide d’un tube à entonnoir, 50 grammes d'eau. L’iodhydrate se sublime sur les parties froides de la cornue et on peut, en chauffant légèrement, le faire passer dans un large tube

CHIMIE INORGANIQUE

de verre bien sec soudé au col de la cornue. Il se dépose en beaux cristaux cubiques transparents.

429. Composition. — L’acide iodhydrique a la même composition en volumes que les acides chlorhydrique et bromhydrique, volumes égaux d’hydrogène et de vapeur d’iode unis sans condensation. La densité de l’acide iodhydrique est en effet la moyenne des densités de l’iode et de l’hydrogène

Il contient seulement 0,70 pour 100 de son poids d’hydrogène.

CHLORURES ET BROMURE? D’iODE

430. Le chlore s’unit directement à l’iode pour former deux composés

Le protochlorure ICI

Le trichlorure ICI3.

L’iode absorbe le chlore sec à la température ordinaire. Si, lorsque l’iode a absorbé 1 équivalent de chlore, on distille le produit, en recueillant ce qui passe vers 100°, on obtient un corps solide rouge foncé, fondant à 25° et bouillant à 102° et qui est le protochlorure. Ce corps peut rester facilement surfondu, et sa tension de vapeur est assez considérable à la température ordinaire pour qu’il se déplace et cristallise par sublimation lorsqu’on l’abandonne dans un flacon fermé.

En présence d’un excès de chlore, on obtient le trichlorure, corps solide jaune qui, lorsqu’on le volatilise, se décompose partiellement en chlore et protochlorure.

Ces deux corps sont décomposables par l’eau :

10IC1 + 6IIO = 5(ICI,HC1) + ÎOMIO + 41.

En agitant avec de l’éther le liquide brun provenant de cette réaction, on en extrait un composé volatil soluble dans l’éther, c’est le chlorhydrate de protochlorure d’iode ICI, HCl.

Au contact de l’eau le trichlorure se comportera comme un mélange

L1V. 1, CIIAP. XI, FLUOR.

de protochlorure et d’un pentaclilorure d’iode (2IG13 = ICI + ICI3) qui donnerait en se décomposant

ICI3 -f 6HO = 5HCI + I05,H0,

et en combinant ces deux réactions il sera facile de calculer la formule définitive de la réaction(Sclriüzenberger).

Deux bromures d’iode, un composé solide et un liquide ont été signalés par Balard, mais ils sont peu connus.

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