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LIV. I, CHAP. XIII, ACIDE BORIQUE

Le potassium, le sodium, l’aluminium réduisent cet acide à une température élevée, comme nous l’avons vu dans la préparation du bore. L’acide fluorliydrique concentré attaque l’acide borique et le transforme en fluorure de bore, gaz fumant, et en eau :

3HF1 + BoO3 = BoFl5 + 5HO.

478. Usages de l’acide borique. — Il sert principalement à fabriquer le borax. L’acide borique du commerce dissous dans l’eau aiguisée d’acide sulfurique sert à imprégner les mèches des bougies stéariques. 11 fond la cendre qui est contenue dans le tissu de la mèche et la force de s’infléchir dans la flamme, où elle est volatilisée avec l’acide borique. Il entre dans la préparation de la crème détartré soluble.

479. État naturel. — On tire des eaux de certains lacs des Indes du borate de soude (tinkal) ; on trouve l’acide borique dans quelques minéraux. Il y a quelques années la plus grande partie de eelui qu’on employait (1 000 000 de kilogrammes environ) provenait de la Toscane. Il est amené de la profondeur du sol par des jets de vapeurs. On en trouve également dans les eaux thermales, dans les gaz des volcans, dans l’eau de la mer.

Dans ces dernières années on a exploité avantageusement des masses d’un borate double de chaux et de soude trouvées au Pérou, au Chili et dans la Bolivie. Ce minéral est connu dans le commerce sous le nom de tiza. — Le Borate de magnésie a été trouvé également dans les mines de sel de Stassfurt (Prusse).

En 1855 M. Desmazures découvrait en Asie Mineure un gisement important de borate de chaux

3CaO,4Bo034-6IIO

qui, actuellement exploité, fournit, en France et en Angleterre, la majeure partie de l’acide borique et du borax livré au commerce.

480. Préparation industrielle de l’acide borique. A. Extraction de l'acide borique de la Toscane. — On creuse des bassins (lagoni) tout autour des crevasses par lesquelles s’échappent les jets de vapeurs et de gaz ( soffioni ) contenant l’acide borique, et l’on remplit ces bassins d’eau. Cette eau pénètre, à certains moments, dans les crevasses, mais elle est bientôt violemment repoussée par le gaz. Après vingtquatre heures d’agitation continuelle, l’eau des bassins est presque bouillante et contient environ 1 pour 100 d’acide borique. On la

CHIMIE INORGANIQUE

fait arriver dans d’autres bassins inférieurs, où elle se concentre de plus en plus. Lorsqu’elle marque 1°,3 à l’aréomètre de Baumé, on la conduit dans des réservoirs en plomb chauffés par la chaleur des conduis souterrains et des jets de vapeur qu’on ne peut faire déboucher dans les bassins (fig. 125). On finit par obtenir des dissolutions qui laissent déposer de l’acide borique par refroidissement ; mais le produit ainsi obtenu contient 18 à 25 pour 100 de matières étrangères. Il est néanmoins suflisammcnt pur pour la préparation du borate de soude.

Les gaz qui s’échappent des soffioni sont à une température comprise entre 02° et 99° (Paven), et composés, d’après Ch. Sainte-Claire De-

Fig. m.

ville et M. F. Leblanc, d’acide sulfhydrique, d'acide carbonique, d’azote, d’hydrogène carboné et d’hvdrogène libre. On y trouve également des traces sensibles d’acide borique. Voici les résultats de plusieurs analyses des émanations de Lardello :

Acide sulfhydrique. . .

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