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L1V. I, C11AP. XIV, CARBONE

ou moins grande avec laquelle la distillation a été effectuée. Si l’on prend des houilles maigres , c’est-à-dire des houilles qui ne se ramollissent pas par la chaleur, le coke a l’aspect de la houille employée; mais si l’on se sert de houille grasse, qui a la propriété de devenir pâteuse et collante sous l’influence de la chaleur, on pourra obtenir un coke brillant, d’un gris métallique ; en masses très caverneuses, si la distillation a été rapide (coke des cornues à gaz) ; en masses volumineuses et très compactes (coke de fusion), si l’on a chauffé lentement de la houille pulvérisée, tout en la portant à une température suffisante pour la décomposer. La houille peut donner 60 pour 100 environ de son poids de coke. Ce corps brûle assez difficilement; mais, en grande masse et sous l’influence d'un tirage actif, il dégage une grande quantité de chaleur. On l’emploie aujourd’hui pour le chauffage des cheminées, des locomotives et dans un grand nombre d'opérations métallurgiques.

495. Charbon de cornue. — On trouve, sur les parois des cornues qui servent dans les usines à gaz pour la distillation de la houille, un dépôt très cohérent de carbone à peu près pur. Pour se rendre compte de la manière dont le dépôt a pu se produire, il suffit de remarquer que, toutes les fois qu’un gaz contenant du charbon et de l’hydrogène traverse un tube porté au rouge, il se décompose partiellement, en laissant déposer du charbon sous forme de couche brillante sur les parois chaudes du tube. Le gaz de l’éclairage doit donc, en touchant les parois de la cornue où on le produit, donner un dépôt de charbon dont l’épaisseur ira sans cesse en augmentant et dont la cohérence sera d’autant plus grande que la matière aura mis plus de temps à se déposer. Le charbon de cornue est noir et brillant; son grain est plus serré que celui du coke de fusion; sa densité est aussi grande que celle du graphite; parfois il est tellement dur, qu’on ne peut l’entamer; mais, quand sa texture est régulière et qu’il a été fortement chauffé, il se travaille avec assez de facilité pour qu’on en puisse faire des prismes et des cylindres employés comme pôles positifs dans les piles de Bunsen; il peut également servir à façonner des tubes, des creusets et d’autres vases de chimie absolument infusibles et peu attaquables par la plupart des agents connus.

Ce charbon brûle difficilement ; mais, à une température élevée, il devient un combustible excellent, puisqu’il ne contient qu’une petite quantité de cendres.

496. Charbon de bois. — Le bois contient une grande quantité de

CHIMIE INORGANIQUE

carbone unie à l’hydrogène et à l’oxygène dans des proportions convenables pour former de l’eau. 11 renferme en outre des matières minérales qui se trouvent à l’état de cendre quand on le brûle, et une quantité d’eau plus ou moins considérable, qu’on peut lui enlever en le desséchant dans un four. La composition du bois séché à l’air est à peu près la suivante :

Carbone 38,4

Eau combinée. . . ... 55,0

Cendre ... 1,0

Eau libre 25.0

Si l’on calcine du bois à l’abri du contact de l’air, les éléments volatils, hydrogène et oxygène, tendent à se dégager à l’état d’eau, et le carbone qui est fixe restera. Comme le bois se décompose sans fondre, le charbon produit conservera la forme du végétal dont il provient. Toutefois, la décomposition est loin d’être aussi simple que nous l’avons supposé; une partie du carbone forme avec l’oxygène et l’hydrogène des produits volatils, parmi lesquels nous trouvons du vinaigre, des goudrons, de l'acide carbonique, de l’oxyde de carbone et de l’hydrogène carboné; aussi le rendement en charbon, au lieu de s’élever à 38,4 pour 100, ne dépasse-t-il jamais 27 à 28 pour 100 dans les opérations les mieux conduites. Il est bien évident que le charbon de bois renfermera toute la cendre du bois; de plus, on sait, depuis Lavoisier, qu’il contient toujours une certaine quantité d’hydrogène, qui lui donne de la combustibilité. Une calcination prolongée à une haute température peut lui enlever cet hydrogène.

Nous indiquerons maintenant les deux procédés qui sont employés pour la fabrication du charbon de bois.

1° Procédé des meules. — On dispose sur une surface bien plane, autour de quelques bûches placées verticalement, des lits formés par des morceaux de bois de 50 centimètres de hauteur, que l’on place verticalement, en les serrant le plus possible les uns contre les autres. Le diamètre de chaque lit va en diminuant; on donne ainsi à la meule la forme d’un cône arrondi à sa partie supérieure, dont la hauteur est de 2 à 5 mètres. On recouvre la meule d’une couche de menus végétaux, de mousses ou feuilles, et ensuite d’une couche de terre ou de gazon, en ïnénageant des ouvertures (évents) à la partie inférieure (fi-9- 127).

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