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LIV. I, CIIAP. XV, ACIDE CARBONIQUE

On en conclut que le coefficient de dilatation de l’acide carbonique est de :

0,00653 de 0° à 10°

0,00971 de 10° à 20°

0,02067 de 20° à 58°

tandis que celui du gaz est 0,005G7 environ.

Cette singulière propriété, constatée par Thilorier et acceptée d’abord avec quelque réserve par les savants, n’est point particulière à l’acide carbonique; elle appartient, comme l’a démontré C.

Drion, à tous les corps qui ne sont maintenus à l’état liquide que sous l’influence d’une pression considérable ; tous finissent par acquérir un coefficient de dilatation supérieur à celui des gaz, quand on les porte à line température suffisamment élevée au-dessus de leur point d’ébullition, sous la pression ordinaire.

Il suffit, de jeter un coup d’œil sur le tableau des tensions de l’acide carbonique liquide aux diverses températures pour comprendre tout le soin que l’on doit apporter à la construction des appareils destinés à la liquéfaction de ce gaz. Chacune des parties de l’appareil de M. Donny [fig. 156) se compose d’une chaudière en plomb, entourée d’une enveloppe de cuivre rouge, maintenue par une série d’anneaux en fer forgé, d’une grande épaisseur, serrés les uns contre les autres par des tiges en fer qui relient les deux extrémités du générateur ou du récipient. Un vase ainsi 'construit pourrait facilement résister à une pression de U200 atmosphères.

515. Propriétés chimiques. — Le gaz carbonique est impropre à la

CHIMIE INORGANIQUE

combustion ; une bougie allumée qu’on plonge dans une éprouvette contenant ce gaz s’y éteint aussitôt. Il est également impropre à la respiration sans être sensiblement délétère. Il rougit facilement la teinture de tournesol et trouble l’eau de chaux. Comme l’acide carbonique est plus lourd que l’air, il faut, lorsqu’on veut introduire une bougie dans une éprouvette remplie d’acide carbonique tenir en haut l’orifice de l’éprouvette. On peut encore faire l’expérience d’une manière qui met mieux en évidence la densité considérable de l’acide carbonique. Une éprouvette étant pleine de ce gaz, on l’incline au-dessus de la bougie, de manière à verser l’acide carbonique, exactement comme si l’on voulait, à l’aide de celte éprouvette, verser de l’eau ; la bougie s’éteint aussitôt.

514. Dissociation de l'acide eachoiiMjiic. — Henri Sainte-Claire Deville faisait passer un courant d’acide carbonique pur, dans un tube étroit de porcelaine rempli de fragments de cette substance et chauffé dans un four à réverbère à la plus haute température possible. Les gaz à leur sortie du tube se rendaient dans de longs tubes remplis d’une solution de potasse où ils étaient séparés de l’excès d’acide carbonique.

Dans une expérience, l’acide carbonique sortant de l’appareil avec une vitesse de 8 litres à l’heure environ, cessait d’être complètement absorbé; il donnait dans ce temps 20 à 50cc d’un gaz explosible composé d’oxygène et d’oxyde de carbone avec un peu d’azote venant du gaz carbonique.

L’acide carbonique est donc partiellement décomposé par la chaleur en oxyde de carbone et oxygène, et si ces gaz ne se combinent pas en arrivant dans les parties plus froides de l’appareil, cela tient évidemment à la difficulté avec laquelle leur mélange s’enflamme lorsqu’il est disséminé dans une grande masse d’un gaz inerte tel que l’acide carbonique.

Toutes les matières avides d’oxygène facilitent singulièrement cette décomposition et peuvent la rendre complète en s’emparant de l’oxygène à mesure qu’il prend naissance. C’est ce que nous allons voir dans l’action du charbon et de l’hydrogène sur l’acide carbonique.

Une série d’étincelles électriques produit le même effet que la chaleur.

515. Action (lu charbon. — Si l’on fait passer lentement un courant d’acide carbonique à travers un tube de porcelaine rempli de fragments de braise et chauffé au rouge dans un fourneau long, on ne

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