‹ Eléments de chimie (volume 2)Chapitre 28 sur 379 · LIV. I, CIIAI*. I, OXYGENE · texte numérisé non relu

LIV. I, CIIAI*. I, OXYGENE

On produit donc théoriquement une quantité d’oxygène égale à celle que l’on a empruntée à l’atmosphère; on voit, en outre, que ce même procédé permettrait également de dégager le chlore de l’acide chlorhydrique en employant une substance, le sous-chlorure, sans cesse régénérée dans le cours des opérations.

Malheureusement, ces essais, tentés déjà autrefois par quelques chimistes, n’ont pas donné de résultats véritablement pratiques, par suite de la facilité avec laquelle le sous-chlorure de cuivre attaque les vases de terre (cornues ou tubes) dans lesquels s’opère la décomposition du chlorure de cuivre. Il ne paraît pas que l’on ait surmonté cette difficulté.

4° Préparation au moyen des manganates. — Lorsqu’on fait passer de l’air sur un mélange d’oxyde de manganèse et de soude porté au rouge naissant vers 350° dans un four à réverbère, on produit facilement du manganate de soude, que la vapeur d’eau décompose vers 450° en oxygène et en un mélange d’oxyde de manganèse et d’alcali :

MnO2 -f NaO,HO -f O = Na0,Mn03 + HO Na0,Mn03 + HO = MnO2 + NaO,HO + 0.

Le mélange de bioxyde de manganèse et d’alcali, une fois régénéré, est prêt à absorber de nouveau l’oxygène de l’air.

Ce procédé, dû à Tessié du Mothay et à M. Maréchal, a fonctionné régulièrement pendant quelque temps à Pantin, près Paris. Mais l’étendue des surfaces qu’il faut chauffer vers le rouge et l’altération du four par les alcalis le rendent très coûteux dans la pratique,.

81. Propriétés physiques de l’oxygène. — L Oxygène pur est 1111 gaz sans odeur, sans couleur et sans saveur. Son poids spécifique est 1,1056. On aura donc le poids d’un certain volume d’oxygène en multipliant le poids du même volume d’air, pris dans les mêmes circonstances de température et de pression, par ce nombre 1,1056. Ainsi 1 litre d’oxvgène à 0°, et sous la pression de 760, pèse lsr,293 X 1,1056 = l^r,430. Il est peu soluble dans l’eau; 21 litres d’eau dissolvent 1 litre d’oxygène : en d’autres termes, son coefficient de solubilité est 1/21.

Jusqu’à ces dernières années l’oxygène a été regardé comme un gaz permanent. Le 2 décembre 1877, M. Cailletet, en détendant brusquement de l’oxygène refroidi à — 29° et comprimé à 300 atmosphères, vit

apparaître dans le tube capillaire de son appareil un brouillard intense, indice de la liquéfaction ou même de la solidification du gaz. — Plus récemment (mai 1882) le môme expérimentateur opérant sur l’oxygène refroidi à — i 05° (évaporation de l’éthylène liquide) a observé une sorte d’ébullition tumultueuse au moment de la détente, ébullition qui persiste pendant un temps appréciable et ressemble à une projection de liquide.

De son côté, en décembre 1877, M. R. Pictet liquéfiait l’oxygène à — 140° et sous la pression de 520 atmosphères. L’oxygène était produit par la décomposition en vase clos du chlorate de potasse, et le gaz était refroidi par évaporation de l’acide carbonique liquide.

82. Propriétés chimiques. — L’oxygène est éminemment propre à la combustion. Que l’on plonge, en effet, dans une éprouvette contenant de l’oxygène une allumette que l’on vient d’éteindre, mais qui présente encore quelques points rouges, on la voit se rallumer avec une petite explosion, et brûler avec vivacité tant qu’elle reste dans ce gaz. Ce caractère nous permettra facilement de reconnaître s’il reste encore de l’air dans les appareils où on prépare l’oxygène. Une allumette imparfaitement éteinte, comme dans l’expérience précédente, se rallumera à l’extrémité du tube abducteur aussitôt que l’oxygène commencera à se dégager. On met encore en évidence cette propriété de l’oxygène par les expériences suivantes.

On introduit dans un flacon à large ouverture, rempli d’oxygène, un petit godet de terre, soutenu par un fil de fer qui s’enfonce dans un large bouchon que l’on fait reposer sur les parois du goulot (fig. 16). Si l’on met dans le godet un morceau de charbon rouge, aussitôt qu’il a le contact de l’oxygène, on le voit brûler avec rapidité, en produisant une assez vive lumière ; la combustion cesse bientôt et le charbon s’éteint, Si alors on examine le gaz contenu dans le flacon, on voit qu’il est devenu impropre à la respiration et à la combustion, qu’il trouble l’eau de chaux et rougit la teinture de tournesol. Ces propriétés caractérisent le gaz acide carbonique.

Si l’on remplace le charbon par un morceau de soufre enflammé, on voit celui-ci brûler avec une flamme bleuâtre beaucoup plus vive que celle qu’il produit en brûlant dans l’air. Quand la combustion est terminée,' l’oxvgène a disparu; il est remplacé par un gaz d’une odeur suffocante, 'impropre à la combustion et rougissant vivement la teinture

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