‹ Eléments de chimie (volume 2)Chapitre 29 sur 379 · LIV. 1, CHAI*. I, OXYGÈNE · texte numérisé non relu

LIV. 1, CHAI*. I, OXYGÈNE

bleue de tournesol que l’on introduit dans le flacon : c’est du gaz acide sulfureux.

Avec le phosphore, l’expérience est plus brillante. Aussitôt que le phosphore enflammé ale contact de l’oxygène, il brûle avec une flamme si vive que l’œil a peine à en supporter l’éclat. Il se produit, pendant la combustion, des flocons blanchâtres, qui viennent tapisseries parois du vase, ils sont remarquables par l’énergie avec laquelle leur dissolution rougit la teinture bleue de tournesol; on a donc encore un acide, l’acide phosphorique.

On comprend alors pourquoi Lavoisier a donné à ce corps le nom d 'oxygène (à\ùç, acide; yswâw, j’engendre); mais il faudrait bien se garder de croire que l’oxygène soit le seul corps qui puisse engendre]* des acides. On connaît aujourd’hui un certain nombre d’acides qui ne contiennent pas d’oxygène.

^ Le fer fortement chauffé lance parfois, quand on le forge, des parcelles métalliques qui brûlent avec vivacité dans l’air; nous devons donc nous attendre à le voir brûler plus vivement encore dans l’oxygène : c’est ce qu’on réalise dans l’expérience suivante, due à Ingenhousz.

On suspend à un bouchon de liège une lame de ressort aussi mince que possible, que l’on a préalablement contournée en spirale (fig. 17). L’extrémité inférieure de ce ressort est effilée; on l’engage dans un morceau d’amadou. On enflamme d’abord l’amadou et l’on plonge le ressort dans un flacon, contenant de l’oxygène, dont le fond est recouvert d’eau. Le bouchon de liège qui soutient le ressort ferme alors la tubulure. L’amadou brûle avec vivacité dans l’oxygène et porte au rouge la pointe d’acier ; la combinaison du fer avec l’oxygène se fait avec énergie, et la chaleur dégagée est si intense, que l’on voit l’extrémité du ressort se transformer en un globule d’oxyde de fer fondu, tellement incandescent qu’en tombant sur le fond du flacon il s’y incruste profondément, même après avoir traversé la couche d’eau qui le recouvre. Au commencement de l’expérience , le fer projette de tous côtés des étincelles brillantes, qui disparaissent quand le métal est recouvert par l’oxyde fondu, mais qui reparaissent aussitôt que le globule d’oxyde, devenu suffisamment pesant, s’est détaché du métal.

83. Ces diverses expériences établissent de la manière la plus incontestable que les corps ne brûlent dans l^oxygène que parce qu’ils se

Fig. 17.

CHIMIE INORGANIQUE

combinent avec lui. Comme dans toutes les combinaisons énergiques, il y a dégagement considérable de chaleur et de lumière. — Ajoutons que si ces memes corps brûlent dans l'air avec moins de vivacité, il est vrai, que dans l’oxygène, c’est parce que ce gaz y existe, mais mélangé, avec une certaine proportion d’azote qui tempère la réaction.

84. Combustion vive et combustion lente. — Le fer exposé à l’air se ternit et peut même, au bout d’un temps suffisant, se transformer totalement en rouille. Ce corps est un hydrate de sesquioxyde de fer. C'est donc, en définitive, un produit d’oxydation du fer. Le phénomène de la production de la rouille est un phénomène de combustion ou d’oxydation; mais comme celte combustion n’a pas été accompagnée d’un dégagement de chaleur sensible, on lui a donné le nom de combustion lente , pour la distinguer des précédentes, qui sont appelées, par opposition, combustions vives.

Toutefois il ne faudrait pas croire que la combustion lente ne produise aucune chaleur; mais, comme l’oxydation est très lente, la chaleur se dissipe à mesure qu’elle se produit. Quand l’oxydation est vive, toute la chaleur est dégagée, en un instant; elle peut alors porter à l’incandescence la masse d’oxyde de fer formé.

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