‹ Eléments de chimie (volume 2)Chapitre 302 sur 379 · C2S202 + 2HO = C204 + 2SH · texte numérisé non relu

C2S202 + 2HO = C204 + 2SH

Comprimé dans l’appareil Cailletet, l’oxysulfure de carbone se liquéfie,

A 0°,sous la pression de 12atm,5

Le point critique est situé à 105° (Ilosvay).

Il brûle avec une flamme peu éclairante en donnant de l’acide carbonique et de l’acide sulfureux à volumes égaux. Mélangé à 1 vol. 1/2 d’oxygène, il forme un mélange détonant :

Le cuivre, l’argent, le fer divisé le décomposent à chaud, en donnant un sulfure et de l’oxyde de carbone.

Le gaz ammoniac se combine immédiatement avec l’oxysulfure de carbone, en donnant un beau corps cristallin résultant de l’union de 2 volumes d’ammoniaque pour 1 d’oxysulfure,

C202S2 + 2AzIlr> = G202S2Az2H6,

L1V. I, CHAP. XVIII, CYANOGÈNE. 499

qui se dédouble à 100°en sulfocyanure d’ammonium et eau (berthelot),

C2û2S2Az2H6== C2AzS,AzII4S-}- 2IIO.

Sa dissolution, légèrement chauffée avec du carbonate de plomb, donne du sulfure de plomb et du cyanate d’ammoniaque qui se transforme immédiatement en un produit isomérique, l’urée :

C202S2Az2H6 = 2HS -f- C2Az0,AzH40.

CYANOGÈNE (Azoture de carbone).

C2Az=26 2Ï01'

CAz = 26.

La découverte du cyanogène est due à Gay-Lussac (1814) ; elle a exercé une grande influence sur les progrès de la chimie, en montrant que des corps composés peuvent jouer dans leurs combinaisons, le rôle chimique attribué jusque-là aux corps simples ou radicaux. Nous avons déjà dit aussi que la connaissance de la composition de l’acide cyanhydrique avait fixé les idées des chimistes sur la véritable constitution des hydracides. On a donné à ce corps le nom de cyanogène (xôavoç, bleu), parce qu’il existe dans le bleu de Prusse, où il est combiné au fer.

578. Préparation. On introduit dans une petite cornue de verre 20 à 50 grammes de cyanure de mercure, bien desséché ( fig . 156); on

Fig. 156.

chauffe sur quelques charbons incandescents ; le cyanure se décompose en mercure qui ruisselle contre les parois de la çornue? et ep

CHIMIE INORGANIQUE

cyanogène que l’on recueille sur le mercure. Il se produi en même temps une matière noire, qui a la composition du cyanogène; c’est le paracyanogène, qui reste comme résidu dans la cornue.

579. Propriétés physiques. — C’est un gaz doué d’une odeur excessivement vive et pénétrante, rappelant celle du kirsch ; sa densité est 1,806. 11 se liquéfie sous une pression de 5 à 4 atmosphères à la température de — 20°, ou bien à la pression ordinaire, à l’aide du froid produit par l’évaporation rapide de l’acide sulfureux liquide ; il suffit alors de souffier sur le cyanogène liquide, pour le voir se solidifier sous l’influence du froid produit par sa propre évaporation. L’eau en dissout quatre fois son volume, mais la dissolution s’altère rapidement; l’alcool en dissout une quantité bien plus considérable.

Le cyanogène est formé à partir des éléments avec absorption de chaleur (Berthelot).

Qn a :

Câ (diamant) + Az = C2Az — 38eal,5

Le cyanogène est donc un corps explosif. Cependant on peut chauffer ce gaz à une haute température sans le décomposer. Lorsqu’on fait éclater des étincelles électriques dans une éprouvette renfermant du cyanogène, le carbone se dépose sur les parois, et le résidu gazeux est de l’azote. La décomposition peut devenir complète, sans que le volume gazeux change.

Mais la décomposition devient, explosive lorsqu’on fait éclater dans une éprouvette renfermant du cyanogène, une capsule de fulminate de mercure (Berthelot). Un mélange de bioxyde d’azote et de cyanogène (C'*AzM-4 AzO2) détone par une forte étincelle ; ce même mélange brûle progressivement à l’approche d’un corps incandescent.

580. Propriétés chimiques. — Le cyanogène est combustible ; il brûle dans l’air, avec une belle flamme pourpre, en se transformant en azote et en acide carbonique,

C2Az + O4 == C204 -f Az.

2 volumes de cyanogène exigent 4 volumes d’oxygène pour que la combustion soit complète : il se forme 4 volumes d’acide carbonique et 2 volumes d’azote sont mis en liberté. Le volume du gaz produit par la combustion est donc le même que le volume du mélange initial.

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