ACIDE CYANHYDRIQUE
C2AzII ou Cyll — 27 4vo1*
UAzH = 27.
L’acide cyanhydrique a été découvert par Scheele en 1782; on lui a donné d’abord le nom d ’ acide prussique, parce qu’il avait été extrait du bleu de Prusse (cyanure de fer). Gay-Lussac, en 1811, l’obtint anhydre et en fit connaître la composition.
584. Préparation. — On introduit dans une cornue 50 grammes de cyanure de mercure pulvérisé et 20 grammes d’acide chlorhydrique concentré du commerce, on chauffe légèrement (fig. 157); il se dégage
Fig. 157.
de l’aci,dè cyanhydrique qui entraîne avec lui un peu d’acide chlorhydrique et de vapeur d’eau. Pour le purifier, on fait passer la vapeur qui se dégage de la cornue à travers un tube horizontal, contenant dans la première moitié du marbre concassé, et dans la seconde du chlorure de calcium fondu. Le marbre ou carbonate de chaux retient l’acide chlorhydrique en dégageant de l’acide carbonique, et la vapeur d’eau est absorbée par le chlorure de calcium. L’acide cyanhydrique se rend par un tube abducteur dans un tube en U refroidi par un mé-
CHIMIE INORGANIQUE
lange réfrigérant de glace et de sel, où il se condense à l’état liquide ou même solide. Pour que cet acide ne se liquéfie pas dans le tube horizontal, on mettra celui-ci sur une petite grille sur laquelle on placera quelques charbons à une certaine distance du tube. Il est prudent d’opérer en plein air, car les vapeurs d’acide cyanhydrique constituent un poison foudroyant.
Ce procédé ne fournit guère que les deux tiers de la quantité d’acide théorique, parce qu’il se produit une combinaison de l’acide avec le chlorure de mercure qui ne se décompose qu’à une température assez élevée. MM. lîussy et Buignet évitent la production de ce composé en ajoutant au mélange d’acide et de cyanure du chlorhydrate d’ammoniaque, qui s’unit au chlorure de mercure à mesure qu'il se produit. Ils obtiennent ainsi un rendement de 95 pour 100. Mais l’acide ainsi obtenu est impur; il ne renferme que 99,1 à 99,2 pour 100 d’acide anhydre (Arm. Gautier).
Vauquelin préparait l’acide cyanhydrique en faisant passer un courant d’hydrogène sulfuré bien desséché sur du cyanure de mercure ou du cyanure d’argent secs.
La décomposition du ferrocyanure de potassium (FeCy3K2) par l’acide sulfurique étendu fournit l’acide pur, si l’on prend, pour effectuer la réaction, les précautions suivantes, indiquées par M. Gautier.
On introduit dans une cornue tubulée 4 parties de sable, 10 parties de ferrocyanure en poudre, et 14 parties d’eau préalablement mélangées à 8 parties d’acide sulfurique, et l’on chauffe légèrement. L’acide se dégage par un long tube incliné adapté au col de la cornue, tandis que les matières moins volatiles retombent dans la cornue. Ce tube est relié à une longue colonne verticale de chlorure de calcium, et l’acide, après s’être desséché, vient se rendre dans un récipient tubulé renfermant du chlorure de calcium fondu et plongé dans de l’eau tiède. Il se rend de là dans un tube plongé dans un mélange réfrigérant où il se condense. Une partie de l’acide cyanhydrique reste fixée sur le chlorure de calcium; on le chasse, vers la fin de l’opération, en chauffant légèrement le tube vertical qui le contient.
La réaction peut être formulée ainsi :
4(FeCy3K2) -f 3(S206,I1202) = 5(2KO,S206) + 6(CyIl) + 2(FeCy5,FeK).
Cyanoferrure Cyanoferrure
de potassium. de potassium et de fer.
Enfin, quand on veut seulement obtenir l’acide cyanhydrique aqueux