LIV. I, CHAP. XVIII, ACIDE CYANHYDRIQUE
du bromure de cyanogène et de l’acide chlorhydrique ou bromliydrique.
Les autres métalloïdes sont sans action ou donnent avec lui des produits peu connus.
588. — Action de» métaux. — Les métaux alcalins chauffés au contact de la vapeur d’acide cyanhydrique donnent naissance à un cyanure avec dégagement d’hydrogène. On fait ordinairement l’expérience avec le potassium ; le volume de l’hydrogène dégagé est la moitié de celui de l’acide cyanhydrique employé.
589. Action des acides. — Les acides puissants décomposent l’acide cyanhydrique en produisant du formiate d’ammoniaque, ou plutôt en produisant un sel ammoniacal et de l’acide formique, qu’on peut recueillir en distillant le produit.
On opère ordinairement en mélangeant de l’acide chlorhydrique fumant avec de l’acide cyanhydrique; la matière s’échauffe, et par refroidissement, il se dépose des cristaux de chlorhydrate d’ammoniaque; la liqueur tient en dissolution l’acide formique (G2H2Oi).
Dans cette réaction, l’acide cyanhydrique s’est assimilé les éléments de 4 équivalents d’eau, comme l’indique la formule :
C2AzH + 4110 = C2H204-p AzH3.
L'acide cyanhydrique possède donc, comme le cyanogène, la tendance à se combiner avec 4 équivalents d’eau; aussi trouve-t-on toujours un peu de formiate d’ammoniaque dans les produits de l’altération spontanée de l’acide cyanhydrique qui n’a pas été complètement desséché. Les acides, comme on le voit, ne font qu’exalter cette tendance. Réciproquement, on peut obtenir, comme l’a montré Pelouze, de l’acide cyanhydrique en enlevant 4 équivalents d'eau au formiate d’ammoniaque. Il suffit pour cela de distiller ce sel à une température comprise entre 180° et 250°, pour qu’il se dédouble en acide cyanhydrique et en eau.
Mais si, au lieu d’employer les acides hydratés, on fait agir l’acide cyanhydrique anhydre sur les gaz chlorhydrique, bromliydrique et iodhydrique, à une basse température, on obtient alors des combinaisons cristallisées des deux acides (Gai, A. Gautier) :
C2AzII,HCl. C2AzH,HBr (*). C2AzH,IH.
1 2C2AzII.3HBr, d’après M. A. Gautier.
On connaît également des combinaisons cristallisées de l’acide cyanhydrique avec les chlorures anhydres d’antimoine, d’étain et de titane, qui ont pour formules :
SbCls,5HCy SnCIMICy TiCl2,HCy.
590. Action des bases. — Les bases s’unissent à l’acide cyanhydrique en donnant naissance à un cyanure et à de l’eau; on retrouve encore dans ces composés la tendance à donner naissance à de l’ammoniaque par la fixation de 4 équivalents d’eau. Ainsi, en faisant bouillir une dissolution de cyanure de potassium, on peut la convertir intégralement en formiate de potasse et ammoniaque :
KC2Az + 4HO = K0,C2H03-f AzH3.
591. Composition. — On fait passer un poids connu de vapeur de ce corps sur de l’oxyde de cuivre porté au rouge : le charbon se transforme en acide carbonique, l’hydrogène en eau, et l’azote se dégage; du poids de ces divers corps on déduit la composition présentée par la formule C2AzII ou CyH.
La considération des densités montre que l’acide cyanhydrique est composé de volumes égaux de cyanogène et d’hydrogène unis sans condensation; si l’on ajoute, en effet,
à la demi-densité du cyanogène 0,9050
la demi-densité de l’hydrogène 0,0540
on trouve 0,9576
qui diffère peu de la densité trouvée pour l’acide cyanhydrique.
Cet acide présente donc avec l’acide chlorhydrique une analogie évidente de composition ; c'est, comme nous l’avons dit, une des raisons qui font placer le cyanogène à côté du chlore, du brome et de 1 iode.
Nous indiquerons, à propos des cyanures, le moyen de reconnaître de petites quantités de cyanogène.
592. Propriétés physiologiques. — L’acide cyanhydrique est un poison tétanique d’une violence extrême. Son action sur les centres nerveux n’a pas cependant, suivant M. Arm- Gautier, la rapidité que l’on pense. Un lapin sur l’œil duquel 2 gouttes d’acide anhydre avaient été placées et qui, après quelques secousses tétaniques, était considéré comme mort, a été rappelé à la vie deux ou trois minutes après,