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LIV. I, CHAP. XIX, ACIDE SILICIQUE

forme de petites aiguilles cristallines. Ajoutons enfin qu’Ebelmen, en exposant de l'éther silicique à l’air, a obtenu une masse dure et transparente comme le cristal de roche, de silice hydratée, ayant pour formule :

Si204,H202.

C’est le plus intéressant et le mieux défini de ces divers (hydrates.

611. Composition de l’acide silicique. — On déduit la composition de l’acide silicique de celle du chlorure de silicium Si2Cl4 par la méthode indiquée au paragraphe 470; on sait en effet que ce dernier, en présence de l’eau, se décompose en acide chlorhydrique et acide silicique, sans production d’aucune autre matière, d’après la formule :

Si4Cl4 + 2II202 - Si204 + 4HC1.

612. État naturel. — La silice est abondamment répandue dans la nature ; elle constitue le quartz ou cristal de roche, la tridymite ; le grès, le sable, la pierre meulière, le silex pyromaque (pierre à fusil) ; l’agate et la calcédoine sont des variétés de silice, colorées par quelques matières étrangères; l’opale est de la silice hydratée, ainsi que l’hvdrophane, corps qui est opaque dans l’air, mais qui devient transparent quand on le plonge dans l’eau.

La silice existe également dans l’eau des rivières, en petite quantité, il est vrai, mais d’une manière constante; on la trouve en quantité bien plus notable dans l’eau des geisers , jets d’eau chaude qui sortent du sol de certaines parties de l’Islande et s’élèvent parfois à une hauteur de plus de 50 mètres. Il faut naturellement rapprocher ce phénomène de celui des soffioni de la Toscane, et l’expliquer d’une manière analogue.

Enfin, la silice, combinée aux diverses bases, constitue le plus grand nombre des roches dont l’écorce de notre globe est formée.

615. Reproduction artificielle de l’hydroplmne, du quartz et de la tridymite. — Ebelmen, exposant à l’air humide l’éther silicique, préalablement mélé à une petite quantité dé chlorure de silicium, a obtenu l’hydrophane.

De Senarmont a reproduit artificiellement le quartz, en chauffant dans des tubes fermés une dissolution de bicarbonate de soude, à laquelle on ajoute quelques gouttes de silicate alcalin et un excès de réalgar (sulfure d’arsenic). Quand on chauffe ce mélange, le sulfure déplace l’acide carbonique du carbonate; celui-ci peut déplacer la silice de ses combinaisons, mais, la silice gélatineuse étant soluble

CHIMIE INORGANIQUE

dans l’acide carbonique, ce n’est qu’à une température plus élevée qu’elle se dépose sous forme de prismes hexagonaux, terminés à leurs extrémités par des pyramides et présentant sur leurs faces les stries horizontales, si caractéristiques, du quartz.

MM. Friedel et Sarasin, en chauffant en vase clos, au rouge naissant, de la silice gélatineuse en présence d’une solution alcaline, ont obtenu des cristaux de quartz mêlés de tridymite.

Les deux variétés cristallisées, le quartz et la tridymite, peuvent être obtenues par voie sèche.

G. Rose a obtenu la tridymite en fondant de la silice avec du sel de phosphore (phosphate double de soude et d’ammoniaque NaO, AzH40, IIO, PhO5). M. Hautefeuille a préparé cette même variété de silice en maintenant en fusion, à la température de fusion de l’argent (1000° environ), de la silice amorphe avec du phosphate acide de potasse KO, 2110, PhO5, qui par la chaleur se transforme en métaphosphate, comme le sel de phosphore employé par G. Rose donne, par fusion, du métaphosphate de soude.

Mais, en substituant au phosphate de soude du tungstate de soude, qui peut réagir sur la silice à plus basse température, M. Hautefeuille a pu obtenir la silice cristallisée sous ses deux formes et fournir un nouvel exemple de l’influence de la température sur la forme cristalline des substances dimorphes.

La silice amorphe, maintenue à la température de fusion de l’argent dans du tungstate de soude, cristallise en quelques heures. En reprenant par l’eau, il reste un sable cristallin composé uniquement de tridymite.

A la température strictement nécessaire pour maintenir le tungstate de soude en fusion, vers 750°, la même opération fournit des cristaux de quartz.

SESQUIOXYDE HYDRATÉ Si205,H0 — SiHO2.

614. Préparation et propriétés. — On 1 obtient en décomposant par l’eau le sesquiiodure de silicium SRI6 ; il se forme une matière blanche, qu’on dessèche d’abord dans le vide, puis à 100°. La chaleur la décompose avec incandescence, en silice et hydrogène ; les bases

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