LIV. I, Cil AP. I, OZONE
Y oxyde de mercure (chaux de mercure), que la chaleur seule suffit à réduire. D’après lui, la transformation du mercure en chaux (oxydation du mercure) ne provient pas d’une perte de phlogistique, mais de la combinaison du métal avec l’air, dont le poids, ajouté à celui du métal, déterminait l’augmentation de poids de celui-ci. On revenait ainsi aux idées de Jean Rey. La même année, Lavoisier entreprit quelques expériences pour démontrer, d’une manière péremptoire, l’absorption de l’air pendant l’oxydation. Il chauffa, pendant plusieurs heures, un grand matras en verre hermétiquement fermé, contenant de l’air et de l’étain ; ce métal se recouvrit d’une épaisse couche de cendre métallique (oxyde). L’appareil, pesé avant et après l’opération, n’avait pas varié de poids; mais, quand il l’eut ouvert, l’air y pénétra et rendit le matras plus pesant de 10 grains. C’est à peu près de cette époque que date la découverte de l’oxygène (1774) par Priestley et Scheele. Scheele, partant de cette découverte, détermina la composition de l’air, et en 1777 il entreprit d’établir une théorie de la combustion. Comme il avait constaté que le phosphore, en brûlant dans le gaz oxygène, absorbe complètement ce gaz, il en avait conclu que l’oxygène s’était combiné avec du phlogistique et échappé sous forme de lumière et de chaleur. L’oxygène, en se combinant avec le phlogistique, dégageait toujours de la chaleur; mais la lumière n’apparaissait que si la quantité de phlogistique combiné était suffisamment grande. Comme on le voit, Scheele, imbu des idées de Slahl, avait négligé de peser le corps brûlé; l’explication véritable du phénomène de la combustion devait donc lui échapper.
Dans la même année, Lavoisier prouva que la combustion consistait en une absorption de gaz oxygène, et que l’augmentation de poids éprouvée par le corps en combustion était égale au poids de l’oxygène employé.
En 1789, il publia son Traité de chimie, où sont exposés, dans leur ensemble, ses travaux antérieurs, devenus le point de départ de la chimie moderne. Comme nous l’avons déjà dit (28) c’est surtout en introduisant l’usage des pesées dans l’étude des phénomènes chimiques, que Lavoisier a donné à la science une direction toute nouvelle.