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LIV. I, CHAP. IV, ACIDE AZOTEUX

produit est la formation d’acide azoteux. Si l’on opère en présence d’une solution alcaline concentrée, quel que soit le rapport, des deux gaz et l’ordre du mélange, il ne se produit en effet qu’un azotite. (Gay-Lussac; Berthelot.)

Mais, si l’on n’absorbe pas immédiatement l’acide azoteux, et si l’oxygène n’est pas en excès, l’analyse permet de constater dans le mélange la présence des trois gaz bioxyde d’azote, acide azoteux, acide hypoazotique.

En présence d’un excès d’oxygène, il resterait uniquement de l’acide hypoazotique (169).

172. Propriétés. — L’acide azoteux est très instable; vapeur, un peu au-dessus de 0°, en se transformant bioxyde d’azote et acide hypoazotique :

2Az03 = AzO2 + AzO4.

Il ne paraît en effet pouvoir exister à l’état de vapeur qu des produits de sa décomposition, et ce qu’on appelle vapeurs est un mélange des trois gaz ;

AzO2 AzO3 AzO4.

L’acide azoteux est soluble dans l’eau, à laquelle il communique une teinte bleue. Chauffée, cette dissolution se décolore et du bioxyde d’azote se dégage. Cependant il faut remarquer que la solution très étendue est stable à la température ordinaire, et que même à 40° elle ne se décompose qu’avec lenteur.

C’est un oxydant énergique; l’acide azoteux agit comme tel vis-à-vis de l’acide sulfureux (préparation industrielle de l’acide sulfurique), de l’iodure de potassium. En présence de l’amidon, l’iode mis en liberté bleuit le liquide. Mais il agit comme réducteur vis-à-vis du permanganate de potasse, de l’acide chromique. Ces réactions permettront de distinguer l’acide azoteux de l’acide azotique.

173. Composition. — La composition de l’acide azoteux a été déterminée par synthèse (Gay-Lussac) : 4 volumes de bioxyde d’azote et 1 volume d’oxygène, en présence d’une solution alcaline concentrée, forment uniquement de l’azotite.

Mais elle peut être déduite de l’analyse de quelques-uns de ses sels,

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de l’azotite d’argent, par exemple, que l’on peut obtenir bien cristallisé.

174. Circonstances de la production des azotites. — On peut les préparer par une réaction qui met nettement en évidence la composition de l’acide azoteux. On fait passer sur du bioxyde de baryum contenu dans un tube de verre que l’on chauffe avec quelques charbons, un courant rapide de bioxyde d’azote : il y a combinaison des deux matières, avec dégagement de chaleur et de lumière; tout le bioxyde d’azote est absorbé et l’on obtient ainsi de l’azotite de baryte fondu contenant un petit excès de baryte provenant du bioxyde de baryum, qui n’est ordinairement pas complètement oxydé. La formule suivante rend compte de la réaction :

AzO2 + BaO2 = Ba0,Az03.

On dissout la qfiatière ainsi obtenue dans l’eau et on y fait passer un courant d’acide carbonique pour précipiter la baryte libre, l’azotite de baryte reste à, l’état de pureté. Il peut servir à préparer tous les autres azotites ; traité par l’azotate d’argent, par exemple, il laisse précipiter de petits cristaux d’azotite d’argent (H. Debray).

Lorsqu’on chauffe au rouge les azotates de potasse et de soude, la matière fondue dégage de l’oxygène et se transforme en azotite alcalin :

KO, AzO5 = KO, AzO3 + O2.

Si l’on opère avec l’azotate de potasse, on reprend le résidu de la calcination par l’alcool pour séparer l’azotite, qui y est soluble, de l’azotate non décomposé.

L’azotite de soude est fort employé aujourd’hui dans l’industrie des matières colorantes artificielles. On peut l’obtenir par la fusion ménagée de l’azotate de soude, seul ou en présence du plomb ou du sulfite de soude (Étard). Mais le procédé le plus simple consiste tà faire arriver dans une solution de soude les vapeurs nitreuses provenant de l’oxydation de l’acide arsénieux par l’acide nitrique.

ACIDE HYPOAZOTIQUE AzO4 = 40 4 vo1.

AzO2 = 40

175. Préparation. — On peut le préparer en faisant passer à travers un tube refroidi des courants de gaz oxygène et de bioxyde d’azote

L1V. I, C1I1P. IV, ACIDE HYPOAZOTIQUE,

parfaitement desséchés (2 vol. de AzO2 pour \ vol. d’O). Mais il est plus commode d’employer le moyen suivant : on introduit dans une petite cornue en verre peu fusible de l’azotate de plomb parfaitement desséché1, on engage le col de la cornue dans l’une des branches d’un

Fig. 57.

tube en U, où on le fixe à l’aide d’un caoutchouc. Le tube en U est entouré d’un mélange de glace et de sel marin (fig. 57). La chaleur décompose l’azotate de plomb en oxyde de plomb et en acide azotique anhydre qui ne peut exister à cette haute température; il se décompose donc en acide hypoazotique et oxygène :

PbO,Az03 = PbO + AzO4 + 0.

L’acide hypoazotique se condense dans le tube refroidi, l’oxygène se dégage par la branche effilée du tube en U. On le constate en plaçant à l’extrémité de ce tube une allumette présentant quelques points en ignition, elle se rallume aussitôt.

170. Propriétés physiques. — Si l’on a desséché avec soin l’azotate de plomb, on obtient d’ordinaire un liquide à peine jaunâtre, dont la couleur se fonce à mesure que la température s’élève, et devient brune. A 22°, il se réduit en vapeur d’un rouge brun intense; la densité de cette vapeur, variable avec la température, ne devient constante qu’à

1 L’azotate de plomb est un sel anhydre, mais qui contient toujours un peu d’eau

d’interposition; il décrépite quand ou le chauffe. Pour le dessécher, on devra le pulvé-

riser finement; on évitera ainsi les projections. On arrêtera la dessiccation, que l’on opère dans une capsule de porcelaine ou dans un petit creuset, quand il commencera

à se dégager des vapeurs rutilantes.

CHIMIE INORGANIQUE

partir de 150° environ. C’est ce que montre le tableau suivant, emprunté aux recherches de II. Sainte-Claire Deville et de M. Troost sur ce sujet:

TEMPÉRATURE

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