L1V. III, CHAP. III, CYANHYDRATE D’AMMONIUM
l’opération, et il y a alors production de fluorure acide (AzH4Fl,HFl).
Mais il est plus simple de saturer l’acide fluorhydrique du commerce par de l’ammoniaque mélangée de carbonate et de sulfure d’ammonium qui précipitent le plomb, le fer et la silice du fluorure de silicium contenu dans ce produit. On décante et on évapore au bain-marie dans une capsule de platine, en y ajoutant de temps en temps un peu de carbonate d’ammoniaque pour empêcher qu’il 11e se transforme en fluorhydrate de fluorure sous l’influence de la chaleur. On le conserve dans des vases de platine ou de gutta-percha.
Le fluorure d’ammonium se conserve bien à l’air et se dissout facilement dans l’eau. Il attaque si facilement le verre qu’il le corrode même sous forme sèche par simple contact. Sa dissolution aqueuse fournit un excellent moyen de graver sur le verre; on la porte avec un pinceau sur les portions du verre qu’on n’a pas protégées par un vernis.
L’évaporation de la dissolution du fluorure neutre, soit spontanément, soit à l’aide de la chaleur, fournit le fluorhydrate de fluorure. En évaporant vers 40°, 011 obtient une masse cristalline, grenue, déliquescente, attaquant fortement le verre.
Fluosilicale d’ammonium, AzH4Fl,SiFl-.
836. O11 l’obtient facilement en sublimant dans une cornue en verre un mélange intime de fluosilicate de potasse et de sel ammoniac. Le sel sublimé forme une masse cohérente non cristalline, qui est très soluble dans l’eau et y cristallise par évaporation spontanée en gros prismes rhomboïdaux.
On peut aussi le préparer en ajoutant de l’ammoniaque à de l’acide lluosilicique en excès, il se dépose de la silice provenant de la décomposition de l’acide fluosilicique, mais par une digestion prolongée à chaud, la silice se redissout et l’on obtient le fluosilicate d’ammonium cristallisé.
Cyanhydrate d’ammonium, AzH4Cy
837. Nous avons vu (437) comment 011 pouvait obtenir ce corps par l’action de l’ammoniaque sur le charbon à une haute température. On peut aussi le préparer en combinant directement l’ammoniaque à l’acide cyanhydrique, ou en distillant un mélange de 3 parties de sel ammoniac, 2 parties de cyanoferrure de potassium et de 10 parties d’eau. Ce sel, très-volatil, se condense en cubes incolores ; il est très-soluble dans l’eau et dans l’alcool : il est très-vénéneux.
Le point d’ébullition du cyanure d’ammonium est situé vers 56°, on peut donc prendre sa densité de vapeurs à basse température, elle est la moyenne entre celle de l’ammoniaque et de l’acide cyanhydrique, soit 0,7644. Son équivalent en volume est donc 8. Il est difficile d’admettre qu’un composé, qui se forme à la température du rouge vif, soit déjà complètement dissocié à des températures voisines de 56°.
Sulfhydrate d’ammoniaque, AzH5,HS (sulfure d’ammonium, AzH4S).
858. Préparation. — On peut obtenir ce produit en faisant réagir à une base température 2 volumes d’acide sulfhydrique et 4 volumes d’ammoniaque secs. Il se forme des cristaux incolores très-volatils, dont la formule est AzH3,HS.
On le prépare, dans les laboratoires, en opérant de la manière suivante : On partage une dissolution d’annnoniaque en deux parties égales, et dans l’une d’elles on fait passer jusqu’à refus du gaz acide sulfliydrique; il se produit alors du sulfhydrate de sulfure d’ammonium, AzH4S,HS, que l’on ramène à l’état de sulfhydrate ordinaire en lui ajoutant la dissolution d’ammoniaque mise en réserve.
Exposé au contact de l’air, le sulfure d’ammonium prend une coloration jaune en se changeant en polysulfure qui se transforme successivement en hyposulfite et en sulfate d’ammoniaque.
839. Poly sulfures d’aiiiiiioiiium. — 11 existe plusieurs polysulfures d’ammonium qui prennent naissance quand on fait dissoudre une quanti lé plus ou moins considérable de soufre dans le sulfure d’ammonium. On admet l’existence d’un bisulfure, d’un trisulfure, d’un tétrasulfure, d’un quintisulfure, comme pour le potassium. D’après Fritzsche, le quintisulfure fournit un heptasulfure AzH4S7, en se décomposant spontanément quand on abandonne sa dissolution chaude sous une cloche à l’abri du contact de l’air. 1 1 se dépose des cristaux rouge-rubis d’heptasulfure moins solubles dans l’eau que ceux du quintisulfure qui sont jaunes.
Ce corps se dégage des fosses d’aisances, il constitue le plomb des vidangeurs, et nous avons vu que l’on combattait ses funestes effets au moyen de sels métalliques (255), avec lesquels il donne des sulfures insolubles* Comme la couleur et les propriétés chimiques de ces sulfures varient beaucoup avec la nature du métal, on se sert de sa dissolution, dans les laboratoires, pour reconnaître ou pour séparer ces corps.