LIV. III, CHAP. III, PHOSPHATE D’AMMONIAQUE
nelées, ou des prismes hexagonaux semblables à ceux de l’azotate de potasse.
D’une saveur piquante, légèrement déliquescent, c’est un des sels qui produisent le plus de froid en se dissolvant dans l’eau (1 partie d’eau et 1 partie de sel à 10°, donnent un mélange à — 15°). 11 se dissout dans la moitié de son poids d’eau à 18°, et en toute proportion dans l’eau chaude.
L’azotate d’ammoniaque fond à 200° et se décompose entre 230 et 250° en eau et protoxyde d’azote (120).
En présence de la mousse de platine, l’azotate d’ammoniaque se dé’ compose vers 170° en eau, azote et acide azotique.
L’azotate d’ammoniaque projeté dans un creuset rouge, s’enflamme subitement, parce que sa décomposition est accompagnée d’un dégagement notable de chaleur, de là le nom de Nitrum flammans que lui avaient donné les anciens chimistes. Il se produit une lueur jaunâtre ; et il se dégage alors de l’eau, de l’azote et de l’acide hypoazotique, par suite de la décomposition du protoxyde d’azote.
Azotite d’ammoniaque AzH40,Az03.
847. Préparation et propriétés. — On obtient l’azotite d 'ammoniaque en traitant l’azqtite de plomb par le sulfate d’ammoniaque ; on évapore à la température ordinaire, sous une cloche, en présence de l’acide sulfurique, le sel cristallisé en aiguilles confuses, très-soluble.
La chaleur dédouble l’azotite d’ammoniaque en eau et azote
AztI40,Az03= 4HO -f-2Az.
Cette décomposition s’opère quand on chauffe la dissolution d’azotite.
L’acide sulfurique concentré produit la meme décomposition. Il n’est, pas nécessaire d’employer U azotite d’ammoniaque pur pour la préparation de l’azote, on peut se servir du mélange d’azotite et d’azotate d’ammoniaque obtenu en faisant arriver dans la dissolution d’annuoniaque les vapeurs nitreuses qui se dégagent quand on chauffe un mélange d’acide azotique et d’amidon. Le mélange d’azotite de potasse et de chlorhydrate d’ammoniaque en dissolution dégage aussi de l’azote quand on le chauffe à l’ébullition.
Phosphate d’ammoniaque neutre (2AzH40,HO,PbO:j).
848. Préparation et propriétés. — Ce sel correspond au phosphate de soude du commerce, à l’eau d’hydratation près; on le prépare en ver-
sant une solution d’ammoniaque en léger excès dans une solution de phosphate acide de chaux. Il se forme un précipité de phosphate tribasique de chaux ; le phosphate d’ammoniaque reste dans la liqueur. On le fait cristalliser par évaporation en ayant soin de neutraliser avant la cristallisation par un peu d’ammoniaque pour remplacer celui qui s’est dégagé pendant l’évaporation.
Il cristallise en prismes à 4 pans, inodores. 11 est soluble dans 4 parties d’eau froide; l’eau chaude en dissout beaucoup plus. A la température de l’ébullition, il dégage de l’ammoniaque et se transforme peu à peu en phosphate acide d’ammoniaque AzH40,2H0,Ph05 qui se dépose en gros cristaux transparents, inaltérables à l’air, solubles dans 5 parties d’eau froide, beaucoup plus solubles dans l’eau chaude.
Lorsqu’on fait passer un courant de gaz ammoniac dans une solution concentrée et froide de phosphate d’ammoniaque neutre ou acide, la liqueur se prend en une masse de cristaux de phosphate tribasique d'ammoniaque 3(AzII‘0),Ph03 qui ne se décomposent partiellement en dégageant de l’ammoniaque que quand on les dessèche à Pair.
Ces sels chauffés au rouge dans un creuset de platine perdent leur ammoniaque et se transforment en acide métaphosphorique PhOs,ÏÏO fondu (17o). Toutefois cet acide retient encore un peu d’ammoniaque, qu’on lui enlève en lui ajoutant de l’acide azotique et calcinant de nouveau.
Gay Lussac s’est servi du phosphate d’ammoniaque pour rendre les étoffes moins combustibles. En général une étoffe perd de sa combustibilité quand elle a été trempée dans la dissolution d’un sel fusible et capable de fournir une matière volatile. Des sels fixes et peu fusibles ne produisent pas d’effet. Aucun sel n’empêche la destruction et la carbonisation de l’étoffe par le feu; mais l’étoffe bien imprégnée d’un sel- fusible à éléments volatils, ne brûle pas avec Ilamme et s’éteint de suite quand on la sort du feu. Cela tient d’une part, à ce que les produits volatils du sel, mêlés avec les gaz provenant de la carbonisation de l’étoffe les rendent moins comhdstibles et d’autre part à ce que le sel fondu pénètre la masse carbonisée et empêche le contact de Pair et du charbon. Gay-Lussac, pour obtenir ce résultat, employait un mélange à parties égales de phosphate neutre et de sel ammoniac ou bien parties égales de borax et de sel ammoniacal. L’étoffe ne devient complètement inc.ombustible que si elle contient, à l’état sec, un cinquième de son poids de sel.
UV. ru, G H AP. ni, ARSÉNIATE D’AMMONIAQUE.
Phosphate d’ammoniaque et de soude Na0,AzH40,H0,Ph03 -j- 8H0.
849. C’est le sel de phosphore, le sel fusible de burine. Il existe dans ce liquide en assez grande quantité, pour qu’on puisse l’en extraire par évaporation. On le prépare en dissolvant dans deux parties d’eau 6 parties de phosphate de soude cristallisé et une partie de chlorure d’ammonium en poudre fine. On chauffe, et on filtre; la liqueur placée dans un endroit froid laisse déposer de gros cristaux prismatiques de phosphate double qu’on purifie par une nouvelle cristallisation. Ce sel ne peut pas être évaporé à chaud sans perdre de l’ammoniaque, il faut donc, quand on le dissout dans l’eau bouillante pour le faire cristalliser de nouveau, ajouter de l’ammoniaque à la liqueur, jusqu’à la rendre légèrement alcaline.
Ce sel s’effleurit à l’air, et perd de l’ammoniaque en même temps que de l’eau. Calciné, il se transforme en métaphosphate de soude fusible que l’on emploie de la même manière que le borax dans les essais au chalumeau.
Phosphate d’ammoniaque et de lithine.
850. On l’obtient en grains cristallins en évaporant une dissolution concentrée d’un sel de lithine et de phosphate d’ammoniaque. La liqueur ne doit pas contenir un excès de phosphate, et il faut éviter quelle devienne acide par suite du dégagement d’ammoniaque. Il a l’aspect du phosphate ammoniaco-magnésien, mais il s’en distingue pas sa fusibilité.
Arséniate d’ammoniaque, (2AzH40,A$03) + 2H0.
851. On verse de l’ammoniaque dans une solution concentrée d’acide arsénique jusqu’au moment où il se forme un précipité, et l’on abandonne la liqueur avec le précipité à l’évaporation spontanée ; il se transforme au bout de quelques jours en volumineux cristaux qui sont des prismes obliques à base rhombe. Ces cristaux ont une réaction alcaline; exposés à l’air, ils s’effleurissent en perdant de l’ammoniaque et se transforment en arséniate acide AzH40,2H0,As03 que l’on peut également obtenir en ajoutant de l’acide arsénique à une dissolution concentrée du sel précédent ; par évaporation la liqueur laisse déposer de gros octaèdres dérivant du prisme à base carrée, inaltérables à l’air.
11 existe un arséniate à o équivalents d’ammoniaque correspondant au phosphate tribasique et que l’on obtient de la même manière; il est peu soluble dans l’eau*
L’arséniate neutre d’ammoniaque perd de l’ammoniaque et de l’eau quand on le chauffe ; une partie de l’ammoniaque ramène l’acide arsénique à l’état d’acide arsénieux, ou même d’arsenic. L’arséniate acide ne dégage pas d’ammoniaque, et tout son acide arsénique est ramené à l’état d’acide arsénieux.
Il existe un arséniate double d’ammoniaque et de soude AzH40, NaO HO,AsOs qui correspond au sel de phosphore et que l’on prépare de la même façon. Par évaporation il se transforme en biarséniate de soude.
Carbonates d’ammoniaque.
Deux volumes de gaz ammoniac et un volume d’acide carbonique s’unissent lentement en produisant une poudre cristalline blanche. Cette matière (AzH3C02) mise au contact de l’eau, se transforme en sesquicarbonate ou même en bicarbonate d’ammoniaque avec dégagement d’ammoniaque. Les deux sels que nous venons d’indiquer sont en effet les seuls carbonates d’ammoniaque connus.
Sesquicarbonate d’ammoniaque, 2AzH40,H0,3C0- -+- 2H0.
852. C’est le carbonate d’ammoniaque des pharmacies, le sel volatil d’Angleterre. On l’obtient en distillant 1 partie de carbonate de chaux avec deux parties de sel ammoniac ; il se dégage de l’ammoniaque et il se condense des croûtes blanches et cristallines de sesquicarbonate d’ammoniaque. On effectue la distillation dans une marmite en fonte surmontée d’un chapiteau en plomb qui communique avec un récipient cylindrique de même métal, que l’on refroidit par un courant continu d’eau froide.
Ce sel a une odeur ammoniacale très-prononcée, sa réaction est fortement alcaline, on peut l’obtenir cristallisé en prismes rhomboïdaux droits en le dissolvant dans de rammoniaque caustique à une température peu élevée et abandonnant la liqueur à elle-même.
Il est en effet plus soluble à chaud qu’à froid ainsi :
100 parties d’eau a 15° dissolvent 25 parties de sesquicarbonate.
Mais à cette température le sel se décompose partiellement, et de l’acide carbonique, beaucoup moins soluble que l’ammoniaque, se dégage si l’on n’opère pas en présence d’un excès d’alcali.