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LIV. III, Cil A P. VI, BISULFATE DE CHAUX

Le plâtre destiné au moulage des objets d’art doit être plus pur et cuit avec un soin tout particulier ; on doit, en effet, le mettre en bouillie assez liquide pour qu’il soit facilement coulé ; il faut donc qu’il puisse absorber la plus grande quantité d’eau possible; il importe dès lors qu’il ne contienne pas de matière inerte ou de plâtre trop cuit, qui se comporterait comme une matière inerte. On le prépare avec des cristaux en fer de lance que l’on calcine dans des fours de boulanger.

972. Plaire aiuné. — Si l’on plonge du plâtre bien cuit dans de l’eau tenant en dissolution 10 pour 100 d’alun, et qu’on le cuise de nouveau à une température plus élevée, on obtient une matière qui fait prise ou qui se solidifie moins vite que le plâtre ordinaire, mais qui devient beaucoup plus dure. Cette matière est susceptible d’un beau poli, et résiste parfaitement aux intempéries de l’air; on la colore avec divers oxydes pour lui donner l’aspect du marbre, mais on la distingue facilement de celui-ci au moyen du toucher ; elle ne fait pas éprouver à la main la sensation de froid particulière au marbre. On obtient également le plâtre aluné en cuisant un mélange intime de pierre à plâtre et d’alun.

975. Stuc. — On gâche du plâtre avec une dissolution de colle-forte; sa prise se fait beaucoup moins vite, mais il prend plus de dureté et peut se polir. On peut colorer ce stuc avec divers oxydes métalliques et imiter les marbres en opérant convenablement des mélanges de stuc diversement colorés; on applique la matière ainsi préparée sur les objets que l’on veut recouvrir, et quand elle a pris une consistance convenable, on frotte sa surface mouillée, avec de la pierre ponce, pour la rendre plane. Ou y passe ensuite, avec un pinceau, une couche mince de plâtre gâché dans de la gélatine, et quand elle a séché, on la polit avec du tripoli délayé dans de l’huile. Ce stuc ne résiste pas aux intempéries, mais il est employé avec avantage dans l’intérieur des appartements.

Enfin, on fait encore un usage assez considérable du plâtre en agriculture, pour amender les terres destinées à être converties en prairies artificielles.

Bisulfate de cliaux, Ca0,H0,2S05

On l’obtient en chauffant vers 100° du sulfate de chaux précipité avec de l’acide sulfurique. On obtient ainsi une masse grenue formée de ce sel, une autre partie dissoute se dépose par refroidissement de la liqueur en petits prismes courts transparents. On dessèche ces cristaux sur une brique poreuse, qu’on doit maintenir dans une atmosphère des-

séchée par de l’acide sulfurique, car l’humidité de l’air le décompose en acide sulfurique et sulfate de chaux ordinaire.

974. Combinaisons du sulfate de eliaux avec les sulfates alcalins. — La glaubérite est un sulfate double de chaux et de soude (Ca0S03-f-Na0,S05), insoluble en cristaux transparents (prismes rhomboïdaux obliques). La polyalithe qu’on trouve dans les amas de sel gemme, est un sulfate double de chaux (ou de magnésie) et de potasse. Berthiera reproduit la glaubérite en fondant le mélange des deux sels. Fritzchse l’a obtenue en petits cristaux en chauffant à 100° un mélange de 1 partie de sulfate de chaux avec 50 parties de sulfate de soude et 50 parties d’eau. En réduisant la proportion d’eau à moitié, il se forme une bouillie cristalline épaisse formée d’aiguilles ayant pour composition CaO.SO5 + 2(Na0,S05) +2110. 11 se forme probablement des composés du même ordre, quand on délaye du gypse hydraté en poudre fine dans une solution de carbonate ou de sulfate de potasse. Le durcissement du plâtre est alors bien plus rapide qu’avec l’eau pure.

Sulfite de chaux

975. C’est une poudre blanche peu soluble dans l’eau (gj^), beaucoup plus dans l’acide sulfureux, qui le laisse déposer en cristaux retenant deux équivalents d’eau. La chaleur le décompose en un mélange de sulfate de chaux et de sulfure de calcium.

L’hyposulfite et l’hyposulfate sont très-solubles.

Azotate de chaux

11 constitue la majeure partie des efflorescences salpêtrées qui se forment sur les murailles humides des écuries ou des caves (786), Il est très-soluble dans l’eau et il y cristallise difficilement avec quatre équivalents d’eau en prismes hexagones. Déliquescent, soluble à froid dans le 1/4 de son poids d’eau, et dans son poids d’alcool bouillant. Il fond à 44° dans son eau de cristallisation et se décompose ensuite à une température peu élevée. Si l’on arrête la décomposition commençante, on obtient une matière phosphorescente comme le sulfure de calcium, connue depuis longtemps sous le nom d e phosphore de Baudouin.

On le prépare en saturant l’acide azotique par du carbonate de chaux naturel; on purifie ce sel par une calcination ménagée (956).

Phosphates de chaux

La chaux forme plusieurs combinaisons avec l’acide phosphorique.

Phosphate trihasique 3Ca0,Ph05. — On obtient, ce composé en pré-

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