LIV. L1I, CHAP. A III, ALUMINIUM
rable à l’air humide que le chlorure simple d’aluminium, il est donc plus facile à conserver et à manier. Pour obtenir le mélange d’alumine, de sel marin et de charbon nécessaire à la production du chlorure, on suit le procédé suivant.
On trouve, dans certaines localités du midi de la France, une argile particulière, connue sous le nom de bauxite , composée à peu près exclusivement d’alumine et de sesquioxyde de fer. Cette argile, mélangée avec une proportion convenable de cristaux de soude, et chauffée vers le rouge, donne de l’aluminate de soude, 3Na0,2AP05, soluble dans l’eau, et du sesquioxyde de fer insoluble. Des lavages permettent donc de séparer facilement ces deux matières.
En traitant la dissolution de cet aluminate par l’acide chlorhydrique en quantité suffisante, on obtient un précipité d’alumine et du"sel marin, 5Na0,2Al205-t- 3HC1 = 2AP03-f- 3NaCl; comme ce dernier est en quantité plus forte que celle nécessaire pour la production du chlorure double, on décante le tiers de la liqueur, on enlève ainsi la quantité excédante, et il ne reste plus qu’à amener le mélange à siccité, après y avoir ajouté du charbon.
1 025. 2° Réduction du chlorure double. — Cette opération s’ effectue dans un four à réverbère, analogue à celui qui sert à la préparation de la soude. Il est seulement beaucoup plus petit et présente cette particularité, que la flamme employée au commencement à chauffer la sole et la voûte du four, comme dans les fours ordinaires, peut, pendant la réaction, être conduite dans la cheminée sans passer par le four, au moyen de deux conduits (carneaux) pratiqués- dans l’autel1. Ces deux conduits sont ordinairement fermés par des plaques de tôle (registre) ; on les ouvre à un moment donné, et l’on ferme par un autre registre l’ouverture comprise entre l’autel et la voûte par laquelle passait d’abord la flamme. Enfin une ouverture, placée à l’extrémité du four, peut être close au moyen de briques qu’on enlève à volonté.
On chauffe d’abord le four au rouge blanc, et l’on intercepte la flamme; on projette alors sur la sole du four, par une ouverture pratiquée à la partie supérieure, un mélange composé de sodium, de chlorure double de sodium et d’aluminium, de sel marin desséché et de cryolithe. Ces deux derniers corps sont destinés à servir de fondant, c’est-à-dire à permettre au métal de mieux se rassembler.
Il se produit une vive réaction, et la matière entre en fusion; on réta-
1 On donne le nom d 'autel an mur épais qui sépare le foyer de la sole du four à réverbère.
blit alors la flamme dans le fourneau. L’aluminium se rassemble peu à peu sur la sole convenablement creusée. L’opération terminée, on enlève les briques qui ferment l’ouverture, de l’extrémité du four opposée au foyer ; la scorie liquide, formée de cryolithe et de sel marin recouvrant le métal, s’écoule d’elle-même dans de grandes caisse en tôle. On fait ensuite écouler les parties moins fluides et le métal rassemblé presque en un seul culot. On extrait facilement l’aluminium de cette masse, en la concassant.
On refond ensuite le métal, pour le purifier et lui donner la forme de lingots.
1024. Propriétés de r aluminium. — » L’aluminium estun métal blanc, légèrement bleuâtre lorsqu’il est poli. Il est remarquable par sa faible densité, 2,56, qui est à peu près celle de la porcelaine. 11 est très-malléable, car on peut le réduire, comme l’or et l’argent, en feuilles extrêmement minces, qu’on obtient par le battage ; il est ductile et tenace. Il conduit l’électricité bien mieux que le fer, il se refroidit avec une ex trême lenteur, parce que sa capacité calorifique est très-grande, son équivalent très-petit, et son pouvoir émissif très-faible. Sa température de fusion est comprise entre celle du zinc et celle de l’argent; il n’est pas volatil.
Il est absolument inaltérable à l’air, môme aux températures les plus élevées, l’eau et l’hydrogène sulfuré sont à peu près sans action sur lui à toutes les températures; on sait, au contraire, que l’acide sulfhydrique noircit rapidement l’argent.
A froid, l’acide sulfurique n’attaque pas l’aluminium; l’acide azotique faible ou concentré ne l’attaque lentement qu’à chaud: il est, au contraire, facilement dissous par l’acide chlorhydrique concentré ou dilué et par toutes les dissolutions alcalines, même par l’ammoniaque. Au contraire, la soude et la potasse monohydratées, fondues au rouge, sont sans action sur l’aluminium; il en est de même de l’azotate de potasse.
Le soufre ne l’attaque qu’avec difficulté* à une température élevée.
Ce métal ne s’amalgame pas avec le mercure, mais il s’unit à la plupart des métaux, et forme avec le cuivre des alliages importants, qui seront étudiés plus tard dans l’histoire de ce métal.
Alumine, A12(P.
1025. Préparation. — On retire ordinairement l’alumine de l’alun,