‹ Eléments de chimieChapitre 158 sur 462 · MÉTAUX TERREUX RARES · texte numérisé non relu

MÉTAUX TERREUX RARES

GLUCINIUM G1 == 6,95.

L’oxyde de ce métal a été découvert en 1797, par Vauquelin, dans l’émeraude de Limoges, qui est un silicate d’alumine et de glucine. 11 existe au contraire d’autres silicates naturels de glucine; les principaux sont l’euclase, la pliénacite, Uhelvine ; on connaît aussi un aluminate de glucine (G10,A1205), le cymophane. Toutes ces substances, à l’exception de la première, sont assez rares.

Berzélius rapprochait la glucine de l’alumine, surtout à cause de l’association naturelle de ces deux corps; mais il n’y a point d’isomorphisme entre ces deux corps, et les quantités de glucine et d’alumine contenues dans ces divers minéraux sont constantes, quelle que soit leur provenance; de plus, on ne connaît pas d’alun de glucine, ni de chlorure ou de fluorure doubles, analogues à ceux de l’aluminium (spinelles chlorés, cryolithe, (1052 et 1055). 11 existe au contraire des carbonates doubles de glucine bien cristallisés, ce qu’on ne trouve pas pour les sesquioxydes. On admet généralement aujourd’hui que la glucine est un protoxyde sans toutefois pouvoir le rapprocher nettement d’aucun oxyde de cette forme.

1050. Préparation du glucinium. — Obtenu pour la première fois par Wohler en réduisant le chlorure par le potassium dans un creuset de porcelaine sous forme de poudre grise très-altérable. M. Debray l’a obtenu depuis en globules malléables en faisant passer des vapeurs de chlorure entraînées par un courant d’hydrogène bien sec sur du sodium contenu dans une nacelle doublée d’aluminate de chaux. La réaction qui est très-vive s’effectue dans un tube de verre ; elle est terminée

quand il se condense du chlorure de glucinium au delà de la nacelle contenant le sodium. On laisse refroidir le tube, on détache le contenu de la nacelle, on le chauffe fortement dans un creuset doublé d’aluminate de chaux pour rassembler le métal en gros globules. On emploie avec beaucoup davantage le fluorure double de glucinium et de potassium comme fondant1.

11 est nécessaire d’opérer la réduction du métal et sa fusion dans de l’aluminate de chaux, parce que la porcelaine est corrodée fortement par le glucinium qu’on n’obtient alors que fortement silicé et très-cassant.

1051 . Propriétés. — Ses propriétés physiques et chimiques sont celles de l’aluminium métallique. Il est plus léger que ce métal (D = 2,1), il a la même couleur que lui.

Glucine G10.

1052. Préparation.-— On fond dans un creuset de terre, chauffé dans un bon fourneau à vent, de l’émeraude pulvérisée avec la moitié de son poids de chaux vive. On obtient ainsi un verre que l’on réduit en poudre line et que l’on attaque facilement par l’acide azotique assez concentré. La masse se transforme en une gelée homogène que l’on dessèche et que l’on calcine légèrement ensuite de manière à décomposer un peu d’azotate de chaux. On reprend par l’eau additionnée d’azotate d’ammoniaque, qui dissout l’azotate de chaux et la chaux avec dégagement d’ammoniaque ; on est certain alors que la glucine, l’alumine, un peu de sesquioxyde de fer et la silice restent entièrement à l’état insoluble. On lave ce mélange d’oxydes et on le reprend par de l’acide azotique un peu fort qui dissout les oxydes et laisse la silice insoluble. On verse cette solution dans une solution de carbonate d’ammoniaque additionnée d’ammoniaque, il se forme un précipité abondant qu’on laisse en digestion durant plusieurs jours avec le carbonate d’ammoniaque dans lequel la glucine se dissout jaeu à peu. On filtre et l’on fait bouillir la liqueur qui perd son carbonate d’ammoniaque volatil et laisse déposer la glucine sous forme de poudre blanche facile à laver, de carbonate de glucine qu’une faible calcination ramène à l’état d’oxyde.

Il est bon d’ajouter à la solution de carbonate de glucine un peu de sulfhydrate d’ammoniaque pour précipiter le fer qui se dissout en petite quantité dans le carbonate d’ammoniaque. Ou fait bouillir ensuite la liqueur filtrée. (H. Debray.)

1 Les nombreuses lames de glucinium exposées en 1807, à l’Exposition universelle de Paris, par M. Menier, avaient été obtenues avec l’addition de ce fondant.

UV, ni, EH AP. IX, FLUORURE DE GLUCINIUM. 285

1055, Propriétés. — Le carbonate de glucine calciné laisse une pondre blanche légère, insoluble dans l’eau, infusible au chalumeau oxyhydrique, mais se volatilisant alors à la manière de la magnésie et de l’oxyde de zinc. Peu soluble dans les acides, elle ne se dissout ni dans' la potasse, ni dans le carbonate de potasse en fusion.

La glucine hydratée, qui s’obtient en précipitant un sel de glucine par l’ammoniaque, ressemble beaucoup à l’alumine, mais elle s’en distingue parce qu’elle absorbe l’acide carbonique de Pair quand on l’y dessèche et parce qu’elle est soluble dans les carbonates alcalins. La potasse dissout l’hydrate de glucine, mais la solution étendue laisse déposer par l’ébullition, une poudre dense de glucine facile à laver. Nous avons vu (597) comment on obtenait la glucine cristallisée et sa combinaison avec l’alumine.

1054- chlorure de glucinium. — On U obtient comme le chlorure d’aluminium, en faisant passer un courant de chlore sur un mélange de glucine et de charbon. On peut même remplacer la glucine par l’émeraude finement pulvérisée. Il se forme du chlorure de silicium très-volatil et des chlorures d’aluminium et de glucinium. Le chlorure de glucinium bien moins volatil que le chlorure d’aluminium s’en sépare assez nettement, en se condensant dans les parties relativement chaudes du tube où Uon fait l’opération (H. Debray). Le chlorure de glucinium anhydre se dépose en cristaux blancs, déliquescents et fumants à l’air. Il est fusible et volatil au rouge sombre.

Sa solution évaporée sur de l’acide sulfurique donne un hydrate G1C1-+-4HO qui se décompose sous l’influence de la chaleur eu glucine, acide chlorhydrique et eau.

Il existe des combinaisons du chlorure de glucinium avec le bicldorure d’étain et le sesquichlorure d’or. (Atterberg.)

1055. lodure et bromure de glucinium. — M. Debray les a obtenus en aiguilles blanches, fusibles, volatiles, très-solubles dans l’eau eu faisant passer un courant de brome ou d’iode sur le métal chauffé.

L’iodure chauffé à l’air se décompose en iode et glucine comme l’iodure d’aluminium,

1056. Fluorure de glucinium. — On l’obtient en dissolvant la glucine dans une solution d’acide lluorhydrique, on peut le dessécher sans décomposition ; fortement chauffé il reste soluble dans l’eau, ce qui n’a pas lieu pour le fluorure d’aluminium.

Lorsqu’on ajoute à la solution de ce fluorure une solution de fluorure de potassium, il se précipite des écailles cristallines de fluorure double

(Gl Fi -|- K Fl) pou soluble à froid et plus soluble dans l’eau bouillante (Awdejew).

M. W. Gibbs a utilisé cette propriété pour l’extraction de la glucine. 11 fond l’émeraude finement pulvérisée avec du fluorhydrate de fluorure de potassium ; la silice se dégage à l’état de fluorure de silicium, l’aluminium reste à l’état de fluorure double de potassium insoluble ; le fluorure de glucinium et de potassium soluble, cristallise par refroidissement ; on le purifie par de nouvelles cristallisations. L’ammoniaque précipite de la glucine hydratée de la dissolution de ce fluorure.

1057. Sulfure de glucinium. — M. Fremy n’a pu l’obtenir par sa méthode générale qui consiste à faire passer du sulfure de carbone en vapeurs sur un mélange de glucine et de charbon. Le glucinium reste inaltéré au rouge naissant dans la vapeur de soufre. Le sulfhydrate d’ammoniaque précipite de la glucine hydratée des dissolutions de glucinium, comme pour l’aluminium.

1058. SHiciure de glucinium. — Le glucinium préparé dans la porcelaine, donne un composé dur et cassant, susceptible d’un beau poli, qui contient parfois jusqu’à 20 0/0 de silicium. Quand on l’attaque par l’acide chlorhydrique, il laisse un dépôt ayant l’apparence du graphite qui est sans doute un alliage de silicium et de glucinium, qui n’a pas été examiné.

Sels de glucinium.

1059. Sulfate de glucinium. — Le sulfate neutre de glucinium GIO, S03-b4H0, cristallise en octaèdres droits, à base carrée. Il est soluble dans son propre poids d’eau à 14° el plus soluble dans l’eau chaude. 11 existe des sulfates basiques solubles que l’on obtient en faisant bouillir la dissolution du sel neutre avec du carbonate de glucine ou avec du zinc. Les sels basiques d’alumine obtenus dans ces circonstances, sont insolubles. Aussi peut-on se servir du zinc pour séparer l’alumine de la glucine quand les deux bases sont à l’état de sulfates. L’oxyde de zinc est précipité ensuite par l’acide sulfhydrique eu présence des acétates alcalins.

1000. Sulfate double de glucinium et de potassium KO, 8CL GIO,

S03-h2J10. — Ce sel se dépose en croûtes cristallines lorsqu’on fait évaporer la dissolution contenant le mélange des deux sels. On arrête la concentration quand la liqueur devient trouble.

Page 1