L1V. 111, CHAR. IX, EXTRACTION DE LA ZIRCONE
oxhydrique. Le chlore et l’acide chlorhydrique l’attaquent à chaud. L’action des acides et des bases sur ce corps est à peu près la même que sur la variété amorphe.
1065. Extraction de la zircone. — 1° On calcine la zircone ou l’hyacinthe finement pulvérisée avec 5 fois son poids d’hydrate de potasse dans un creuset d’argent. On reprend la masse par l’acide chlorhydrique et on évapore pour séparer la silice. Le résidu traité par l’eau donne une dissolution dé chlorures de zirconium et de fer. On précipite par l’ammoniaque les deux oxydes et on fait bouillir le mélange avec de l’acide oxalique qui dissout l’hydrate de sesquioxyde de fer. L’oxalate de zircone à peu près insoluble dans l’acide oxalique étendu, reste. On en retire la zircone par calcination l.
2° Par l’action du chlore sur un mélange de zircone et de charbon oji obtient du chlorure de silicium gazeux et du chlorure de zirconium beaucoup moins volatil qui se condense dans les parties froides du lube où s’opère la réaction. On le dissout dans l’eau et on le précipite par l’ammoniaque.
5° Le procédé le plus simple est celui de M. Marignac. On pulvérise la zircone, et après l’avoir tamisée et traitée par l’acide chlorhydrique pour enlever le fer provenant du mortier, on la mélange avec deux ou trois fois son poids de lluorhydrate de fluorure de potassium. Ce mélange chauffé dans une grande capsule de platine subit d’abord la fusion aqueuse et se prend en une masse dure et sèche, que l’on concasse et ([lie l’on chauffe au bon rouge dans un creuset de platine. La matière devient liquide et la zircone est complètement transformée en fluosilicatc et en fluozirconate de potasse que l’on sépare facilement par l’eau bouillante additionnée d’un peu d’acide fluorhydrique. Le fluozirconate, trèssoluble dans l’eau bouillante, cristallise presque totalement par refroidissement. Üne seconde cristallisation le donne très-pür.
Pour en retirer la zircone, on décompose ce sel par l’acide sulfurique ; le sulfate fortement calciné est lavé à l’eau bouillante qui enlève toute la potasse à l’état de sulfate de potasse, la zircone reste.
La zircone contenue dans les eaux-mères du fluozirconate ou retenue par le fluosilicate, se retire en chauffant le tout avec de l’acide sulfurique qui chasse le fluorure de silicium ; on précipite ensuite la zircone
1 Quand on Se sert de l’hyacinthe de Ceylan du d’Expaillÿ, et on fait rougir les cristaux avant de les pulvériser ; si l’on ne prend que ceux auxquels le feu a fait perdre leur couleür et rjui sont devenus limpides, incolores et sans taches, dn obtient une zircond exempte de fer.
par l’ammoniaque, el on la purifie s’il est nécessaire par f’acide oxalique comme il a été dit plus haut.
I (166 . Propriétés. — La zircone est blanche, insipide, inodore, insoluble dans l’eau, elle devient très-dure par l’action de la chaleur et peut alors rayer le verre (sa densité est 4,3). Gomme la magnésie et la chaux elle est infusible au chalumeau à hydrogène et oxygène, et y prend un éclat supérieur à celui qu’acquièrent ces deux corps dans ces circonstances.
L’hydrate de zircone est une matière blanche, volumineuse et demigélatineuse, facilement soluble dans les acides quand elle est récemment précipitée, mais qui ne se dissout que très-lentement lorsqu’elle a été lavée à l’eau bouillante ou séchée. Lorsqu’on la chauffe elle perd d’abord son eau, puis éprouve une véritable incandescence en passant à une autre état isomérique sous lequel elle est insoluble dans les acides, excepté l’acide sulfurique. Pour la redissoudre, il faut la réduire en poudre fine, et la mélanger avec de l’acide sulfurique étendu de son poids d’eau. On chauffe le mélange progressivement au-dessous du rouge et de manière à chasser l’excès d’acide sans décomposer le sulfate de zircone qui est soluble dans l’eau bouillante.
La zircone hydratée est légèrement soluble dans le carbonate d’ammoniaque. La zircone a été obtenue en cristaux par la méthode de MM. H. . Sainte-Claire Deville et Caron (597).
1067. Formule «le la zircone. — On a longtemps attribué à la zircone la formule Zr205, on admet aujourd’hui que la zircone est un bioxyde comme l’acide titanique. La densité de vapeur du chlorure de zircon-ium correspond en effet à 2 volumes comme celle du chlorure de titane si l’on admet la formule ZrCl2 (Deville et Troost). L’isomorphisme des fîuozirconates, des lluotitanates, des fluostannates et des fluosilicates établi par M. Marignac, conduit à la même conséquence.
La zircone se comporte d’ailleurs comme un acide faible. M. Jliortdahl a montré en effet que cette substance chauffée avec du carbonate de soude, en chassait facilement l’acide carbonique pour donner naissance au composé XaO,Zr02 ; à une température très-élevée, il se formerait même un zirconate 2Na0,Zr02 que l’eau décompose et transforme en soude et en zirconate acide (Na0,8Zr02 -t-12110) qui reste en petites paillettes hexagonales. La zircone mélangée, de silice donne également, quand on la chauffe avec des chlorures, de calcium et de magnésium, des produits .cristallisés qui ne contiennent pas de silice, et qui ne se forment néanmoins qu’en présence de cette matière. La composition de