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CARACTÈRES DES DISSOLUTIONS DE ZIRCONE

1068. Les dissolutions de zircone sont incolores, d’une saveur astringente, sans arrière-goût métallique.

Potasse et ammoniaque. — Précipité blanc volumineux, insoluble dans un excès de réactif. La précipitation n’a pas lieu en présence de l’acide tartrique.

Carbonates et bicarbonates alcalins. — Précipité blanc volumineux, un peu soluble dans un excès de réactif.

Acide oxalique. — Une dissolution d’acide oxalique donne dans les dissolutions de zircone un précipité volumineux d’oxalate de zircone qui n’est pas soluble dans l’acide oxalique étendu, et qui se dissout dans un grand excès d’acide chlorhydrique.

Sulfate de potasse. — Une dissolution concentrée de sulfate de potasse produit au bout dé peu de temps dans les dissolutions de zircone, un précipité blanc de sulfate basique de zircone contenant un peu de potasse. Le sulfate de potasse passe alors à l’état de bisulfate. Le sulfate de soude ne produit pas le même effet (Berzélius).

Le sulfate basique de zircone et de potasse est un peu soluble dans les acides chlorhydrique et azotique, mais s’il est produit à chaud, il y devient insoluble.

Hydrogène sulfuré. — Ne précipite pas les sels de zircone.

La zircone se distingue donc de l’alumine et de la glucine par son insolubilité dans la potasse et par l’insolubilité assez grande de son oxalate dans les acides.

THORIUM.

Découvert par Berzelius (en 1828) dans l’analyse de la thorite. Ce minéral qui ressemble à l’obsidienne, contient 57 p. 100 de thorine, unie à de l’acide silicique, à de la chaux, de la magnésie, des oxydes de fer, de manganèse, d’urane, de plomb, d’étain, un peu d’alcali et d’eau. On en a trouvé depuis dans l’orangite qui ne diffère de la thorite que par la proportion d’eau et qui contient plus de 71 p. 100 de thorine, d’après M. Damour. On trouve encore de la thorine dans quelques minerais de cérium et d’yttria; mais elle est toujours fort rare.

Thorium 59,5.

Le thorium a été préparé par la méthode de Wôhler, en décomposant le chlorure de thorium par le potassium. Poudre métallique d’une couleur gris de plomb foncé, décomposant l’eau au rouge, faiblement attaquée par les acides ; les alcalis ne l’attaquent pas.

Thorine ThO?

1069. Préparation. — On fait digérer la thorite réduite en poudre line avec de l’acide chlorhydrique, il se dégage du chlore et la masse se trouve entièrement convertie en une gelée jaune que l’on dessèche au bain-marie. Le résidu salin est épuisé par l’eau, et la dissolution filtrée soumise à l’action d’un courant d’acide sulfhydrique, qui précipite un peu de sulfure de plomb et d’étain. On filtre, et après avoir fait bouillir pour chasser l’excès d’acide sulfhydrique on précipite la terre par l’ammoniaque caustique et on lave avec soin. Le précipité est un mélange de thorine et d’oxyde de fer, de manganèse et d’urane. On le dissout encore humide, dans l’acide sulfurique étendu, et on évapore la dissolution jusqu’à ce qu’il ne reste que peu de liquide. Pendant l’évaporation, il se dépose une masse abondante, blanche, molle et peu compacte, qui est du sulfate thorique neutre, doué de la propriété singulière d’être peu soluble dans l’eatt chaude, et surtout dans Peau

LIY. III, C II A P. IX, THORINE.

bouillante, tandis qu’à froid il se dissout en quantité assez considérable dans ce liquide : on décante l’eau-mère qui est acide et qui contient les autres bases, et on lave le sulfate sur un filtre avec de l’eau bouillante, puis on le sèche et on le calcine fortement. La terre reste parfaitement pure et blanche.

L’eau mère et les eaux de lavage renferment encore de la thorine, on les concentre, on sature la liqueur avec du carbonate de potasse, et on la mêle avec une dissolution concentrée et chaude de sulfate de potasse. Par refroidissement il cristallise un sulfate double de thorine et de potasse, insoluble dans une solution saturée de sulfate de potasse. Ce sel est lavé avec du sulfate de potasse, puis dissous dans l’eau pure, et précipité par l’ammoniaque. On calcine ensuite pour avoir la thorine. Celle qui provient de ce dernier traitement retient un peu d’oxvde de manganèse, on la purifie en dissolvant dans l’acide sulfurique la thorine hydratée (Berzelius).

1070. Propriétés. — La thorine pure est blanche, des traces de manganèse lui communiquent une teinte jaunâtre. C’est la plus pesante de toutes les terres (0 = 9,402). La thorine hydratée absorbe l’acide carbonique de l’air, elle est insoluble dans les alcalis, soluble dans les carbonates alcalins et dans tous les acides. La thorine calcinée est insoluble dans les acides azotique et chlorhydrique, elle ne se dissout que dans l’acide sulfurique étendu de la moitié de son poids d’eau ; encore faut-il chauffer longtemps pour obtenir une dissolution complète. On peut aussi la rendre soluble en l’attaquant au rouge par le bisulfate de potasse.

L’oxyde obtenu par la calcination de l’oxalate se comporte autrement vis-à-vis de ces acides. Si on le fait digérer avec un excès d’acide que l’on chasse ensuite au bain-marie, on obtient un résidu brunâtre, semitransparent qui se dissout dans l’eau pure en donnant une solution blanche comme du lait par réflexion et transparente comme de l’opale. L’addition d’un peu d’acide chlorhydrique et azotique, ou de certains sels y détermine un précipité cailleboté, soluble dans l’eau pure. L’ammoniaque y donne un précipité volumineux, ressemblant à la thorine hydratée, mais qui est insoluble dans les acides étendus (Clève). Ces propriétés singulières de la thorine, qui se trouve dans un état comparable à celui de l’oxyde de fer modifié (1100) pourraient faire méconnaître cette base dans les recherches analytiques, si on n’en tenait pas suffisamment compte.

Chlorure de thorium.

1071. On le prépare comme le chlorure d’aluminium. 11 est volatil et se dépose en cristaux blancs et brillants. Cette propriété est importante à connaître, car elle est à peu près la seule qu'on puisse employer pour séparer le thorium du cérium (1090).

Le chlorure de thorium est déliquescent, sa dissolution fortement acidulée par l’acide chlorhydrique peut cristalliser. Si on le chauffe il se décompose en acide chlorhydrique et thorine. Il se. combine aux chlorures alcalins. .

Sulfate de thorine.

1072. Le seul sel important de la thorine est le sulfate; on l’obtient en dissolvant la thorine dans l’acide sulfurique et en chassant l’excès d’acide de la dissolution, il reste une matière blanche qui se dissout dans l’eau plus ou moins lentement. En mettant, par exemple, le sel en contact avec un peu d’eau, la masse s’échauffe et la dissolution ne s’effectue plus qu’avec lenteur. L’évaporation spontanée de cette dissolution rendue acide avec un peu d’acide sulfurique, à une température inférieure à 15°, donne des cristaux rhomboédriques de sel à 4 équivalents 1/2 d’eau Th0,S03-t-4 1/2 HO (d’après MM. Chydénius et Delafontaine).

1075. Formule de la thorine. — On admet assez généralement aujourd’hui que la thorine a une formule analogue à celle de la zircone. Dans aucun cas, cependant, elle ne joue le rôle d’acide faible; elle ne chasse pas, par exemple, l’acide carbonique des carbonates alcalins, mais cette formule s’accorde mieux avec la composition de plusieurs sels et en particulier du sulfate qui devient

Th'02,2S03+9H0

dans cette hypothèse ; il en est de même du fluorure

KFÏ + 2ThFl + 4HO

que l’on peut écrire

KFl-f- Th'Fl2 + 4HO

on doublant l’équivalent du thorium (Th' = 119).

1074. Caractères distinctifs de la thorine. — Son Slllfuto est précipité partiellement par l’ébullition et se redissout complètement avec

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