L1V. 111, CH AP. X, SULFURES DE FER
l’existence d’un radical composé, FeaCy6, le ferri cyanogène, capable de s’unir à 3 équivalents d’un métal quelconque. On prépare l’hydracide de ce radical, H5(FesCy6), de la même manière que l’hydracide du cvanofer.
1117. Nitroprussiates. — L’action de l’acide azotique sur les ferrocyanures produit une classe de corps, découverte par M. L. Plavfair, tjui ont pour formule générale Fe2Cy5Az02M2-t- Aq. Au contact des sulfures alcalins, ces corps développent une belle couleur pourpre caractéristique qui permet de reconnaître des traces de ces corps. Le plus intéressant est le nitroprussiate de sodium que l’on obtient facilement en gros prismes rhomboïdaux droits de couleur rouge.
On le prépare en chauffant au bain-marie 1 équivalent de ferrocyanure de potassium en poudre avec 5 équivalents d’acide azotique étendu de son volume d’eau, jusqu’à ce que le sulfate ferreux ne donne plus de précipité bleu de Prusse avec le liquide, mais un précipité vert ou bleuâtre. On fait cristalliser, ce qui donne de l’azotate de potasse, on neutralise l’eau mère avec du carbonate de soude, on fait bouillir, on filtre pour séparer le précipité vert qui s’est formé, on concentre pour faire cristalliser le sel qui se dépose par refroidissement avec de l’azotate de potasse et de soude. On le purifie par cristallisation.
Sulfures de fer.
1118. — Le fer se combine en plusieurs proportions avec le soufre ; les composés les mieux connus sont le protosulfure FeS, le bisulfure FeS2, et le sulfure magnétique Fe3S4; le protosulfure s’obtient, dans les laboratoires, en fondant dans un creuset un mélange, à parties égales, de fer et de soufre; on obtient ainsi une masse fondue, cristalline, d’un jaunelaiton, que l’on attaque par les acides étendus pour préparer l’hydrogène sulfuré (250). On obtient le protosulfure hydraté sous forme de précipité noir en versant un sulfure alcalin dans un sel de protoxyde de fer. 11 est un peu soluble dans les dissolutions concentrées de sulfures alcalins qu’il colore en vert.
Le bisulfure est extrêmement répandu dans la nature ; on le trouve sous deux formes incompatibles douées de propriétés bien différentes. Il constitue,- en effet, 1° la pyrite jaune, cristallisée en cubes ou en dodécaèdres rhomboïdaux, d’une couleur analogue à celle de l’or, très-durs et absolument inaltérables à l’air ; 2° la sperkise ou pyrite blanche , qui cristallise dans le système du prisme rhomboïdal droit, mais qu’on trouve
ordinairement en rognons qui se délitent à l’air en s’oxydant et se transfo ripent en sulfate de fer.
La pyrite jaune est tellement dure, qu’on s’en servait autrefois à la place du silex dans les armes à feu, sa belle couleur jaune la fait souvent prendre pour de l’or.
Le bisulfure de fer, sous rime ou l’autre forme, est toujours inattaquable par les acides étendus ; chauffé en vase clos, il se décompose en soufre et en sulfure, Fe3S4, qu’on désigne sous le nom de pyrite magnétique, parce qu’elle possède, comme le composé oxygéné correspondant, la propriété d’être attirée par l’aimant. Le grillage transforme ces sulfures en acide sulfureux et sulfate de protoxyde de fer ; si la température est suffisamment élevée, il ne reste que du sesquioxyde de fer. C’est cette dernière réaction qui se produit quand on grille les pyrites pour en obtenir l’acide sulfureux nécessaire à la préparation de l’acide sulfurique.
La pyrite magnétique se produit toujours sous forme de petits cristaux couleur de bronze, dans les vases de fer ou de fonte où Ton distille du soufre.
1119. Nitrosuifures. — Cette classe de corps a été découverte par M. X. Roussin. Lorsqu’on ajoute goutte à goutte du sulfate de fer à un mélange d’azotite de soude et de sulfure de sodium et qu’on fait bouillir le tout, le précipité formé d’abord se redissout en donnant une liqueur très-colorée qui dépose par refroidissement de beaux cristaux noirs de dinitrosulfure de fer
FesS6(AzO}2II.
Ce sel chauffé avec une dissolution de soude, donne Un dégagement d’ammoniaque, un précipité de sesquioxyde de fer cristallisé
(Fe*03,lI0)
et la dissolution laisse déposer de beaux cristaux noirs en trémies (nilrosulfure sulfuré de fer et de sodium), qui ont pour formule
Fe2S5,Az02 + 3NaS,
d’où l’on tire, par f action successive d’un acide et du sulfure de sodium, le nitrosulfure de fer insoluble (Fe2S5,Az02) et le nitrosulfure de fer et de sodium
FcîS5(AzO2)NaS,H0
en beaux cristaux, qui paraissent noirs, mais qui donnent des solutions