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L IV. III, GHAP. XII, CHROMATES DE POTASSE

GUromates de potasse.

1185. Préparation. — On trouve dans la nature une combinaison cristallisée de sesquioxyde de chrome et de protoxyde de fer, FeO,Cr20% isomorphe de l’oxyde magnétique de fer ; c’est le fer chromé. Ce minerai, finement pulvérisé et chauffé dans un fourneau à réverbère avec du carbonate de potasse et du salpêtre, donne du cliromate neutre de potasse, que l’on enlève par des lavages ; mais, comme il est mélangé de silicate et d’aluminate de potasse, on acidulé la liqueur par de l’acide sulfurique étendu, la silice est précipitée, et il se produit du bichromate, qui cristallise par évaporation et par refroidissement, après que le sulfate de potasse s’est déposé»

Si l’on sature la dissolution de bichromate par du carbonate de potasse, on obtiendra le cliromate neutre,

1186. Propriétés. — Le cliromate neutre, K0,Cr03, donne des cristaux transparents, d’une belle couleur jaune citron, appartenant au système du prisme rhomboïdal droit; ils sont isomorphes du sulfate de potasse; on comprend alors pourquoi, dans la préparation du cliromate de potasse, il faut transformer le sel neutre en bichromate pour le séparer du sulfate de potasse formé. La saveur du cliromate neutre est fraîche, amère, désagréable. L’eau en dissout à froid la moitié de son poids et beaucoup plus à chaud; sa dissolution est colorée en jaune. Ce sel possède un pouvoir colorant très-considérable, et quelques centigrammes colorent très-sensiblement un litre d’eau.

Le bichromate, IvO,2CrÛ5, constitue de grands cristaux anhydres, très-fusibles sans décomposition, et d’une belle couleur rouge jaunâtre. Nous avons indiqué, à propos des autres composés du chrome, ses principales propriétés, nous ajouterons seulement qu’il fournit un moyen assez commode de préparer l’oxygène dans les laboratoires. Si on le chauffe dans une cornue de verre avec de l’acide sulfurique, il se transforme en alun de chrome vert (à l’eau d’hydratation près), en dégageant la moitié de l’oxygène de l’acide :

K0,20r03-^- 4S03,H0 a= K0,S03 + Cr203,3S03 + 4HO + O3.

Mitscherlich a obtenu un trichromate anhydre K0,5Gr03 en ajoutant dé l’acide azotique à une dissolution de cliromate de potasse ; ce sel se dépose en cristaux rouge foncé, anhydres, solubles dans l’eau et l’alcool.

1187. Bichromate de chlorure de potassium. — Si 1 011 traite à chaud une solution concentrée de bichromate de potasse par l’acide

chlorhydrique du commerce, en ayant soin de cesser de chauffer dès que le chlore commence à se dégager, on obtient par refroidissement de longs prismes droits, rectangulaires, inaltérables à l’air d’une combinaison que l’on peut envisager comme du bichromate de chlorure de potassium KCl,2Cr03 ou comme du chromate de potasse combiné à l’acide chlorochromique (K0,Cr0M-Cr02Cl).

Chromâtes de soude.

1188. O11 prépare le chromate neutre comme celui de potasse, A 0°, il cristallise avec 10 équivalents d’eau, comme le sulfate de soude avec lequel il est isomorphe. Il est déliquescent, fond à la chaleur de la main et abandonne à 50°, des cristaux anhydres.

Le bichromate de soude Na0,2Cr03 est beaucoup plus soluble que celui de potasse; il donne aussi un bichromate de chlorure de sodium.

Autres chromâtes.

1189. Les chromâtes d'ammoniaque ressemblent beaucoup au chromate de potasse pour l’aspect et la solubilité. La meilleure manière de les préparer consiste à unir l’acide chromiqueet l’ammoniaque. On sature complètement pour obtenir le sel neutre, on mélange le sel neutre avec une quantité d’acide égale à celle qu’il contient pour former le sel acide. Il faut les évaporer à la température ordinaire pour éviter une réduction de l’acide chromique.

Les chromâtes neutres d e chaux et de baryte, sont des précipités jaunes, insolubles dans l’eau mais solubles dans l’acide azotique; le chromate de strontiane est plus soluble que celui de baryte (952).

Le chromate neutre de magnésie Mg0,Cr03-f-7II0 cristallise en prismes hexagonaux, volumineux, d’un jaune topaze, qui ont la forme du sulfate correspondant de magnésie.

Il existe un chromate double AzH40,Cr03-+Mg0,Cr054-6H0 isomorphe avec le sulfate double correspondant.

Le chromate manganèse est très-soluble et peut-être obtenu cristallisé.

Les chromâtes d’alumine et de glucine, sont insolubles. Nous étudierons les autres chromâtes importants à propos de chaque métal.

1 190. Bases ainido-chromiques. L’oxyde de chrome des sels violets, se dissout dans l’ammoniaque, comme nous l’avons dit, surtout en présence des sels ammoniacaux. La dissolution violette qui en résulte, ad-

LIY. III, CHAP. XIII, CHROMATES.

ditionnée d’alcool, donne un précipité, dans lequel les propriétés de l’acide sont masquées ainsi que celles du chrome et de l’ammoniaque. Ces composés extrêmement instables, se détruisent immédiatement à l’ébullition en donnant naissance à de l’oxyde de chrome, à de l’ammoniaque et à un sel ammoniac, en fixant sans doute les éléments de l’eau. Ces trois substances se forment dans la proportion indiquée par la formule suivante, relative au composé qui se produit dans les dissolutions de chlorure violet de chrome.

2(AzlI4Cl) + 4AzH3 + 3(Ci'303,Aq).

La composition réelle de ces corps est encore inconnue. 11 n’en est pas de même de ceux qui se forment dans les circonstances suivantes :

Les dissolutions ammoniacales de sels violets, exposées à l’air, laissent déposer une poudre violette d’oxyde ammoniacal

Cr203,AzH3, + 12HO

qui donne avec les acides une base nouvelle que M. Fremy a désigné sous le nom d’oxyde roséo-chromique (Cr203,4AzfI5). Cette base se combine avec 3 équivalents d’acide. Le chlorure, formé d’après la formule suivante,

12HG1 4-4(Cr203,AzH3) = (Cr203,4AzH3) 5HG1 + 3Cr2Cl3 + 9HO

cristallise en beaux octaèdres réguliers. L’eau pure décompose le chlorure roséo-chromique, en donnant des produits cristallisables qui n’ont pas été étudiés.

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