MS +40— MO, SO
Cette réaction pouvait naturellement se prévoir, car F expérience démontre que les sulfates de ces métaux sont indécomposables pai* la chaleur. 11 faut en excepter toutefois le sulfate de magnésie ; mais comme
1 L’opératidn qui consiste à faire réagir f oxygéné de l’air sur un sulfuré; à une tem-
pérature élevée, porte le nom de grillage.
ce sel ne se décompose qu’à une température fort élevée, et qu’on n’atteint pas dans la plupart des cas, on doit nécessairement le placer à côté des sulfates véritablement indécomposables ; mais il est bien entendu que si l’on opérait à une température assez élevée pour produire la décomposition du sulfate, le résidu de l’opération serait de la magnésie.
2° Les sulfures des métaux ordinaires, sulfures de fer et de cuivre, par exemple, donnent à une température peu élevée un mélange de sulfate et d’oxyde, en môme temps qu’un dégagement d’acide sulfureux. Si l’on effectue le grillage à la température du rouge, à laquelle les sulfates de fer et de cuivre sont décomposables, il ne se produit que de l’oxyde et de l’acide sulfureux. Cette dernière réaction se représente par la formule MS-f-o0 = M0-t-S02. Le sulfure d’aluminium donnerait les mêmes produits.
5° Enfin, les sulfures des métaux précieux, platine, or, mercure, etc., donnent, quand on les grille, pour résidu le métal lui-même; il se dégage alors de l’acide sulfureux. Il ne peut en être autrement, puisque leurs sulfates et leurs oxydes sont facilement détruits par la chaleur. Le sulfure d’argent donne, au contraire, à la température du rouge cerise, du sulfate d’argent, parce que l’oxvde d’argent, quoique très-instable lorsqu’il est isolé, donne avec les acides des sels trèsstables. Mais, à une température élevée, le sulfure d’argent donnerait les mêmes produits que l’or, le platine et le mercure, parce que le sulfate d’argent ne peut exister à cette température*
Les sulfures alcalins trôs-divisés s’enflamment dès qu’ils ont le contact de l’air; c’est ce qui arrive avec le sulfure de potassium, préparé en calcinant au rouge dans une cornue un mélange de deux parties de sulfate dépotasse et une partie de noir de fumée; de là le nom de pyrophores donné à ces produits.
605. Action de l’oxygène iiumide. — Les sulfures alcalins humides ou en dissolution absorbent l’oxygène de l’air ; cette propriété a été utilisée pour la première fois par Sclieele, dans l’analyse de l’air atmosphérique : il en est de même des sulfures de fer très-divisés que l’on trouve dans les houillères ; ils se transforment alors en sulfate de fer hydraté (EcO, SO3, 7110) et dégagent quelquefois assez de chaleur, dans cette circonstance, pour enflammer les amas de houille au milieu desquels se produit d’ordinaire ce phénomène.
Mais il est surtout intéressant d’étudier l’action de l’air atmosphérique sur les dissolutions de sulfures alcalins et alcalino-terreux. Dans