LIV. III, Cil À P. XIII, IÜDURE DE COBALT
dissout bien que dans l’acide acétique avec lequel il donne une liqueur d’un jaune brun d’où les acides forts le précipitent en brun.
Chlorure de cobalt, CoCl.
1210. Le cobalt en poudre cjiauffé dans un courant de chlore se combine à ce gaz avec dégagement de lumière. Le chlorure anhydre formé se sublime en écailles bleues. Le chlorure hydraté s’obtient en dissolvant le carbonate dans l’acide chlorhydrique. La dissolution, d’un beau rouge cramoisi, laisse déposer par évaporation des cristaux rouge groseille (CoCl + 6H0) qui sont isomorphes avec le chlorure de nickel.
Ce sel possède la singulière propriété de devenir bleu, quand on ajoute à sa dissolution de l’acide chlorhydrique concentré ou quand on le porte à une température convenable. Dans ce dernier cas, la dissolution reprend sa couleur en refroidissant. Lorsqu’on écrit avec une dissolution étendue de chlorure de cobalt, on obtient des caractères à peine visibles ; mais si l’on chauffe légèrement le papier sur lequel on les a tracés, ils apparaissent avec une belle teinte bleu foncé, pour disparaître ensuite, si l’on n’a pas trop chauffé le papier. Le chlorure de nickel peut s’employer au même usage, et les encres de sympathie sont le plus souvent composées d’un mélange de ces deux chlorures.
11 est probable que ce phénomène est dû à la production d’un chlorure de cobalt anhydre bleu. Proust en évaporant une solution de~ venue bleue, dit avoir obtenu des cristaux anhydres de cette couleulL Une élévation trop considérable de la température amène la production de sels basiques d’un vert bleu et un dégagement d’acide chlorhydrique.
Le chlorure de cobalt anhydre absorbe l’ammoniaque avec dégagement de chaleur et donne un chlorure qui correspond sans doute au chlorure ammoniacal de nickel (CoCl SAzH5)1 *.
Bromure et iodure de cobalt.
1211 . Le bromure s’obtient comme le chlorure; anhydre, il constitue un composé vert fusible ; hydraté, il donne des cristaux rouges déliques-
1 IL Rose, a trouvé qu’il se forme le composé (CoCt+ 2AzIl3). Mais ce produit résulte probablement de la décomposition du chlorure à 5 équivalents d’ammoniaque qui
se produirait à une basse température, ce chimiste n’avant pris aucune précaution
pour éviter l’élévation de température.
cents. On connaît aussi un bromure ammoniacal (CoBr -F- 3AzH5). L’iodure a toutes les propriétés principales du bromure. Il donne avec l’ammoniaque deux combinaisons CoI-t-5AzlI3 et Col -h 2AzH3.
Fluorure de cobalt.
1212. Le fluorure de cobalt, s’obtiéht en dissolvant le carbonate de cobalt dans l’acide fluorhydrique ; évaporé avec un excès d’acide fluorhydrique, il donne de petits cristaux rouge rosé, qu’un excès d’eau décompose. Il donne avec les fluorures alcalins des sels doubles peu solubles. Le fluosilicate de cobalt (CoFl + SiFl2 -f- 0110) cristallise en prismes hexagonaux réguliers, d’un rouge clair (même forme cristalline que le fluosilicate et le fluostannate de nickel).
Sulfures de cobalt.
1213. On peut le préparer comme le sulfure de fer, en mettant le métal au contact du soufre en vapeur à une température élevée. On obtient ainsi une masse grise feuilletée ayant l’éclat métallique.
Le sulfure hydraté, prend naissance quand on verse un sulfure alcalin dans un sel de cobalt ou lorsqu’on fait passer un courant d’acide sulfhydrique dans un sel de cobalt additionné d’acétate. C’,est un précipité noir, qui se transforme lentement à l’air en sulfate de cobalt, peu attaquable par les acides étendus. Il est insoluble dans les sulfures alcalins.
11 existe un sulfure naturel de cobalt Co3S4 qui contient toujours beaucoup de nickel et que l’on n’a pas reproduit.
Arséniure de cobalt.
121 l.L’arséniurc de cobalt CoAs2(cobalt arsenical, smaltine) cristallise dans le système régulier; il a un éclat argentin. La cobaltine ou cobalt gris (Co2As2-h CoS2) est une combinaison d’arséniure et de sulfure de cobalt, cristallisée également dans le système cubique, et que l’on trouve surtout en Suède à Tunaberg. Le minéral a un éclat métallique très-vif, une couleur rougeâtre; il renferme ordinairement très-peu de nickel.