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CHAPITRE XV

URANIUM

URANIUM U=GO.

L’uranium est le dernier métal de la troisième section de la classification de Thénard, qui nous reste à étudier. Par l’ensemble de ses propriétés chimiques et physiques, il ne se rapproche nettement ni des métaux précédents ni de ceux qui suivent. 11 doit donc être étudié à part.

L’uranium fut découvert en 1789 par Klaproth dans une analyse de Pechblende qui est un oxyde d’uranium mélangé à beaucoup d’autres substances (1271) ; mais il ne sut pas isoler le métal. Jusqu’en 1825, on regarda l’oxyde vert d’urane (Û304) comme l'oxyde inférieur, et Arfvedson le réduisit en une poudre brune par l’hydrogène. Cette matière était considérée comme le métal réduit, lorsqu’en 1840, M. Péligot démontra que c’était un protoxyde facile à transformer en chlorure d’où l’on peut extraire le véritable uranium.

1260. Préparation de l’uranium. — On introduit dans un creuset de porcelaine vernissée du sodium, du chlorure de potassium, puis un mélange bien sec de ce sel et de prolochlorure d’uranium (UC1). Le creuset est placé dans un creuset de plombagine, et recouvert de charbon pour empêcher l’accès de l’oxygène. On chauffe; il se manifeste une vive réaction; lorsqu’elle s’est produite on porte le creuset au rouge blanc et on le maintient à cette température pendant vingt minutes environ. On trouve dans le creuset, après refroidissement, une scorie contenant des globules d’uranium fondu. L’addition du chlorure de potassium a pour objet de modérer la réaction et de donner une scorie plus fusible.

Métal dur, peu malléable, ayant la couleur du fer, rayé par l’acier. Il s’altère à l’air et se recouvre d’une couche jaune d’oxyde. Il se dissout dans les acides étendus en donnant une solution verte de protoxyde. 11 s’unit au chlore et au soufre avec dégagement de chaleur. Sa densité ■18,4 le place à côté de l’or et du platine, tandis que sa facile altérabilité le rapproche des métaux communs, tels que le fer et le zinc.

OXYDES D’üRANIüM.

Les mieux connus sont le protoxyde lrO (ou U202), l’oxvde vert U30'% et le peroxyde U203.

1261. Protoxyde d’uranium. — Lorsqu’on réduit à une température élevée l’oxyde vert d’urane par l’hydrogène, on obtient une poudre rouge, insoluble dans les acides, excepté dans l’acide azotique. Cet oxyde chauffé brûle avec une faible incandescence, et se transforme en oxyde vert.

On l’obtient encore en chauffant le chlorure double U202Cl-f-(vCl dans un courant d’hydrogène bien sec, jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus d’acide chlorhydrique. On reprend la masse fondue par l’eau qui dissout le chlorure de potassium et du chlorure uraneux vert; il reste des petits octaèdres réguliers, éclatants et presque noirs de protoxyde d’uranium. Leur poudre est d’un rouge foncé.

La réduction de l’oxalate d’uranium par l’hydrogène vers 500° donne le même oxyde, mais tout à fait pyrophorique, comme les métaux trèsdivisés.

L’hydrate uraneux s’obtient en précipitant par l’ammoniaque la solu^ tion du chlorure uraneux dans de l’eau privée d’air. Le précipité bruit foncé est lavé avec de l’eau bouillante, et desséché dans le vide sec; la matière s’agglomère en morceaux noirs à cassure vitreuse.

L’hydrate humide est facilement soluble dans les acides étendus, il est toujours insoluble dans la potasse et le carbonate d’ammoniaque; Les acides le dissolvent moins facilement, lorsqu’il est desséché.

1 262 . Oxyde vert d’uranium. — Cet oxyde prend naissance quand ôil calcine au contact de l’air l’uranate d’ammoniaqüe (U2Us,AzH40) précipité jaune obtenu en traitant les sels jaunes d’uranium par une dissolution d’ammoniaque. Il se forme d’abord un oxyde noir qui se transforme peu à peu en oxyde vert (UO, U203) ; il se forme également quand on calcine au rouge l’oxyde d'uranium L*03 ou son azotate;

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