OXYDES DE TITANE
Les mieux connus sont le sesquioxyde et le bioxyde de titane, (acide titanique) qui correspondent au sesquichlorure et au bichlorure de titane.
1316. Sesquioxyde. — La dissolution de sesquichlorure de titane donne avec l’ammoniaque, la potasse et la soude un précipité gélatineux brun foncé d’hydrate de sesquioxyde (Ti203,H0). Ce précipité au contact de l’air en absorbe l’oxygène, devient noir, puis bleu, et se transforme finalement en acide titanique blanc.
MM. Friedel et Guérin ont obtenu le sesquioxyde de titane en cristaux de meme forme que le fer oligiste et d’un bel éclat métallique cuivré, en faisant passer du sesquichlorure de titane sur du carbonate de fer
m CHIMIE INORGANIQUE,
chauffé. L’identité de forme des deux oxydes expliquerait facilement les variations de composition des fers titanés, si l’on admet que ce sont des mélanges des deux oxydes (Friedel). .
1517* Acide titanique. — On extrait ordinairement l’acide titanique du rutile ou du fer titané. La matière finement pulvérisée est fondue avec deux fois son poids de carbonate de potasse. On traite la masse refroidie et réduite en poudre par de l’acide fluorhydrique étendu, il se forme un fluotitanate peu soluble qu’on dissout dans l’eau bouillante et qu’on purifie par plusieurs cristallisations; on le précipite ensuite à chaud par l’ammoniaque. Il se forme un précipité blanc de titanate d’ammoniaque qui donne de l’acide titanique bien pur par la calcination.
L’eau-mère du fluotitanate contient du fer, qu’on peut éliminer en faisant passer dans la liqueur un courant de chlore pour peroxyder le fer ; on ajoute à la liqueur froide de l’ammoniaque qui précipite le fer avec un peu d’acide titanique. On filtre rapidement et l’on fait bouillir pour précipiter le titanate d’ammoniate.
On peut aussi décomposer une solution de chlorure de titane par de l’eau ammoniacale; le chlorure de titane versé dans l’eau froide, s’y dissout complètement si l’on évite toute élévation de température.
L’acide titanique hydraté est blanc, gélatineux, très-soluble dans la plupart des acides et les bases alcalines, légèrement dans les carbonates alcalins. L’acide sulfureux et l’acide acétique étendu ne le dissolvent dans aucun cas. Ce précipité reste assez longtemps en suspension dans l’eau, et passe à travers les pores des filtres quand on lave avec de l’eau pure. Il se dépose plus rapidement et se filtre bien dans les liqueurs salines ; on doit donc le laver avec des sels ammoniacaux qui sé volatilisent quand on le calcine.
L’hydrate tilanique.se contracte beaucoup parla dessiccation et se rassemble comme l’alumine en masses irrégulières qui prennent beaucoup de dureté. Il perd alors en grande partie sa solubilité dans les divers réactifs, il en est de même lorsqu’il a été précipité et lavé à chaud.
L’acide titanique perd toute son eau de combinaison au rouge. Il éprouve alors un changement moléculaire et devient incandescent ; le phénomène est plus intense avec l’acide obtenu à froid. Il devient alors insoluble dans l’acide chlorhydrique, dans une dissolution concentrée de potasse à 100°, et n’entre plus en combinaison par voie humide qu’avec l’acide sulfurique concentré et bouillant ou mieux dans les bisulfates