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LIV. III, Cil A P. XVI, ACIDE TITANIQUE

fondus ; la matière solidifiée et refroidie se dissout alors intégralement dans l’eau froide. L’acide titanique anhydre est un corps blanc, infusible, fixe, indécomposable par la chaleur, qui lui donne une teinte jaune passagère; il est insoluble dans l’eau, quoiqu’il rougisse faiblement la teinture de tournesol. Sa densité varie avec la température à laquelle il a été calciné. Au rouge naissant, elle est 5,791, elle peut devenir égale à 4,229 par une calcination longtemps soutenue, et surtout au rouge blanc. On retrouve d’ailleurs cette variation considérable de densité dans les trois espèces naturelles sous lesquelles l’acide titanique se présente dans la nature.

1518. Acide titanique colloïdal. — Graham a obtenu cet acide en dialysant une solution d’acide titanique précipité à froid dans une petite quantité d’acide chlorhydrique. Cette solution ne doit pas contenir plus de 1 pour 100 d'acide titanique, sinon elle se prend spontanément en gelée ; elle reste longtemps liquide, si elle est suffisamment étendue.

1519. Caractères de l’aeidc titanique au chalumeau. — L’acide titanique présente au chalumeau des caractères assez tranchés.

Chauffé seul sur le charbon, à la flamme extérieure, il devient jaune et conserve cette couleur tant qu’il est chaud ; par refroidissement il devient blanc. A la flamme intérieure il devient gris au contact du charbon, par suite d’une réduction superficielle toujours difficile à produire.

Avec le sel de phosphore, il donne, lorsqu’on le maintient longtemps dans la flamme intérieure, une coloration bleue ou plutôt violette qui n’apparaît distinctement qu’après refroidissement complet. La production de cette perle bleue réussit mieux sur le charbon que sur le platine1. Si l’acide titanique contient du fer, la perle au lieu d’être bleue devient brun rouge.

Avec le borax on obtient une perle incolore dans la flamme extérieure, elle ne devient bleue qu’après une longue insufflation dans la flamme extérieure.

1520. État naturel et reproduction artificielle de l’aeide titanique. — L’acide titanique existe sous trois formes cristallines différentes, il constitue donc trois espèces minérales, qui sont :

1 Le manganèse et le cobalt oxydés donnent aussi avec le sel de phosphore une couleur bleue ou violette; mais cette couleur n’apparaît pour le manganèse qqe dans la flamme extérieure ; pour le cobalt, elle apparaît aussi bien dans la partie extérieure que dans la partie intérieure de la flamme.

1° L’anatase (octaèdres à base carrée) dont le poids spécifique varie de 3,82 à 3,912.

2° La brookite (prisme droit rhomboïdal), transparente, dont la couleur varie du jaune orange au brun châtain. Son poids spécifique est 4,167.

5° Le rutile (prisme droit à base carrée) de couleur rouge brune, transparent, et dont la densité est 4,225. Les deux premières espèces fortement chauffées conservent leur forme extérieure, mais prennent la densité du rutile. Le rutile a été reproduit par divers chimistes. Ebelmen l’a obtenu en cristaux transparents, d’un jaune d’or, de plus de 1 centimètre de longueur, dont la densité était 4,283, en maintenant à la haute température d’un four à porcelaine un mélange de 1 partie d’acide titanique et de 4 à 5 parties de métaphosphate de soude.

M. Caron, en chauffant un mélange d’acide titanique et de protoxyde d’étain dans un creuset de terre, a obtenu un titanate fusible que la silice du creuset avait décomposé en donnant un silicate et de l’acide titanique cristallisé. Les cristaux obtenus sont incolores, mais si on ajoute à l’acide titanique employé un peu de manganèse et de fer, ils prennent la couleur du rutile naturel qui contient toujours des traces de ces métaux.

La méthode générale de M. IL Sainte-Claire Deville, consistant à faire passer un courant d’acide chlorhydrique sur l’acide titanique, lui a permis d’obtenir le rutile.

La brookite a été obtenue par M. Daubrée, en faisant passer un mélange de vapeur d’eau et de vapeur de chlorure de titane dans un tube de porcelaine chauffé au rouge.

M. P. Dautefeuille a montré, depuis, que l’on peut obtenir à volonté l’acide titanique, sous les trois formes incompatibles qu’il peut prendre, en lé faisant cristalliser dans des limites de température déterminées, au milieu de vapeurs d’acide chlorhydrique et d’acide fluorhydrique. La présence de certains corps permet, en outre, de réaliser la repro* duction de certaines variétés naturelles de ces trois espèces»

Ainsi, par exemple, l’anatase peut être reproduite avec Unê perfection de formes très- remarquable en décomposant le fluorure de titane par la vapeur d’eau à la température de volatilisation du cadmium. La densité des cristaux artificiels oscille, comme pour l’espèce naturelle, entre 3,7 et 3,9.

Si l’on opère la décomposition du fluorure titanique à une température comprise entre celle de la volatilisation du cadmium et celle de la

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