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L1V. 111, CHAP. XVI, AZOTURES DE TITANE

FLÜORUKES DE TITANE.

1524. On connaît plusieurs fluorures de titane : le perfluorure s’obtient en distillant un mélange d’acide titanique, de spath fluor et d’acide sulfurique de Nordhausen. C’est un liquide incolore, fumant à l’air, décomposable par l’eau en acide titanique et acide fluotitanique HF1 — f- TiFl2, soluble, que l’on obtient quand on dissout l’acide titanique dans l’acide fluorhydrique. Cet acide donne de nombreux sels (fluorures doubles, MFl,TiFP) isomorphes avec les fluosilicates et les fluostannates.

M. Hautefeuille a obtenu un protofluorure TiFl, en cristaux prismatiques violets, en faisant passer un courant d’hydrogène mélangé d’acide chlorhydrique sur du fluorure double de titane et de potassium.

Sulfure de titane TiS2.

1525. On obtient le bisulfure de titane, sous forme d’écailles brillantes, semblables à celles de l’or mussif, en chauffant au rouge, dans un tube de verre dur de l’acide sulfhydrique sec saturé de vapeurs de chlorure de titane. Il s’altère au contact de l’air humide, les acides l’attaquent facilement..

Azotures de titane.

1526. Lorsqu’on chauffe, dans un courant d’ammoniaque, le perchlorure de titane ammoniacal, on obtient des paillettes d’un rouge de cuivre d’azoture de titane Az2Ti3, découvert par Liebig, et qu’il avait considéré d’abord comme du titane métallique. Cet azoture se décompose partiellement, quand on le chauffe dans un courant d’hydrogène ; il se forme alors des paillettes d’un jaune d’or, d’éclat métallique du composé AzsTi5. 11 se forme également des azotures quand on chauffe dans l’azote de l’acide titanique mélangé de charbon, ou bien lorsqu’on fait passer un courant d’ammoniaque sur de l’acide titanique chauffé au rouge ; il se forme dans ce cas un azoture AzTi qui se transforme en Az3Ti3, quand on le chauffe fortement dans l’hydrogène. Enfin, il existe une combinaison d’azoture et de cyanure de titane Ti3Az -+- TiCy. C’est le titane des. hauts-fourneaux, que l’on trouve en cristaux d’un rouge de cuivre éclatant, assez durs pour rayer le quartz. Ce corps est infusible au feu de forge et paraît légèrement volatil à cette tempéra-

tare élevée. Sa densité est égale à 5,9; il est insoluble dans les acides et l’eau régale.

Wôhler a fait connaître la véritable nature de ce corps en l’attaquant au rouge 1° par le chlore, qui le transforme en perchlorure de titane, et en une combinaison de ce perchlorure avec le chlorure de cyanogène ; 2° par la vapeur d’eau qui donne de l’acide titanique et un dégagement d’hydrogène, d’ammoniaque, de cyanhydrate d’ammoniaque, il réduit les oxydes avec dégagement d’acide carbonique et d’azote.

1527. Différences entre l’étain et le titane. — Le titane et l’étaili différent entr’eux par un certain nombre de caractères importants. On ne connaît pas de sulfacide correspondant à l’acide titanique; lorsqu’on verse de l’ammoniaque et du sulfhydrate d’ammoniaque dans une solution chlorhydrique d’acide titanique, obtenue, par exemple, en dissolvant un titanate alcalin dans l’acide chlorhydrique, on n’obtient qu’un précipité blanc d’acide titanique; l’acide stannique, dans ces conditions, entrerait en dissolution à l’état de sulfostannate. Aussi peut-on facilement séparer les deux acides en les chauffant avec un mélange de carbonate alcalin et de soufre, ce qui donne un sulfostannate soluble dans l’eau et un titanate insoluble.

La solution chlorhydrique d’étain, traitée par le zinc, donne un précipité cristallin d’étain métallique, tandis que les dissolutions d’acide titanique se colorent en bleu violacé au bout de quelque temps, par suite de la formation de sesquioxyde de titane que l’on peut précipiter par un excès d’ammoniaque. La liqueur bleue reste claire tant qu’elle contient un excès d’acide. L’acide précipité, mis au contact du zinc et de l’acide chlorhydrique, prend aussi la même teinte bleue. Le fer, le cuivre, l’étain, donnent la même réaction.

La faculté avec laquelle le titane s’unit à l’azote, l’éloigné également de l’étain et le rapproche du tantale et du niobium. Nous verrons bientôt que les acides de ces trois métaux se ressemblent à beaucoup d’égards.

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