ANTIMOINE
ANTIMOINE, Sb = 120,3.
L antimoine parait avoir été isolé pour la première fois par Basile Valentin, dans le quinzième siècle. On l’extrait ordinairement de son sulfure.
1528. Préparation. — Berthier conseille de chauffer ensemble un mélange intime de 100 parties de sulfure d’antimoine naturel, 42 parties de limaille de fer, 10 parties de sulfate de soude desséché et 2 parties de charbon. 11 se forme du sulfure de sodium qui dissout le sulfure d’arsenic ; le fer. réduit le sulfure d’antimoine et donne du sulfure de fer qui passe dans la scorie et de l’ antimoine métallique qui se rassemble en un culot au fond du creuset. Toutefois, il faut fondre plusieurs fois le métal avec du carbonate de soude afin de le débarrasser des dernières traces de soufre.
Le métal, obtenu par ce moyen, contenant du fer est désigné en pharmacie sous le nom de régule d'antimoine martial.
Comme l’antimoine sert à préparer divers médicaments, il importe de le séparer de l’arsenic auquel il est toujours associé dans la nature. C’est une opération qui est rarement complète et il est difficile d’obtenir l’antimoine assez pur pour que, fortement chauffé au chalumeau avec du carbonate de soude sur du charbon, il ne donne aucune odeur d’arsenic.
Pour opérer la purification des régules d’antimoine que l’on trouve dans le commerce, Liebig conseille de mêler 16 parties d’antimoine grossièrement pulvérisé avec 1 partie de sulfure naturel et 2 parties de carbonate de soude sec et de chauffer le mélange jusqu’à fusion dans un creuset de terre. Il se forme dans cette opération un sulfoantimoniate dans lequel l’antimoine est précipité par l’arsenic ; le fer, le plomb et
le cuivre de ces sulfures restent dans la scorie avec le sulfoarséniate, l’antimoine se rassemble en culot au fond du creuset. 11 convient de le refondre deux fois avec son poids de carbonate de soude, qui lui enlève les dernières traces de soufre. On obtient 15 parties de régule purifié pour 16 parties du produit employé, mais il n’est pas absolument dépouillé d’arsenic.
M. Wôhler chauffe dans un creuset 4 parties de régule avec 5 parties de nitre et 2 parties de carbonate de potasse sec. La masse brûle tranquillement et se transforme en antimoniate et arseniate de potasse, que l’on sépare par un lavage prolongé à l’eau froide. On réduit ensuite l’antimoniate en le chauffant au rouge avec la moitié de son poids de tartre, ce qui donne un régule d’antimoine et de potassium, que l’on pulvérise et que l’on jette dans l’eau où il donne un violent dégagement d’hydrogène ; il reste une poudre d’antimoine qu’on réunit ensuite par la fusion. '
On remplace aujourd’hui le nitre et le carbonate de potasse par les sels de soude correspondants, dont l’emploi est plus économique. L’antimoniate de soude est d’ailleurs plus insoluble encore que celui de potasse.
On obtient encore de l’antimoine très-pur en fondant de la poudre d’Algarolh avec du flux noir ou avec un mélange de carbonate de sonde et de charbon. On refond ensuite le métal avec un peu de carbonate de soude additionné de salpêtre pour enlever les dernières traces de chlore et de charbon.
M. Lefort recommande de fondre avec du sucre l’oxyde d’antimoine obtenu en traitant l’antimoine du commerce par l’acide azotique ; dans cette oxydation l’arsenic passe alors à l’état d’acide arsénique soluble.
1521). Propriétés. — L’antimoine est doué de l’éclat métallique, il a presque la blancheur de l’étain ; sa structure est très-cristalline et lamclleuse ; aussi les pains d’antimoine sont-ils faciles à reconnaître à leur surface recouverte d’une étoile produite par des cristallisations arborescentes, qui rayonnent du centre à la circonférence. Sa densité est 6,7, il est cassant et facile à pulvériser; il fond à la température de 450° et cristallise en rhomboèdres par le refroidissement; il est volatil au rouge vif, surtout dans un courant de gaz. 11 est inaltérable à l’air à la température ordinaire ; mais quand il est porté au rouge, il brûle avec facilité dès qu’il a le conctact de Pair, en répandant une fumée blanche inodore d’oxyde d’antimoine. On fait ordinairement l'expérience en laissant tomber d’une certaine hauteur de l’antimoine