LIV. III, CHAP. XVII, OXYDE I)’ ANTIMOINE
bien rouge sur une planche qui le projette de tous côtés en globules très-petits, qui s’enflamment avec vivacité, en donnant d’épaisses vapeurs, qu’il ne faut pas respirer, car elles sont toxiques.
Il se combine directement avec la plupart des métalloïdes, et notamment avec le chlore, dans lequel il brûle vivement, même quand on opère à la température ordinaire.
Les acides chlorhydrique et sulfurique faibles sont sans action sur lui ; concentré, l’acide chlorhydrique le dissout avec lenteur, en dégageant de l’hydrogène ; l’acide sulfurique concentré et chaud le transforme en sulfate d’antimoine, en dégageant de l’acide sulfureux. L’acide azotique le transforme en acide antimonique insoluble, l’eau régale le dissout facilement, en donnant du chlorure d’antimoine.
1350. Antimoine obtenu par la pile. — L’électrolyse des dissolutions étendues d’antimoine donne un métal cristallin d’une densité égale à 6,6 environ qui ne diffère pas du métal ordinaire. Mais si l’on opère sur une dissolution concentrée de 1 partie d’émétique et de 4 parties de chlorure d’antimoine, avec un courant faible, on obtient de l’antimoine amorphe d’une densité plus faible (5,74 à 5,85) qui possède la curieuse propriété d’être explosible. Quand on le chauffe ou quand on le soumet à la percussion, il se transforme en antimoine ordinaire en développant une grande quantité de chaleur. 11 se produit en même temps des fumées de chlorure d'antimoine que l’antimoine retenait en proportion notable (de 6 à 22 pour 100). C’est au dégagement de cette matière, au moment de la transformation isomérique du métal qu’est due su propriété explosive. Les dissolutions de bromure et d’iodure donnent des résultats analogues (Gore) ,