LIV. III, GHAP. XXI, OXYDES DE BISMUTH
On le fait cristalliser par fusion, et s’il a été suffisamment purifié par le nitre, on l’obtient en magnifiques trémies d’apparence cubique, comme celles du chlorure de sodium, mais qui sont en réalité rhomboédriques. Ces cristaux, d’une beauté extraordinaire, sont irisés des plus belles couleurs. Ce fait tient à la production d’une mince couche d’oxyde transparente, qui décompose la lumière de la même façon que les bulles de savon.
Le bismuth est le type des substances diamagnétiqyes l, comme le fer est le type des substances magnétiques.
Le bismuth ne s’altère pas à l’air, à la température ordinaire; dans l’eau, il se transforme lentement en hydrate de sous-oxyde, et ensuite en carbonate blanc, si l’air atmosphérique a accès. A une température élevée, le bismuth se transforme en oxyde, Bi203 *, en brûlant avec une petite flamme bleue. Cet oxyde fond en huile comme la litharge (oxyde de plomb). Les acides faibles sont sans action sur lui, mais les acides concentrés l’attaquent; son véritable dissolvant est l’acide azotique; avec les autres, l’action est lente.
D’après Andrews, le bismuth, qui est vivement attaqué par l’acide azotique de densité 1,4, devient passif au contact du liquide tant qu’on le touche avec une lame de platine. Il se recouvre alors d’une couche d’oxyde qui disparaît, quand le contact cesse, avec la passibilité du métal.
On emploie le bismuth surtout en médecine, à l’état de sous-nitrate pour combattre la diarrhée; il a peu d’usages dans les arts.